Entreprises / Actions / Euronext / union des marchés de capitaux
Entreprises / Actions
Euronext / union des marchés de capitaux
Euronext, le résultat (record) d’une diversification réussie / L’acquisition d’ATHEX, un nouveau signal envoyé en faveur de l’Union de l’Epargne et de l'Investissement
Euronext poursuit son irrésistible ascension. L’opérateur boursier paneuropéen a publié ce jeudi soir des performances jamais enregistrées. "Il s’agit des plus hauts résultats historiques d’Euronext. Le groupe n’a jamais produit un trimestre de cette nature en valeur absolue ", s’est félicité Stéphane Boujnah, président du directoire d’Euronext lors d’un entretien à WanSquare.
Cinq trimestres d’affilée
Une trajectoire de croissance exceptionnelle qui se lit, de fait, dans les chiffres : tous les indicateurs clés ont connu une croissance à deux chiffres au cours du deuxième trimestre : le chiffre d’affaires progresse de 12,8 % sur un an à 465,8 millions d’euros, l’Ebitda est en hausse de 15,8 % à 297,3 millions d’euros avec une marge opérationnelle impressionnante de 63,8 %. Par ailleurs, le résultat net a bondi de 29,7 % à 183,8 millions d’euros, et le BNPA publié est de 1,81 euros, soit une progression de 32,1 %. "Et c’est la cinquième fois d’affilée que nous enregistrons un trimestre de croissance à deux chiffres du chiffre d’affaires et qui bat le précédent et celui de l’année précédente. Cela fait bientôt un an et demi qu’Euronext est dans une dynamique de performances historiques exceptionnelles ", insiste Stéphane Boujnah.
Les effets de la volatilité mais pas que
Cette performance s’explique, pour le deuxième trimestre, en partie par une très grande volatilité des marchés financiers, à la fois sur les actions et les dettes souveraines, ce qui bénéficie par exemple à la plateforme de trading obligataire MTS. "Et dans un contexte macroéconomique et énergétique mouvant, une très grande volatilité des métiers de taux de change qui a bénéficié à l’activité d’Euronext Forex et aussi des marchés de l’électricité opérés par Nord Pool ", complète le dirigeant qui se félicite également des bienfaits de l’acquisition en 2021 de Borsa Italiana. "Au-delà des performances de MTS, chaque trimestre, nous extrayons davantage de valeur sur nos activités de colocation dans le data center de Bergamo, sur Euronext Clearing, notre chambre de compensation européenne basée à Rome, sur nos activités de règlement-livraison-conservation de titres sur Euronext Securities basé à Milan ".
Et dans le cadre de son nouveau plan stratégique, "Innovate for Growth 2027 ", présenté en novembre dernier, Euronext compte bien accélérer cette croissance. Pour mémoire, l’entreprise a récemment consolidé sa présence dans les pays nordiques avec l’acquisition d’Admincontrol, et sur les dérivés d’électricité avec Nasdaq Nordic. "Le groupe est de plus en plus diversifié ", poursuit Stéphane Boujnah.
Le potentiel de la Grèce
Ce jeudi matin, Euronext a par ailleurs annoncé son OPE sur la Bourse d’Athènes. "Cette opération bénéficie d’un très fort soutien de l’écosystème local. Le gouverneur de la Banque centrale, Yannis Stournaras, s’est exprimé en faveur de cette transaction, tout comme le ministre des finances, Kyriákos Pierrakákis. Et force est de constater que les finances publiques locales se portent mieux que celles françaises, avec un excédent primaire de 4,8 % du PIB en 2024 et un excédent budgétaire de 1,3 %. Sans oublier que sur les marchés, la Grèce emprunte moins cher que la France à 5 ans (à 2,67 %, soit 10 points de base de moins que la France) ", souligne-t-il.
Une transaction modeste pour Euronext, d’un peu plus de 400 millions d’euros selon le cours de Bourse – et accrétive dès la première année -, mais qui offre à l’opérateur paneuropéen plusieurs optionalités de classes d’actifs périphériques, comme sur le trading d’électricité et la dette souveraine. "Nous allons explorer aussi la possibilité de créer en Grèce de nouvelles capacités technologiques et digitales afin de capitaliser sur la grande qualité de talents locaux, comme nous l’avons déjà fait avec notre centre technologique de Porto, au Portugal ", précise le président du directoire, estimant que l’acquisition envisagée d’ATHEX doit justement permettre d’étendre le modèle intégré d’Euronext à l’ensemble de l’Europe pour réaliser l’Union de l’Épargne et de l’Investissement.
L'Europe n'est pas un open-bar
Une ambition d’autonomie stratégique européenne, chère à Stéphane Boujnah, qui s’accompagne néanmoins d’une certaine inquiétude. Interrogé sur le récent accord annoncé entre la Commission européenne et les États-Unis, le patron d’Euronext, très investi dans le projet de relance de l’Union des marchés de capitaux - l’exécutif européen doit présenter ses propositions législatives en octobre prochain -, ne mâche pas ses mots. "J’observe avec une très grande perplexité et une certaine forme de consternation l’accord asymétrique annoncé entre la Commission européenne et Donald Trump. Il n’est pas souhaitable que l’Europe devienne un open-bar pour les institutions financières américaines alors que les entreprises industrielles européennes sont taxées à l’entrée des Etats-Unis ", juge-t-il, observant une forme de contradiction entre les discours sur l’autonomie stratégique européenne et la mise en œuvre d’accords qui favorisent massivement les intérêts américains.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

