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Valeo avance, mais le marché doute / L’endettement et les incertitudes économiques nourrissent la défiance
Être reconnu par ses grands donneurs d’ordre ne met pas à l’abri des soubresauts du marché, mais aide sans doute à mieux y faire face. Après avoir été désigné “Supplier of the Year” par General Motors en avril, puis récompensé en juillet par Volkswagen dans le cadre de ses “Best Supplier Awards 2025”, Valeo abordait le deuxième trimestre en position favorable. Les résultats semestriels, publiés vendredi matin, sont dans l’ensemble ressortis au-dessus des attentes.
À 10,66 milliards d’euros, le chiffre d’affaires du premier semestre affiche un recul de 1,4 % à périmètre et taux de change constants, en ligne avec le consensus. Cette évolution résulte en particulier d’une baisse de 2 % des ventes en première monte, pénalisées notamment par le basculement rapide du mix clients en faveur des constructeurs chinois, ainsi que par les difficultés rencontrées par certains clients dans le domaine de l’électrique, en Amérique du Nord et sur certaines plateformes européennes.
Le principal motif de satisfaction réside dans l’amélioration de la marge opérationnelle, qui atteint 4,5 % du chiffre d’affaires, soit 476 millions d’euros. C’est 0,5 point de plus qu’au premier semestre 2024, et conforme à l’objectif annuel fixé entre 4,5 % et 5,5 %. Le groupe a notamment profité d’une production automobile mondiale meilleure qu’anticipé au deuxième trimestre : selon S&P Global Mobility, celle-ci a progressé de 3,1 % sur la période.
Mais c’est surtout l’effet des plans d’économies engagés l’an dernier qui se fait sentir. "Les coûts administratifs sont en baisse de 5 %, les dépenses d’investissements de 23 %, les dépenses brutes de R&D de 11 %", a détaillé Christophe Périllat, directeur général de Valeo.
Un free cash-flow supérieur aux attentes, mais à relativiser
Autre point notable du semestre : le free cash-flow ressort à 252 millions d’euros après coûts de restructuration exceptionnels, soit plus du double de celui généré un an plus tôt. Ce montant représente plus de la moitié de l’objectif annuel (450 à 550 millions d’euros).
Cette performance reste toutefois à nuancer. "En excluant certains éléments ponctuels, tels que la baisse temporaire des investissements, le cash réellement généré par l’activité se situe autour de 100 millions d’euros", observe Oddo BHF.
L’endettement net, lui, s’est alourdi, passant de 3,8 à 4,2 milliards d’euros au cours du semestre. Deutsche Bank explique cette hausse principalement par un effet de change défavorable sur la trésorerie libellée en yuan et en dollar, pour un total de 260 millions d’euros.
Des incertitudes persistantes sur la seconde partie de l’année
S’agissant des perspectives, la révision à la baisse de la prévision de chiffre d’affaires annuel, largement anticipée, ne constitue pas un motif d’inquiétude en soi. Le groupe table désormais sur des ventes autour de 20,5 milliards d’euros, contre une fourchette précédente de 21,5 à 22,5 milliards. Ce repli s’explique par des effets de change défavorables et un ralentissement de l’activité chez certains clients, pour un impact cumulé estimé à 250 millions d’euros.
Et la tonalité du discours se veut confiante. "Au premier semestre, nous avons remporté des succès commerciaux importants : les prises de commande avec les constructeurs chinois accélèrent et représentent près de trois fois notre chiffre d'affaires", souligne Christophe Périllat. Sur la période, Valeo a enregistré pour 11,8 milliards d’euros de nouvelles commandes, en hausse de 30 % sur un an.
Pour autant, la prudence reste de mise. Valeo demeure exposé à de nombreux vents contraires. "La société est particulièrement sensible aux mauvaises nouvelles", rappelle Oddo BHF, notamment dans un contexte de tensions commerciales accrues. En 2025, plusieurs hausses de droits de douane décidées par les États-Unis touchent directement le secteur automobile. Présent à la fois en Chine et en Amérique du Nord, Valeo est en première ligne.
Le groupe affirme avoir engagé diverses mesures d’adaptation - optimisation de la chaîne logistique, relocalisation partielle de certaines productions, renégociation avec les clients - mais leur efficacité dépendra du rythme d’exécution et de l’évolution du contexte géopolitique.
Ces incertitudes ont pesé sur la réaction des marchés. L’action Valeo chutait de près de 7 % vendredi, à 9,64 euros, signant la plus forte baisse du SBF 120.
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