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subventions; surcapacité; marché; stabilité; tonnes

Macro-économie / Taux / acier / OCDE / Chine

Macro-économie / Taux
acier / OCDE / Chine

Des surcapacités bien dangereuses pour le marché de l’acier / La demande ne suit pas le rythme

Le rythme n’est pas le même entre la demande et l’offre d’acier au niveau mondial, loin de là. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) constate que malgré une faible croissance de la première citée, il s’avère que la seconde profite largement d’une forte augmentation des capacités de production émanant principalement des pays non-membres de l’OCDE. L’institution craint que le bon fonctionnement des marchés n’en soit durablement altéré et en veut pour preuve la multiplication par cinq du nombre de mesures anti-dumping depuis 2023.
Aciérie. Photo by Hiroshi Tajima / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP
Aciérie. Photo by Hiroshi Tajima / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

Réduire la voilure pour stabiliser l’acier. L’injonction de l’Organisation de coopération et de développement (OCDE) est on ne peut plus claire, puisqu’elle considère que la dynamique actuelle du marché est on ne peut plus dangereuse. Les chiffres communiqués par ses soins font état d’excédents de capacités qui devraient atteindre quelque 721 millions de tonnes (Mt) d’ici à 2027, ce qui est près de 290 Mt supérieur à la production d’acier cumulée des pays de l’OCDE l’an passé.

L’explication à cette hausse spectaculaire est toute trouvée ; en l’absence d’incitation du côté de la demande c’est "le niveau élevé des subventions et autres distorsions liées à l’action publique dans des économies non-membres de l’OCDE" qui serait à l’origine de cette dynamique. Rien que pour la Chine il s’avère que les taux de subventions de l’acier y sont dix fois supérieurs, en pourcentage des recettes des entreprises, à ceux pratiqués dans les différents pays de l’OCDE.

 

Plein fouet

 

L’Empire du milieu inonde la planète avec ses surcapacités ces dernières années. Depuis l’année 2020, il s’avère que les exportations d’acier chinoises ont plus que doublé et ce jusqu’à atteindre un niveau record de 118 Mt en 2024. Les conséquences de tels choix politiques sont sans surprise à en croire Mathias Cormann, le secrétaire général de l’OCDE, l’emploi trinque dans les pays membres de l'organisation face à une concurrence pour le moins déloyale.

Une hausse de la demande ne devrait pas venir améliorer la situation au contraire, les prévisions dévoilées cette semaine font état d’une demande mondiale qui devrait croître uniquement de 0,7 % par an d’ici à 2030. C’est notamment une demande chinoise diminuera de manière graduelle qui produira cet effet et ce "en raison du ralentissement de la construction et des changements structurels dans l’économie chinoise".
 

Ses équipes arguent que les entreprises sidérurgiques des différents Etats membres voient désormais "leur rentabilité se rapprocher de leurs plus bas niveaux historiques" et logiquement l’emploi y "a également subi le contrecoup de ces tendances". Preuve à l’appui, puisque le nombre d’emplois perdus dans les pays membres du Forum mondial sur les capacités sidérurgiques excédentaires est entre 2013 et 2021, estimé à près 113 000.

 

Horizon

 

Parmi les effets désastreux de la situation actuelle on trouve une désincitation à investir en raison des caractéristiques du secteur. Du côté de l’OCDE on argue qu’au vu "de la longévité des équipements de production d’acier, l’investissement dans de nouvelles technologies de production nécessite la confiance que les investissements seront économiquement viables sur le très long terme ", or il faut pour cela que les conditions de marché soient saines et "caractérisées par une égalité des conditions et l’absence de capacité excédentaire".

De quoi pousser Mathias Cormann à réclamer qu’il faille "endiguer la croissance des surcapacités et de surmonter les distorsions du marché". Il perçoit bien également que les efforts pour décarboner le secteur seront également vains si la situation n’évolue pas. Les freins à l’investissement seraient préjudiciables dans la mesure où pour l’heure "les hauts fourneaux/convertisseurs à oxygène à forte intensité d’émissions devraient représenter 40 % des ajouts de capacités prévus entre 2025 et 2027, au détriment des investissements dans des technologies bas carbone ".

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