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Sur les marchés
Eiffage / CAC 40
Comment Eiffage s’est hissé dans le CAC 40 / Un profil européen qui mène une stratégie affirmée
Année boursière gagnante pour Eiffage. Le spécialiste du BTP et des concessions a été choisi, jeudi soir, par le conseil scientifique d’Euronext pour intégrer le CAC 40, remplaçant ainsi Edenred. Une entrée au sein de l’indice phare de la Bourse de Paris qui sera actée le 22 décembre et prenant la suite d’une progression de son cours de près de 46 % depuis le 1er janvier, pour une capitalisation boursière dépassant désormais 12 milliards d’euros. Son flottant est supérieur à 70 %, le reste de son actionnariat se répartissant entre l’autodétention et ses salariés – ils en représentent 24,1 %, soit la part la plus élevée du SBF 120. "Cela témoigne de la reconnaissance par le marché de la solidité du groupe Eiffage et de la pertinence de sa stratégie de croissance qui s’appuient sur la diversité et la complémentarité de ses métiers, ainsi que sur son fort ancrage européen", a résumé l’entreprise présidée et dirigée par Benoît de Ruffray à l’occasion de l’annonce, saluant aussi l'engagement de ses 85 000 collaborateurs.
Il faut dire que, trimestre après trimestre, le groupe a effectivement pu démontrer aux marchés que ses fondamentaux étaient solides, tout comme ses perspectives. Eiffage opère, pour mémoire, sur plusieurs jambes : d’un côté, il y a ses activités de concessions. Elles regroupent notamment l’exploitation des réseaux autoroutiers APRR et AREA, celle du Viaduc de Millau (dont Eiffage est désormais l’actionnaire unique), certaines autres autoroutes en France et à l’international ainsi que ses activités aéroportuaires. Elles représentaient 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires à fin septembre 2025, sur les 18 milliards d’euros de revenus générés par le groupe depuis janvier. Le grand cœur de son activité est en effet relatif à ses activités de travaux, lesquelles contiennent ses branches de construction, d’infrastructures et Énergie Systèmes, qui rassemble la conception, la réalisation, l’exploitation et le maintien des systèmes et équipements en génie électrique, industriel, climatique et énergétique.
Changement d’échelle de bon augure
Une diversité d’activités qui permet au groupe de se montrer résilient face aux aléas conjoncturels. En dépit de la mauvaise santé du logement neuf en Europe, Eiffage a par exemple pu compter sur la montée en puissance de certains contrats de construction ou sur le dynamisme de ses branches d’infrastructures et de services à l’énergie pour porter ses activités de travaux depuis le début de l’année. Le tout, en étant positionné sur des projets d’envergure – comme le génie civil des deux premiers réacteurs EPR2 de Penly ou une section de la ligne 15 Est du Grand Paris Express – et en remportant de nouveaux contrats de taille, à l’instar du second empoché pour construire les infrastructures du circuit urbain de Madrid en Espagne, annoncé au mois de novembre, pour la somme de 68 millions d’euros.
Surtout, le groupe est plus que bien installé sur des marchés porteurs, comme les énergies décarbonées, ainsi que sur des zones géographiques prometteuses, telles que l’Espagne et l’Allemagne. La conséquence d’une stratégie pensée pour ce faire : par exemple, en 2024, Eiffage a nettement changé d’échelle en Allemagne, au travers de sa branche Énergie Systèmes, grâce à la réalisation ou la finalisation de certaines acquisitions clés, comme celles d’Eqos et Salvia. Cela lui aura permis d’enregistrer près d’1 milliard d’euros de prises de commandes dans le pays sur les six premiers mois de l’année. L’Allemagne est sa plus grande zone d’activité après la France. "À l’heure d’une volonté affichée par le gouvernement allemand d’investir massivement dans ses infrastructures pour la décennie à venir, la stratégie européenne affirmée du groupe, et en particulier notre développement en Allemagne, a démontré toute sa pertinence", se félicitait d’ailleurs Benoît de Ruffray lors de la dernière assemblée générale du groupe. Une européanisation continue qui a du bon, notamment en termes de croissance. À fin septembre, son chiffre d’affaires faisait ressortir une progression organique de 4,3 % et une croissance totale de 7,9 %. La croissance en Europe, hors de France, s’affichait de son côté à 17,3 %.
L’équilibre
Cette accélération européenne a été renforcée depuis le début de l’année par d’autres opérations d’acquisitions, à l’instar de celle d’HSM Offshore Energy pour affirmer son positionnement dans l’éolien offshore en Europe. De quoi densifier davantage le maillage européen d'Eiffage, tout en s’offrant des expertises complémentaires. Cette tactique de croissance externe résulte néanmoins de la bonne santé des fondamentaux et de la croissance organique du groupe, avait tenu à rappeler son patron lors de la présentation de ses résultats semestriels. Malgré les différents investissements entrepris sur la première moitié de 2025, son endettement financier net avait alors reculé, démontrant la qualité de ses sous-jacents, alors que sa génération de cash-flow libre lui offre de quoi de les financer. Le dernier en date, annoncé en octobre : le renforcement au capital de Getlink, ayant permis à Eiffage de dépasser le seuil de 25 %, pour un investissement de 692 millions d’euros financé sur trésorerie disponible.
Et pour la suite, la visibilité du groupe reste par ailleurs claire. À fin septembre, son carnet de commandes des travaux s’élevait à près de 31 milliards d’euros, traduisant une progression de 7 % sur un an comme sur le début de l’année, notamment porté par l’éolien offshore. Pour la fin de l’année, Eiffage reste aussi confiant quant à sa capacité à faire grimper son activité et son résultat opérationnel courant dans les concessions et les travaux, qui sera soutenu par une nouvelle amélioration de la rentabilité d’Eiffage Énergie Systèmes. Un ensemble de messages qui confirme l’alignement des décisions stratégiques du groupe et qui semble bien avoir été entendu sur les marchés.
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