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Les Decaux jouent (de nouveau) la carte de la transparence devant leurs actionnaires / Entre abandon du rachat des activités espagnoles de Clear Channel Outdoor et cours de Bourse

Jean-Charles et Jean-François Decaux ont profité de l’assemblée générale de leur groupe familial pour revenir, devant leurs actionnaires, sur les différents sujets ayant rythmé son exercice 2024. Si celui du dividende n’a pas été tout aussi détaillé que lors des réunions précédentes, retour de sa distribution oblige, les dirigeants du leader de la communication extérieure avaient toutefois d’autres champs à propos desquels apporter certains détails.
De gauche à droite : Bertrand Allain, directeur juridique, Jean-Charles Decaux, président du directoire et co-directeur général, Gérard Degonse, président du conseil de surveillance, Jean-François Decaux, co-directeur général et David Bourg, directeur administratif et financier. Crédits : assemblée générale de JCDecaux
De gauche à droite : Bertrand Allain, directeur juridique, Jean-Charles Decaux, président du directoire et co-directeur général, Gérard Degonse, président du conseil de surveillance, Jean-François Decaux, co-directeur général et David Bourg, directeur administratif et financier. Crédits : assemblée générale de JCDecaux

Jean-Charles et Jean-François Decaux, alternant annuellement la direction générale et la présidence du directoire de leur groupe familial, ont l’habitude de faire preuve de clarté lorsqu’ils s’adressent à leurs actionnaires individuels. Au fil des dernières assemblées générales du leader mondial de la communication extérieure, l’absence des dividendes avait été de nature à ponctuer les questions de ces derniers, tandis que les frères Decaux n’hésitaient pas à s’en expliquer en détails.

Mais puisqu’ils signeront leur retour au titre de l’exercice 2024, après plusieurs années de suspension, Jean-François Decaux a tenu à le souligner : "Je dois avouer que nous sommes contents de reprendre le dividende, mais que nous avons géré sérieusement. […] Et je pense que nous avons eu raison. La preuve : des Américains, qui étaient devenus trop endettés, ont dû vendre leurs activités européennes", a-t-il indiqué, faisant notamment référence à Clear Channel Outdoor (CCO), l’un de ses concurrents d’outre-Atlantique, à qui le groupe français a racheté les activités italiennes en 2023.

Si les deux dirigeants n’ont donc pas eu besoin de s’étaler cette année sur la question des dividendes, les autres événements de 2024 dont ils n’ont pas tiré satisfaction ont, eux aussi, été abordés. D’abord s’agissant de Clear Channel Outdoor : JCDecaux avait tenté de faire coup double en 2023, en mettant la main sur leurs activités italiennes et espagnoles. L'entreprise a obtenu gain de cause pour les premières, mais les secondes se sont heurtées à l’instruction de l’Autorité de la concurrence espagnole, ayant conduit JCDecaux à renoncer à cette acquisition en octobre dernier.

Le groupe est numéro un de son secteur depuis 2012 et l’écart avec ses concurrents fortement endettés se creuse, a expliqué Jean-François Decaux, se félicitant qu’il semblait ainsi se placer dans une position de consolidateur naturel. "Malheureusement, la Commission de la concurrence espagnole a estimé que notre part de marché était trop importante, en oubliant que nous étions concurrents face aux GAFA, et en nous demandant de procéder à certains remèdes en termes de revente", a-t-il regretté. En cause, de nouveau, une définition de marché retenue par les autorités de la concurrence sur laquelle le groupe ne s’aligne pas, estimant que le marché de la communication extérieure devrait être analysé à l’aune de celui de la communication globale, au regard de la compétition au sein de laquelle il se retrouve pour attirer des annonceurs.

 

De bonnes années et de moins bonnes

 

En revanche, si le groupe ne cache pas ses ambitions (et les vertus) d’une consolidation de son secteur, sa santé financière reste la priorité. C’est en ce sens et pour conserver des marges de manœuvre que les dividendes avaient été suspendus après le choc de la crise sanitaire ayant frappé l’entreprise de plein fouet. "Bien nous en a pris de ne pas le faire", a par exemple commenté Jean-François Decaux en faisant allusion à l’époque où les taux d’intérêt étaient bas et qu’il leur était souvent conseillé de s’endetter pour réaliser des acquisitions à prix d’or.

Autre sujet à propos duquel les dirigeants du groupe ont souhaité apporter des précisions à leurs actionnaires : le cours de Bourse de l’entreprise, ayant à date reculé de près de 27 % sur un an. "Nous avons l’habitude de le faire dans les bonnes années et les moins bonnes. Les résultats opérationnels ont été solides en 2024, en très fort rebond. Mais malheureusement je me dois de vous dire que le cours de Bourse n’a pas [profité] de cette amélioration. Quand on est le dirigeant d’un groupe coté, on a toujours de bonnes raisons d’expliquer que le cours de Bourse est insuffisant […], mais force est de constater que lorsque l’on est un dirigeant d’une entreprise cotée, il faut aussi respecter le marché et travailler pour améliorer la perception qu’il peut en avoir", a pointé, de son côté, Jean-Charles Decaux.

Le titre JCDecaux s’échange désormais autour de 15,6 euros. Un niveau éloigné du pic à 25,7 euros qui avait été atteint en février 2022, en observant la période s’étalant de 2020 à aujourd’hui et se situant toujours sous la moyenne de 18,5 euros enregistrée sur ces années. Plusieurs raisons à cela, a indiqué Jean-Charles Decaux. Tout d’abord, des éléments de conjoncture ayant particulièrement heurté le secteur d’activité de JCDecaux comme la pandémie du Covid-19 et la difficulté de la Chine, où le groupe réalise 10 % de son activité, à s’en sortir. La fin des restrictions de la mobilité dans le pays avait d’ailleurs entraîné un rebond de son titre. Ensuite, un phénomène de chahut sur les multiples de valorisation des sociétés à capitalisation moyenne. Au regard de la moyenne 2015-2019, celui de la valeur de l’entreprise par rapport à sa marge opérationnelle a par exemple été divisé par près de deux, alors même que le groupe a désormais renoué avec ses résultats d’avant-crise sanitaire.

Pointant quelques signaux d’amélioration, comme des volumes de transactions plus importants observés sur les valeurs moyennes ou les perspectives d’amélioration en Chine, le dirigeant a ajouté : "La réinitialisation de notre dividende et ce que je viens de vous évoquer devraient permettre à notre titre de rebondir dans les prochains mois. Même si, vous le savez, nous n’avons jamais sacrifié les moyen et long termes, au profit du court terme".

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