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BNP Paribas / Société Générale / Crédit Agricole SA

Un deuxième trimestre attendu contrasté pour les banques françaises / La reprise de la banque de détail devrait compenser en partie le repli de la BFI

La saison des résultats marque un tournant discret pour les grandes banques françaises. Les publications du deuxième trimestre devraient mettre en lumière la reprise de la banque de détail, les progrès des métiers spécialisés et le tassement des activités de marché, dans un contexte où les plans stratégiques entrent dans leur dernière ligne droite.
La Société Générale devrait encore se distinguer avec ses résultats du deuxième trimestre 2025 (Photo by MIGUEL MEDINA / AFP)
La Société Générale devrait encore se distinguer avec ses résultats du deuxième trimestre 2025 (Photo by MIGUEL MEDINA / AFP)

Les publications semestrielles des banques françaises approchent, et avec elles le premier vrai test d’un exercice 2025 commencé sur des bases solides. Après un premier trimestre particulièrement porteur pour les activités de marché et de banque de financement et d’investissement, le deuxième trimestre pourrait marquer un retour à une forme de normalisation.

La saison des résultats s’ouvrira le 24 juillet avec BNP Paribas, avant celles de Crédit Agricole SA et Société Générale le 31 juillet. L’un des enjeux de ces publications sera de voir si les signes de reprise dans la banque de détail se confirment, notamment en France, tandis que les activités spécialisées devraient avoir poursuivi leur redressement. Les résultats sont ainsi attendus en légère progression sur ces segments, dans un contexte de croissance contenue des revenus, de bonne discipline sur les coûts et de qualité des actifs globalement stable.

L’un dans l’autre, les bénéfices sont anticipés en léger recul par rapport à l’an dernier. Selon les analystes de Bank of America, ce repli pourrait atteindre environ 4 % du résultat net par action en moyenne. La progression des revenus, portée par la banque de détail et certaines activités spécialisées, devrait être en partie neutralisée par un affaiblissement dans les métiers de financement et d’investissement ainsi que dans la gestion d’actifs. Et la bonne maîtrise des charges ne suffira pas pour améliorer la rentabilité : les analystes anticipent un effet de ciseaux légèrement défavorable, avec des coûts qui augmentent un peu plus vite que les revenus.

Au-delà de ces éléments conjoncturels, l’attention des investisseurs se portera sur la capacité des banques à offrir de la visibilité sur la suite. " Le regard du marché va se concentrer sur les perspectives à moyen terme dans un contexte où l’incertitude reste forte, notamment sur l’évolution des taux de la BCE et les contraintes réglementaires", estime Bank of America, rappelant que tous les grands plans stratégiques des banques françaises arrivent à échéance d’ici fin 2026.

 

Société Générale en position de force selon Bank of America

 

Société Générale reste la valeur préférée de Bank of America parmi les grandes banques françaises. Le deuxième trimestre devrait confirmer le point d’inflexion de la rentabilité dans la banque de détail, grâce à la reprise des volumes, à la fin progressive des couvertures de taux et aux premiers effets du plan d’économies. La dynamique positive se poursuit également dans les activités de location automobile, soutenues par une amélioration des marges et la montée en puissance des synergies.

La banque de financement et d’investissement devrait rester bien orientée, avec une performance attendue au-dessus des objectifs, malgré une base de comparaison élevée sur les marchés actions. Le léger recul des revenus (-1 % sur un an) reflèterait principalement les cessions d’actifs réalisées depuis fin 2024.

Avec un ratio CET1 estimé à 13,5 %, Bank of America juge possible une demande d’autorisation pour un programme de rachat d’actions d’un milliard d’euros. Un relèvement des objectifs de rentabilité - au-delà de 9 % en 2025 et de 10 % en 2026 - pourrait également être annoncé dès ce trimestre.

 

BNP Paribas dans une phase de transition

 

Chez BNP Paribas, l’année 2025 reste présentée comme une phase de transition. Le groupe devrait néanmoins publier des résultats solides au deuxième trimestre, portés par un redressement dans la banque de détail, en particulier en France et en Belgique, ainsi que par la reprise progressive de la gestion d’actifs immobiliers et de la location automobile via Arval. Ces dynamiques devraient toutefois produire leurs effets les plus visibles au second semestre.

La génération de capital restera limitée ce trimestre, avec un ratio CET1 attendu à 12,3 %, affecté par des ajustements de modèles internes de calcul du risque. Ces ajustements, requis par les autorités prudentielles ou intégrant de nouvelles hypothèses méthodologiques, entraînent une hausse mécanique des actifs pondérés, et donc une baisse du ratio CET1. Si certaines de ces évolutions pourraient être partiellement réversibles à moyen terme, leurs effets immédiats sont atténués par des opérations d’optimisation du bilan, comme les titrisations synthétiques (SRTs), que la banque devrait continuer à déployer au second semestre.

À moyen terme, l’établissement de la rue d’Antin dispose de plusieurs leviers pour améliorer sa rentabilité. Parmi eux : le déploiement de la plateforme commune avec AXA IM et la gestion de fortune, les nouvelles stratégies dans la banque commerciale en France et le crédit à la consommation, ainsi que la valorisation du pôle Services d’Investissement et d’Utilité (SIU). "Ces différents leviers pourraient permettre à BNP Paribas de dépasser un ROTE de 14 % à horizon 2026, ce qui devrait être formalisé lors de la prochaine journée investisseurs, début 2026 ", estime Bank of America.

 

Crédit Agricole SA sans catalyseur immédiat

 

Le profil de Crédit Agricole SA demeure solide, mais sans moteur évident de revalorisation à court terme. Le deuxième trimestre s’annonce contrasté : la base de comparaison est élevée, les effets de change sont défavorables, et l’aversion au risque continue de peser sur les activités de gestion d’actifs. Le résultat net devrait progresser légèrement, soutenu par des effets de périmètre (notamment l’intégration de Degroof Petercam) et par un produit exceptionnel de 400 millions d’euros lié à Victory Capital.

Côté dépenses, la maîtrise reste de mise, mais la croissance des revenus ne compense pas entièrement celle des coûts, ce qui entraîne un effet de ciseaux légèrement négatif. Le coût du risque reste contenu, à 34 points de base, toujours inférieur à la cible de moyen terme fixée par la direction (40 pb). Le ratio CET1 devrait reculer à 11,8 %, pénalisé par plusieurs opérations : finalisation de la transaction Victory Capital (fusionnée avec Amundi US), montée au capital de Banco BPM, et dépassement d’un seuil prudentiel au niveau du capital réglementaire par entité.

Si les fondamentaux restent bien orientés, notamment dans les services financiers spécialisés et la banque privée, Bank of America souligne l’absence de catalyseur clair à court terme. "Le plan stratégique actuel vise une rentabilité de 12 %, mais il est désormais en retrait par rapport aux performances récentes et aux attentes du consensus, qui tournent plutôt autour de 13 à 14 %", notent ses analystes. Les nouveaux objectifs attendus à l’automne pourraient, selon lui, ne pas suffire à faire évoluer la perception du marché.

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