Macro-économie / Taux / DGCCRF / Cabinet Arc / France
Macro-économie / Taux
DGCCRF / Cabinet Arc / France
L’instabilité hexagonale met en péril son tissu économique / Sécuriser le cash est plus que jamais une priorité pour les entreprises
Leurs fortunes diverses n’empêchent pas les chefs d’entreprises hexagonaux d’avoir un dénominateur commun. Celui d’être près de 85 % à être favorable à une proportionnalité des amendes infligées par la DGCCRF aux résultats des sociétés sanctionnées. Denis Le Bossé, le président du Cabinet ARC, confie à WanSquare "espérer que les propositions faites lorsque François Bayrou était à Matignon se concrétisent dans les mois à venir, à savoir l’application d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires".
Une telle avancée serait positive à ses yeux tant la situation de certaines firmes est précaire, il redoute que "bien que l’essentiel des entreprises françaises ait été plutôt été résiliente jusque-là, tarder à boucler le budget pourrait aggraver la situation de nombre d’entre elles car elles ont besoin d’être en confiance pour investir ". Il explique à WanSquare que la priorité actuelle de leurs dirigeants est d’arriver à sécuriser le plus possible leur cash. Une logique de prudence qui conduit certaines d’entre elles "à ralentir les investissements et à payer le plus tard possible leurs fournisseurs. Les enquêtes des dernières semaines confortent les résultats de notre baromètre selon lequel les retards de paiements sont en moyenne de 17.3 jours ".
Fortunes diverses
Pour autant ce ne sont pas les sociétés les plus en difficulté qui allongent les délais de paiement. Le président du Cabinet ARC constate au quotidien qu’en général "celles qui provisionnent du cash ne sont pas celles qui vont le moins bien. Cette sécurisation peut s’expliquer par la volonté d’être en capacité d’investir rapidement dès que la croissance réapparaîtra". Les acteurs les plus mal en point sont quant à eux "parfois obligés de se tourner vers l’affacturage, une technique onéreuse (89 % des entreprises estiment qu’il s’agit d’une technique trop coûteuse donc peu rentable) mais qui permet d’obtenir des liquidités rapidement".
L’export n’est pas la plus grande inquiétude du dirigeant malgré la guerre commerciale lancée par Donald Trump. Il considère qu’elles "savent faire preuve d’agilité quand elles s’exportent. On peut avoir toute confiance en elles pour parvenir à s’orienter vers de nouveaux marchés si nécessaire". Le ralentissement de la croissance mondiale occupe davantage ses pensées.
Long cours
D’autres pistes pour améliorer le quotidien des entreprises sont quant à elles toujours en chantier. Denis Le Bossé constate que malheureusement les PME hexagonales sont toujours nombreuses – 55 % - à ne pas vouloir se positionner sur les marchés publics de peur de ne pas être payées en temps et en heure, l’expert regrette "que certaines collectivités locales et territoriales aient des comportements scandaleux. C’est d’autant plus dommageable que certaines d’entre elles jouent le jeu et qu’à l’inverse d’autres comptent 300 à 500 jours de retard".
Le dirigeant du Cabinet ARC reste également très mesuré sur les effets de la généralisation de la facturation électronique sur les délais de paiement car bon nombre d’entreprises peu scrupuleuses trouveront d’autres mauvais prétextes pour allonger les délais de paiement, comme le blocage par la plateforme en cas d’invalidation même injustifiée de la facture. L’idée d’une harmonisation européenne des délais de paiements demeure quant à elle un combat de longue haleine dont la fin n’est pas pour demain.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

