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Eurazeo mise sur une Italie en pleine effervescence / La dette privée au cœur de sa nouvelle implantation milanaise
Solidement implanté sur son marché domestique — la France, premier marché européen pour le private equity et deuxième pour la dette privée derrière le Royaume-Uni — Eurazeo dispose d’une assise solide dans l’Hexagone, où il s’appuie sur un vivier d’opportunités profond. Parallèlement, le groupe s’est largement internationalisé, avec des bureaux en Europe, en Asie et aux États-Unis, lui permettant d’accompagner ses sociétés dans une dynamique globale.
Mais c’est en Italie, où les lignes bougent rapidement, qu’Eurazeo intensifie actuellement sa stratégie. Le groupe vient d’y annoncer l’ouverture d’un nouveau bureau au cœur de Milan, au 3 Corso Matteotti, renforçant ainsi sa présence locale sur un territoire où il est actif depuis 2006. Depuis cette date, Eurazeo a soutenu plus de 50 entreprises italiennes, pour un montant total d’investissements dépassant 2 milliards d’euros.
L’occasion de rappeler son succès le plus emblématique : Moncler, au capital duquel Eurazeo était entré en 2011 en acquérant 45 % pour environ 930 millions d’euros. En huit ans, le fabricant de doudounes haut de gamme a vu son chiffre d’affaires passer de 280 millions d’euros en 2010 à 1,4 milliard en 2018. À la sortie, Eurazeo avait multiplié par près de cinq son investissement initial, générant quelque 1,5 milliard d’euros en incluant dividendes et cessions, avec un taux de rentabilité interne annuel exceptionnel de 43 %.
Boom du private equity en Italie : 61 milliards investis
Le groupe, qui avait ouvert un premier bureau à Milan en 2021, a récemment accéléré ses investissements dans la péninsule à travers plusieurs de ses stratégies. Il a ainsi investi dans Aquardens, le plus grand parc thermal d’Italie (Real Estate), dans la start-up Futura, spécialisée dans l’éducation fondée sur l’intelligence artificielle (Venture), ou encore dans Medical International Research, un acteur du diagnostic médical (Healthcare).
Cette intensification n’a rien d’un hasard, alors que l’Italie est devenue en 2024 le quatrième marché européen du capital-investissement en volume d’investissements. Le pays a enregistré un montant record de 61 milliards d’euros (environ 68 milliards de dollars) répartis sur 560 transactions, dépassant les Pays-Bas et doublant largement le total de 2023, notait récemment Pitchbook ; Il s’est aussi imposé comme le marché connaissant la plus forte croissance parmi les cinq premiers en Europe.
Milan, quant à elle, a renforcé sa réputation de plaque tournante du capital-investissement dans le pays, plusieurs sociétés de renom s’y étant implantées ou y ayant renforcé leur présence. Ares Management vient ainsi d’y ouvrir son tout dernier bureau européen, tandis que Columna Capital, spécialisée dans le mid-cap inférieur, y a inauguré son troisième site après Londres et Luxembourg.
Un marché arrivé à maturité
Pour Eurazeo, ce nouveau bureau milanais prend une dimension particulière en ce qu’il marque également une étape importante dans le développement de son activité Dette Privée, avec une équipe locale étoffée.
"L’Italie est un marché en pleine croissance et de plus en plus mature, où la demande pour le financement direct et les solutions sur mesure augmente fortement ", souligne la société française, ajoutant que "le tissu italien de PME offre un terrain propice " à son approche d’investissement buy-and-build, " pour laquelle la dette privée joue un rôle essentiel".
Au cours des quatre dernières années, le marché italien de la dette privée a connu une croissance annuelle moyenne de 41 %, atteignant 4,9 milliards d’euros investis. Parmi les opérations récentes d’Eurazeo dans ce domaine figurent Alma Farmacie (réseau de pharmacies), Tikedo (groupe d’étiquetage alimentaire) et Demenego (chaîne d’opticiens).
Et cette présence locale renforcée intervient à point nommé : Eurazeo est actuellement en phase de levée et d’investissement de son septième fonds pan-européen de Dette Privée, avec l’ambition de réaliser 60 à 70 opérations d’ici 2026, en misant sur une large diversification sectorielle et géographique. L’Italie devrait y jouer un rôle central. "Jusqu’à 500 millions d’euros pourraient y être investis ", indique le groupe.
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