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Macro-économie / Taux / Cnuced / Rebeca Grynspan

Macro-économie / Taux
Cnuced / Rebeca Grynspan

Vents contraires pour l’investissement mondial / Il s’est très largement contracté en 2024

Un refrain qui se répète année après année, le retrait des capitaux des secteurs moteurs pour l’emploi et la croissance se confirme. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) affirme, dans son rapport 2025 dédié à l’investissement dans le monde, que les flux ont diminué de 11 % en 2024. De quoi inspirer à la CNUCED une batterie de mesures pour inverser la tendance.
Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement. Photo by MARTIAL TREZZINI / POOL / AFP
Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement. Photo by MARTIAL TREZZINI / POOL / AFP

Tous ne sont pas logés à la même enseigne. La dynamique a beau être pour la moins mauvaise en 2024, elle n’est pas la même d’un secteur à l’autre loin de là. Le financement de projets s’est pour le moins effondré dans de nombreux secteurs ayant trait aux infrastructures ; la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) évoque une baisse de 31 % dans les énergies renouvelables, de 32 % dans les transports ou encore de 30 % dans l’eau et l’assainissement.

Une des explications fournies est que les entreprises multinationales ont eu tendance à privilégier plus fortement une gestion des risques à court terme et ce au détriment des stratégies à long terme. C’est d’autant plus vrai dans les secteurs sensibles pour la sécurité nationale, l’évolution des politiques commerciales et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement.

Certaines géographies parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu, avec dix pays qui ont attiré près de 80 % des nouveaux projets dans le numérique. De quoi faire progresser les investissements dans le secteur de près de 14 %. Pourtant au niveau agrégé la CNUCED martèle que "le déficit d’investissement se creuse, il ne se comble pas". L’institution mise sur toute une série de propositions pour en finir avec cette tendance.

 

Chambouler

 

Le moins que l'on puisse dire est que ce ne sont pas des réformes à la marge qui sont proposées, le rapport militant en faveur d’une "modernisation des règles d’investissement" et ce "afin d’assurer un équilibre entre la protection des investisseurs et l’intérêt public ". Il ne s’arrête pas là puisqu’il pousse également à la mise en place de financements mixtes, considéré comme plus judicieux et à même d’avoir un impact positif sur la question du développement.

Autre proposition dégainée par la CNUCED, celle d’une refonte des financements à long terme pour qu’ils deviennent plus abordables pour les pays les plus nécessiteux. L’institution argue également qu’un soutien accru à l’inclusion numérique serait pertinent pour renverser la dynamique sur l’investissement. Les niveaux d’investissement actuels sont jugés loin de répondre aux besoins mondiaux, rien que le combler le "déficit de financement des objectifs de développement durable nécessiterait environ 4 000 milliards de dollars par an dans les pays en développement".

 

Diverger

 

Pour autant les économies en développement ont connu des tendances régionales très différentes les unes des autres. L’analyse région par région effectuée par la CNUCED révèle que "l’Afrique a vu ses IDE augmenter de 75 %, reflet d’un seul grand projet en Égypte. Hors celui-ci, les flux ont tout de même augmenté de 12 %, soutenus par la facilitation des investissements et la réforme réglementaire". Le son de cloche est différent en Amérique Latine et dans les Caraïbes où une baisse de 12 % des flux est notée, le Moyen-Orient tient quant à lui la barre avec une dynamique positive maintenue et ce en grande partie grâce à la diversification économique menée dans le Golfe.

Le meilleur élève de cette promotion demeure sans surprise l’Asie, bien qu’enregistrant un recul de 3 %, le continent demeure la première destination pour les investissements avec en premier de cordée l’Asie du Sud-Est. Laquelle enregistre "une hausse de 10 %, atteignant 225 milliards de dollars, soit le deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré ".

Pas de quoi satisfaire Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la CNUCED, laquelle regrette que "trop d’économies soient laissées pour compte, non pas parce qu’elles manquent de potentiel, mais parce que le système continue d’acheminer les capitaux là où c’est le plus facile, et non là où ils sont nécessaires". Elle résume les positions de son institution en expliquant que c’est via l’alignement des investissements publics et privés sur les objectifs de développement que la confiance dans le système sera renforcée. De quoi lui faire formuler un vœu, celui que "la volatilité d’aujourd’hui pourra devenir l’opportunité de demain".

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