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Rexel / Guillaume Texier

Rexel s’appuie sur la croissance nord-américaine pour tenir son cap / Croissance, marges et cash-flow au rendez-vous au premier semestre

Rexel poursuit sa trajectoire d’adaptation dans un environnement toujours contrasté entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Le premier semestre 2025 confirme la robustesse de son modèle, avec une croissance soutenue aux États-Unis, une marge maîtrisée malgré l’inflation et un cash-flow en progression. Des résultats en ligne avec les ambitions du plan stratégique Axelerate 2028.
Guillaume Texier, le directeur général de Rexel
Guillaume Texier, le directeur général de Rexel

On avait déjà pu l’observer en 2024 : Rexel a renforcé les fondations de son modèle. Les résultats du premier semestre 2025 le confirment – et sont d’ailleurs salués en Bourse, où l’action gagne 5,6 % à 27,60 euros mardi matin. Dans un environnement qui reste contrasté entre les deux grandes zones géographiques où il est présent, le distributeur de matériel électrique continue à tirer parti de la dynamique nord-américaine et de sa discipline opérationnelle.

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de Rexel a atteint 9,8 milliards d’euros, en progression de 1,6 % à nombre de jours comparable. Une évolution qui s’est accélérée au deuxième trimestre (+1,8 %), principalement tirée par l’Amérique du Nord. Dans cette zone devenue le principal moteur du groupe, les ventes progressent de 6,3 % sur le semestre et de 8,7 % au deuxième trimestre.

Lors de la conférence avec les analystes, Guillaume Texier, directeur général du groupe, a tenu à souligner le rôle croissant de certains segments porteurs. " La croissance a été particulièrement forte dans les centres de données et les infrastructures haut débit, qui représentent désormais environ 12 % de notre chiffre d'affaires aux États-Unis et ont contribué à près de la moitié de notre croissance au deuxième trimestre ", a-t-il précisé.

Ce positionnement ne doit rien au hasard. En l’espace de quelques années, Rexel a réorienté son portefeuille, modifié son empreinte géographique et remodelé son organisation. Alors qu’elle n’était que de 39% en 2021, la part des ventes nord-américaines culmine désormais 46 %. Le groupe poursuit d’ailleurs ses arbitrages : comme l’illustre l’acquisition cette année de Schwing Electrical Supply aux États-Unis, et la cession des activités finlandaises.

 

Une Europe encore en creux de cycle

 

Sans surprise, le tableau demeure moins favorable en Europe, où le groupe réalise encore 48 % de son chiffre d’affaires. La région accuse un recul de 1,8 % sur le semestre et de 3,0 % au deuxième trimestre, sous l’effet d’une base de comparaison plus exigeante, d’un marché solaire en repli et d’une moindre contribution des prix sur le segment du câble.

Pour autant, "nous continuons de gagner des parts de marché dans des pays clés, dont la France, ce qui témoigne de la résilience de nos équipes commerciales et de la solidité de notre relation client. ", a souligné Guillaume Texier. Ce contexte difficile n’empêche pas le groupe d’y poursuivre le travail de fond sur son organisation. En France, par exemple, Rexel a récemment élargi les responsabilités de Thomas Moreau, président de la filiale hexagonale, à d’autres marchés européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Irlande), ainsi qu’à la supervision de la nouvelle entité Wasco, basée aux Pays-Bas.

 

Maîtrise des coûts et génération de cash

 

Ce premier semestre faisait figure de test grandeur nature pour mesurer les nouveaux standards de rentabilité du groupe. Résultat concluant : la marge d’EBITA courant ajusté ressort à 5,8 % au premier semestre, en retrait de 29 points de base sur un an, mais largement supérieure aux niveaux observés lors des précédents creux de cycle (4,2 % en 2016 et 2020).

Cette résistance tient à la capacité de l'entreprise à ajuster sa base de coûts : Rexel a réduit ses effectifs équivalents temps plein de 2,2 % sur un an. " C’est d’autant plus significatif que les salaires représentent environ 40 % de nos charges d’exploitation. Les gains de productivité réalisés nous ont permis de compenser intégralement l’inflation de nos dépenses, également estimée à 2,2 % ", a expliqué Guillaume Texier aux analystes. Les initiatives de productivité ont ainsi généré un effet positif de 31 points de base, contrebalançant l’effet négatif du delta d’inflation estimé à -27 points.

Autre levier mis en avant : les effets relutifs des droits de douane américains. Là où d’autres redoutent leur impact, Rexel en tire profit. En tant que distributeur, Rexel profite mécaniquement de la hausse des prix des produits, qui se traduit par une amélioration proportionnelle de ses marges. " Nous avons commencé à percevoir un effet favorable sur les prix de vente hors câble, en hausse de 0,9 % au deuxième trimestre ", a noté Guillaume Texier.

La nouvelle solidité de Rexel se mesure aussi à un autre indicateur bien orienté : le flux de trésorerie avant impôts s’élève à 251 millions d’euros, avec un taux de conversion du cash-flow disponible de 42 %, un niveau supérieur à la moyenne des cinq dernières années (36 %). " Cela illustre la solidité de notre modèle, y compris dans un environnement moins porteur ", a insisté Laurent Delabarre, directeur financier du groupe.

 

Des objectifs confirmés

 

À l’approche du second semestre, la direction se montre confiante dans la capacité du groupe à tenir ses engagements annuels. Le groupe vise toujours une croissance stable à légèrement positive de ses ventes à jours constants, une marge d’EBITA ajusté autour de 6 %, et une conversion de son cash-flow libre d’environ 65 %, hors amende de 124 millions d’euros mentionnée précédemment.

En Amérique du Nord, les perspectives restent bien orientées grâce à un carnet de commandes solide, notamment dans le non résidentiel et l’industriel. La répercussion des hausses de prix liées aux tarifs douaniers devrait continuer de jouer un rôle favorable.

Les segments datacom et centres de données restent des moteurs de croissance, tandis qu’en Europe, Rexel commence à percevoir des signes de stabilisation sur les marchés de la construction, aidés par un contexte de taux d’intérêt plus accommodant. "Nous suivons de près la pause temporaire dans le mouvement d’électrification, mais les jours ouvrés supplémentaires du second semestre devraient stimuler l'absorption des coûts fixes", anticipe la direction.

 

Le plan Axelerate 2028 sur les bons rails

 

L’intensification de la digitalisation (plus d’un tiers des ventes en ligne), les efforts d’optimisation du portefeuille et les outils d’IA utilisés pour la tarification et l’automatisation du back-office sont également mis à profit pour renforcer l’efficacité opérationnelle.

"Nous prenons des mesures décisives pour maîtriser ce que nous pouvons, tout en capitalisant sur les opportunités de croissance. Cela nous conforte dans notre capacité à atteindre nos objectifs 2025", a résumé Laurent Delabarre.

Autant d’éléments qui viennent conforter la trajectoire définie par le plan stratégique Axelerate 2028, lancé au printemps. Présenté début avril, il mobilise l’ensemble des équipes du groupe pour accélérer la croissance rentable, en s’appuyant sur les relais numériques, la transition énergétique et les marchés à fort potentiel.

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