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CSRD : malgré la contrainte, les grands groupes français ont bien joué le jeu / Des rapports détaillés, fournis et prometteurs en termes d’engagement

Avec la publication des premiers rapports CSRD, les géants de l’économie tricolore viennent de dévoiler la réalité de leurs engagements en matière de durabilité. Si l’exercice s’annonce dense - 145 pages en moyenne par rapport - il révèle surtout une volonté affirmée : 85 % des groupes ont posé les bases de l’analyse de double matérialité, et 90 % affichent un plan de transition climatique. KPMG a décrypté cette première vague de reporting, entre ambitions fortes et zones d’ombre à éclaircir.
Pollution (Photo by Jason Whitman / NurPhoto via AFP)
Pollution (Photo by Jason Whitman / NurPhoto via AFP)

À moitié entamée, 2025 s’impose déjà comme une année charnière pour la durabilité des grandes entreprises françaises. Les premiers rapports CSRD ont en effet été publiés et livrent un aperçu concret des pratiques, des engagements et des défis qu’il reste à relever pour les entreprises. Un exercice que KPMG a souhaité étudier plus en détail.

Et force est de constater que, malgré la difficulté à fournir toutes les données demandées au regard du concept de double matérialité (impact des enjeux sociétaux et environnementaux sur la performance économique de l’entreprise et impact des activités de l’entreprise sur l’environnement et la société), les grands groupes français ont à 85 % décrit tous les prérequis de leur analyse. Par ailleurs, 90 % ont publié un plan de transition climatique. Un plan intégré dans leur stratégie globale pour 82 % d’entre elles tandis que 98 % des entreprises de l’échantillon observé (54 rapports) se sont engagées à améliorer certains aspects de leur reporting de durabilité avec une date cible à un an. "Notre étude sur les premières éditions des états de durabilité réalisés dans le cadre de la CSRD met en lumière une transformation déjà bien engagée dans les grandes entreprises en France, mais aussi les défis majeurs à relever pour construire un reporting utile, lisible et comparable pour les parties prenantes, dans un contexte réglementaire encore en évolution. Ces premiers rapports témoignent d’une prise en main bien plus ambitieuse qu’attendu : loin d’un simple exercice de conformité, nombre d’entreprises ont saisi la CSRD comme un levier de structuration stratégique et d’engagement", souligne Sarah Bagnon-Szkoda, Associée responsable de l’ESG au sein de la direction technique de KPMG.

Néanmoins, si l’adaptation au changement climatique a été jugée matérielle pour 91 % des entreprises, seules 30 % ont publié tous les points de données sur les politiques et actions d’adaptation. KPMG constate également que concernant la pollution et la biodiversité, les publications sont "encore peu matures ", tandis que les sous-thématiques sociales pourraient être renforcées, "notamment s’agissant de l’égalité salariale et les salaires décents ". "Si des marges de progression subsistent, cette première vague de reporting illustre une dynamique de fond : les grandes entreprises françaises se montrent prêtes à jouer un rôle moteur dans l’appropriation des enjeux de durabilité. Un signal encourageant pour la suite ", estime le cabinet de conseil.

Sur la forme, l’on retiendra que la longueur moyenne des rapports de durabilité publiés atteint 145 pages, illustrant de la densité de l’exercice pour les entreprises concernées. Pour mémoire, la réforme des contraintes imposées par la directive CSRD est en cours. Le Conseil de l’Union européenne s’est récemment accordé, comme le souhaite la Commission européenne, pour réduire notamment les exigences de publication et en excluant les PME cotées de l’exercice. Il a proposé également que les entreprises présentent les grandes lignes de leurs plans de transitions, sans obligation de mise en œuvre détaillée. En parallèle, l’Efrag, charger de formuler un avis technique sur le futur acte délégué révisant les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) doit rendre ses recommandations d’ici novembre prochain.

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