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croissance; relocalisation; échanges mondiaux

Macro-économie / Taux / OCDE / importations / Libre-échange

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OCDE / importations / Libre-échange

Des relocalisations loin d’être un jeu à somme nulle / La diminution des échanges mondiaux sera préjudiciable pour une partie du globe

Nouveau plaidoyer pour le libre-échange du côté de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’institution estime que les relocalisations ont beau avoir le vent en poupe elles n’en représentent pas moins un danger pour l’économie. Les calculs effectués par ses soins, dans l’hypothèse d’une dynamique avérée, parlent d’une potentielle réduction des échanges mondiaux supérieure à 18 % et une baisse du PIB réel mondial de plus de 5 %.
Cargo. Photo by Vernon Yuen / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Cargo. Photo by Vernon Yuen / NurPhoto / NurPhoto via AFP

De très coûteuses relocalisations. Les crises sanitaires et géopolitiques récentes ont poussé les gouvernements de par le monde à chercher à diminuer les dépendances de leurs économies. Ils sont nombreux à essayer de relocaliser les chaînes d’approvisionnements. Pourtant il semble que cette dynamique ne présenterait pas que des avantages pour un certain nombre de pays.

Un avis partagé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), laquelle constate que l’existence d’un mouvement de relocalisation des chaînes d’approvisionnement aurait comme conséquence que " la volatilité du PIB augmente dans plus de la moitié des économies modélisées, ce qui met à mal l’idée que la relocalisation est intrinsèquement source de stabilité ".

 

Discerner

 

L’institution aborde le problème par un autre côté, considérant que la résilience des chaînes d’approvisionnement est bel et bien un sujet tout en arguant qu’il faut "ne faut pas éliminer les risques mais savoir les gérer". Le meilleur choix possible restant à ses yeux de rester impliqué dans le commerce mondial et d’être capable de redéployer rapidement les différentes composantes d’une chaîne. Mathias Cormann, le secrétaire général de l’OCDE, martèle qu’il ne faut pas oublier la contribution du commerce "à l’amélioration du niveau de vie des populations du monde entier, ni qu’il faut adopter des approches équilibrées pour atténuer les risques associés aux chaînes d’approvisionnement sans compromettre de manière excessive les avantages découlant des échanges mondiaux en termes de concurrence, d’innovation, de productivité, d’efficience et, in fine, de croissance".

Pour autant des inquiétudes réelles existent pour certains secteurs, bien davantage sujets aux chocs de production tels que ceux de "l’industrie manufacturière, qui revêtent une importance cruciale pour la sécurité nationale et économique et dont les chaînes d’approvisionnement sont plus complexes, comme le pétrole et l’électronique, sont les plus exposés". La dépendance décriée par l’institution n'est pas tant celle au reste du monde que celle à un nombre restreint d’acteurs ou de pays.

 

Concentration

 

Les équipes de l’OCDE sont en effet certes rassurées que "la plupart des flux d’échanges restent relativement diversifiés ", elles n’en constatent pas moins que les différents pays tendent "de plus en plus à s’approvisionner auprès d’un nombre restreint de fournisseurs au regard de l’offre disponible sur le marché mondial ". Les chiffres communiqués par l’organisation sont formels ; actuellement le nombre de produits dont l’approvisionnement est concentré auprès d’un éventail limité de fournisseurs "est supérieur de 50 % au niveau auquel il s’établissait à la fin des années 1990 – une situation qui pourrait accroître la vulnérabilité aux chocs extérieurs".

Pas question pour autant de blâmer ses membres, puisque l’OCDE point avant tout du doigt des pays n’en faisant pas partie. C’est ainsi que sur le quart de siècle passé, on note que "la contribution de la Chine à la concentration notable des importations est passée de 5 % à 30 %", là où " celle, cumulée, des États-Unis, de l’Allemagne et du Japon a diminué, passant de 30 % à 15 % ". Un mal ancien donc auquel il faut ajouter des problématiques nouvelles telles que la transition numérique. Celle-ci pouvant certes "faciliter la traçabilité au sein des chaînes d’approvisionnement et leur permettre d’être mieux préparées et plus réactives", il n’en demeure pas moins qu’elle peut faire naître de "nouvelles sources de vulnérabilité, notamment en les exposant aux cyberattaques et à la dépendance à un nombre limité de fournisseurs de services dans le monde".

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