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Ipsos / résultats semestriels / Affaires publiques / Ben Page / Dan Lévy
Ipsos a remis le cap sur la croissance / Ses activités dans les affaires publiques naviguent entre plusieurs courants contraires
La croissance est de nouveau au rendez-vous chez Ipsos. Alors que l’activité du champion français des études de marché et des sondages avait marqué le pas, en organique, à hauteur de 1,8 % au titre des trois premiers mois de l’année 2025, elle a signé son retour en territoire positif au deuxième trimestre, en grimpant légèrement de 0,7 % sur un an, à 586,6 millions d’euros. Au total, à la faveur d’un effet de périmètre de + 3,3 %, lié à l’intégration de l’entreprise allemande infas, et d’un effet de change négatif, la croissance trimestrielle s’affiche à 1 %.
Sur l’ensemble du semestre, le groupe a généré 1,15 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en hausse globale de 1,5 %. "Le profil de 2025, en termes de croissance, ressemble beaucoup plus à nos performances de 2023 qu’à celles de 2024, puisque notre croissance avait décéléré au cours de l’année. Dans l’ensemble, il s’agit d’un retour raisonnable à la croissance et nous prévoyons qu’elle se renforcera sur les prochains trimestres", a expliqué le directeur général d’Ipsos, Ben Page, lors de la présentation des résultats.
Une expertise avantageuse
Comme le groupe l’avait déjà anticipé à l’occasion de sa publication de résultats annuels au mois de février, certains signaux positifs se sont notamment dessinés aux États-Unis, où une nouvelle équipe de management tient désormais la barre. Alors que l’activité y avait ralenti de 1,7 % au premier trimestre, elle s’est reprise sur les trois mois suivants et a ainsi grimpé de 0,5 % d'avril à juin. Toutes les lignes de services du groupe n’y ont, en revanche, pas été logées à la même enseigne. Par exemple, le segment d’affaires publiques d’Ipsos reste pénalisé par le contexte politique américain. "Nous sommes fortement affectés par les mesures de réduction des dépenses fédérales, résultant notamment du DOGE", a souligné le dirigeant d’Ipsos. Pour autant, le reste des activités de l'entreprise a vu sa croissance ressortir, en moyenne, à hauteur de 2 %. Celles dédiées aux acteurs pharmaceutiques, qui avaient pu peser sur les performances du groupe en 2024, s’affichent d’ailleurs en amélioration.
Si la direction a bien admis que le secteur des affaires publiques restait cyclique, le contexte actuel n’aidant pas, Ipsos reste toutefois confiant quant à ses perspectives en la matière. "Les gouvernements restent un vecteur de croissance. La population vieillit et les électeurs, tant de gauche que de droite, ont des attentes grandissantes vis-à-vis de leurs gouvernements. Ceci les met sous pression constante pour agir efficacement. […] Ils ont besoin de données. Sur de nombreux marchés, les sondages ne sont plus fondamentaux en termes d’activité, les études d’évaluation prennent l’avantage. Le profil de nos activités évolue. Le secteur public veut savoir, s’il investit par exemple dans des programmes sociaux, quel sera le retour sur investissement. C’est un domaine dans lequel nous avons une expertise particulière", a expliqué Ben Page, interrogé sur la question lors de la présentation des résultats. Une manière de laisser entrevoir des marges de manœuvre sur le plan de la croissance et des gains de parts de marché.
D’une manière plus générale, les performances du groupe se sont améliorées dans l’ensemble des zones où il opère, avec un retour à la croissance organique dans ses deux premières régions d’activité, soit l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique (EMEA) et les Amériques. Certaines disparités restent toutefois à relever. En France, par exemple, l’incertitude du contexte politique pèse également sur les activités du groupe dans les affaires publiques, a précisé son directeur financier, Dan Lévy. Enfin, l’Asie-Pacifique est restée pénalisée par l’absence de redémarrage en Chine, mais aussi par un contexte de désinflation se reportant sur le chiffre d’affaires, et, enfin, par la fin des grands cycles électoraux s’étant tenus dans la zone l’an passé.
Recul passager
Sur le plan de la marge brute, elle s’est établie à 68,4 %, contre 68,5 % à la même période en 2024. "Ce recul s’explique par l’intégration d’infas, dont la marge est inférieure à la moyenne du groupe. Le plan d’intégration en cours va permettre de restaurer cette profitabilité. Mais à périmètre constant, le taux de marge brute progresse de 30 points de base, notamment grâce à la forte croissance d’Ipsos Digital", a précisé Dan Lévy. La marge opérationnelle s’est, quant à elle, fixée à 8,3 %. Puisque la croissance devrait s’accélérer au second semestre et que les efforts réalisés sur les ajustements de coûts se matérialiseront également lors de cette période, a indiqué le directeur financier du groupe, Ipsos maintient ainsi sa prévision annuelle d’une marge opérationnelle de 13 %. La croissance organique du chiffre d’affaires est aussi toujours attendue supérieure à celle de 2024. Par ailleurs, le groupe tiendra une journée investisseurs le 19 novembre prochain, afin de présenter son nouveau plan stratégique à l’horizon 2030.
Un deuxième trimestre donc encourageant pour le reste de l’exercice, ayant également été marqué par l’acquisition de The BVA Family, désormais finalisée, qui permettra au groupe de se doter de nouvelles forces en France, au Royaume-Uni et en Italie, tout en complétant sa palette d’expertises. À la Bourse de Paris, la publication a en tout cas été bien reçue, le titre d’Ipsos s’affichant dans le vert depuis l’ouverture de la séance. Il grimpe toujours de plus de 5,3 %, autour de 43 euros, cet après-midi. De quoi installer le groupe en tête du palmarès du SBF 120.
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