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Amundi subit le contrecoup fiscal au deuxième trimestre / Taxe sur les grandes entreprises et moindres commissions freinent la performance

La contribution exceptionnelle instaurée en France, conjuguée à un effet de change défavorable et à un mix de revenus moins porteur, a pesé sur les résultats du gestionnaire d’actifs. L’action perdait plus de 6 % mardi, malgré une collecte historique.
Les résultats du deuxième trimestre 2025 d'Amundi ont déçu - Photo by MATTHIAS BALK / dpa Picture-Alliance via AFP
Les résultats du deuxième trimestre 2025 d'Amundi ont déçu - Photo by MATTHIAS BALK / dpa Picture-Alliance via AFP

C’est la déception qui domine après la publication des résultats trimestriels d’Amundi. Mardi, l’action du plus grand gestionnaire d’actifs européen reculait de 6,4 % à 65,65 euros à la Bourse de Paris, plombée par des résultats en deçà des attentes, malgré une dynamique commerciale très solide.

La filiale du Crédit Agricole a vu son résultat net ajusté reculer de 4,5 % sur un an au deuxième trimestre, à 334 millions d’euros, contre 348 millions attendus par le consensus. Une contre-performance qui s’explique en partie par la contribution exceptionnelle d’impôt des grandes entreprises françaises, mais pas uniquement.

Même hors effet fiscal, le bénéfice avant impôts (PBT) ressort en baisse de 4 % par rapport au premier trimestre et de 2 % sur un an, à 436 millions d’euros, soit 5 % de moins que prévu. " Un chiffre d’affaires décevant ", résume UBS, qui rappelle qu’il s’agit du premier trimestre publié après la cession de l’activité américaine d’Amundi à Victory Capital, effective depuis le 1er avril. Cette opération pourrait expliquer une partie du décalage.

 

Des revenus pénalisés par le change et un effet mix défavorable

 

Le chiffre d’affaires net d’Amundi s’est établi à 778 millions d’euros au deuxième trimestre, stable sur un an et 6 % en dessous des attentes du marché. Selon UBS, 70 % de cet écart s’explique par la baisse des commissions de gestion. Celles-ci ont progressé de 1,2 % sur un an pour atteindre 717 millions d’euros, mais reculent de 3 % par rapport au premier trimestre 2025 et restent 5 % en deçà des prévisions. En cause : l’affaiblissement du dollar et un effet de mix défavorable. Le reste de la déception tient au net recul des commissions de surperformance, dans un contexte de marchés plus volatils depuis le début de l’année, en particulier au deuxième trimestre.

Tout n’est pas négatif cependant. Amundi a largement surpassé les attentes en matière de collecte. Le groupe a enregistré des entrées nettes de 20,4 milliards d’euros au deuxième trimestre, bien au-delà des 11,8 milliards anticipés. Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 51,6 milliards d’euros, un niveau record qui frôle déjà les 55 milliards collectés sur l’ensemble de 2024.

Au 30 juin, les encours sous gestion d’Amundi atteignent 2 267 milliards d’euros, en progression de 5,2 % sur un an. Cette hausse reflète principalement une collecte nette de 75 milliards d’euros et une appréciation des marchés estimée à 109 milliards sur douze mois. Ces effets positifs ont toutefois été partiellement neutralisés par un impact de change négatif, évalué à 60 milliards, lié à la baisse du dollar américain et de la roupie indienne. Ces deux devises se sont respectivement dépréciées de 5 % et 7 % en moyenne face à l’euro au deuxième trimestre.

 

L’Asie et les institutionnels en soutien, le retail en retrait

 

Dans le détail, la dynamique commerciale d’Amundi a été portée par ses coentreprises à l’international, qui ont généré 10,3 milliards d’euros de collecte nette au deuxième trimestre, avec une contribution particulièrement marquée en Asie. La clientèle institutionnelle constitue également un relais de croissance important, avec 8,7 milliards d’euros d’entrées nettes, soutenues notamment par des mandats remportés auprès d’un investisseur allemand de premier plan et du fonds souverain du Chili.

Les encours gérés directement par Amundi, hors coentreprises, s’élèvent à 1 850 milliards d’euros à fin juin, en recul de 1,9 % sur trois mois à périmètre comparable. Sur ce périmètre, les souscriptions nettes atteignent 10,1 milliards d’euros, un niveau supérieur aux attentes du marché, qui anticipait environ 7 milliards. Une performance toutefois largement portée par les flux en provenance de la clientèle institutionnelle, généralement moins rémunérateurs, qui ont totalisé 8,7 milliards d’euros contre 2,2 milliards attendus, note encore UBS.

Quant à la clientèle retail, la dynamique marque un sérieux coup d’arrêt. Ce segment, qui avait signé en 2024 sa meilleure collecte depuis 2021 avec 11,5 milliards d’euros, n’a généré que 1,4 milliard au deuxième trimestre, bien en dessous des 5 milliards attendus. Les flux se concentrent essentiellement sur les distributeurs tiers, dont près de 40 % via des plateformes digitales. Mais cette collecte reste freinée par un fort attentisme sur les réseaux bancaires, " lié à une aversion persistante au risque ", a souligné Nicolas Calcoen, directeur général délégué d’Amundi.

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