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Eramet confie ses finances à Abel Martins-Alexandre / L’ex-Rio Tinto et Lloyds rejoint le comité exécutif dans un contexte exigeant

Ancien cadre de Rio Tinto et de Lloyds, Abel Martins-Alexandre apporte à Eramet plus de vingt-cinq ans d’expérience dans la finance internationale et les ressources naturelles. Sa nomination comme directeur financier illustre la volonté du groupe de renforcer sa gestion dans une période de volatilité accrue et de transformation profonde.
Abel Martins-Alexandre, le nouveau directeur financier (à gauche), vient épauler le nouveau directeur général, Paulo Castellari (à droite, Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Abel Martins-Alexandre, le nouveau directeur financier (à gauche), vient épauler le nouveau directeur général, Paulo Castellari (à droite, Photo by Ludovic MARIN / AFP)

La recomposition se poursuit au sommet d’Eramet. Après le passage de témoin à la direction générale en mai dernier, avec l’arrivée de Paulo Castellari pour succéder à Christel Bories, c’est désormais la direction financière qui change de mains. Le groupe minier et métallurgique a officialisé cette semaine la nomination d’Abel Martins-Alexandre comme directeur financier à compter du 15 septembre. Il succède à Nicolas Carré, qui a choisi de quitter ses fonctions pour "saisir une nouvelle opportunité professionnelle" en dehors du groupe. Le nouveau venu siègera au comité exécutif, avec sous sa responsabilité la direction financière, les systèmes d’information et les achats.

Ce changement intervient à un moment charnière pour Eramet, dans un contexte où la rigueur financière est plus que jamais requise. Au premier semestre 2025, l’entreprise a accusé une chute de 45 % de son excédent brut d'exploitation (Ebitda) et un résultat net négatif de 152 millions d’euros. Des difficultés opérationnelles, de la logistique au Gabon aux retards en Argentine, ont pesé sur les comptes, sur fond de marchés toujours volatils pour ses métaux stratégiques (nickel, manganèse, lithium). Si certaines de ces perturbations ont été partiellement résorbées au deuxième trimestre, la pression reste forte sur la génération de trésorerie, la maîtrise des coûts et la préparation des futures transformations.

Le profil d’Abel Martins-Alexandre s’inscrit directement dans ce contexte. Avec plus de 25 ans d’expérience dans la banque et l’industrie, il a évolué sur les terrains où se jouent aujourd’hui les défis d’Eramet. Récemment, il dirigeait les activités Infrastructure, Energy and Industrials chez Lloyds Corporate & Institutional Bank. Mais c’est surtout son parcours chez Rio Tinto, étalé sur quinze ans, qui retient l’attention : il y a exercé des responsabilités allant de la stratégie au business development, avant d’accéder au poste de trésorier du groupe. À ce titre, il a supervisé la trésorerie mondiale, les financements de projets, les plans de retraite et d’assurance, et mené des opérations de M&A et de financement structuré. Il a également piloté des programmes visant à réduire les coûts, améliorer le fonds de roulement et simplifier les processus financiers.

Cette expérience internationale, complétée par une formation à la London Business School, Paris Dauphine et Toulouse Business School, apporte à Eramet un profil rodé aux marchés globaux et aux cycles de matières premières.

Pour Paulo Castellari, directeur général d’Eramet, l’arrivée de ce nouveau CFO doit renforcer la capacité du groupe à concrétiser ses ambitions en matière d’"efficacité opérationnelle et de performance financière". Dans un moment où la compagnie doit à la fois poursuivre ses projets de diversification – notamment dans le lithium et l’extraction directe – et gérer les contraintes d’un marché sous tension, l’entreprise s’arme d’un financier chevronné pour resserrer sa gestion et sécuriser sa trajectoire.

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