Macro-économie / Taux / OAT / Bund / spread
Macro-économie / Taux
OAT / Bund / spread
La France va emprunter l’équivalent de 10 % de son PIB en 2026 / De nombreuses obligations assimilables du Trésor arrivant à maturité
Une hausse inexorable, héritée en grande partie des émissions passées de l’Hexagone à en lire le programme d’emprunt à moyen et long termes de l’Agence France Trésor (AFT) pour 2026. Celui-ci est en hausse de quelque 10 milliards d’euros par rapport aux 300 milliards d’euros de 2025, l’AFT expliquant que cette progression est essentiellement du fait des amortissements de titres de moyen et long terme.
Ces derniers augmentent de quelque 7,8 milliards d’euros, étant attendus de l’ordre de 175,8 milliards d’euros l’an prochain contre 168 milliards d’euros cette année. Sujet politiquement sensible par excellence, la charge budgétaire de la dette est quant à elle prévue de l’ordre de 59,3 milliards d’euros en 2026, confortant sa place de choix dans les dépenses étatiques et là encore en hausse rapportée aux 54,7 milliards d’euros de l’année 2025. Seule l’Éducation nationale nécessite davantage de financements.
Pression
Un des nuages noirs pour la dette française se trouve être dans la hausse des taux à 10 ans qu’anticipe l’AFT. Elle établit en effet des projections de taux d’intérêt qui sont de l’ordre de 3,70 % en début d’année prochaine, 3,80 % un an plus tard et ce avant de tendre vers les 4 % à mesure qu’on se rapproche de 2029. Une tendance à la hausse qu’on retrouve déjà cette année, avec une agence qui évoque une dynamique voyant un "taux moyen pondéré sur les émissions de dette d’État à moyen et long terme [qui] ressort à 3,16 % (depuis janvier ndlr), à comparer à un taux de 2,91 % en 2024".
La situation tricolore pourrait également souffrir de la fin de la rigueur budgétaire allemande, l’augmentation de l’offre de Bunds pouvant mettre fin à une relative rareté des titres allemands rapportée à leur demande par les investisseurs. Ces derniers pourraient davantage satisfaire leur appétit de titres allemands, jugés plus sûrs, et tirant les taux français à 10 ans vers le haut pour rester attractifs aux yeux des investisseurs. L’aversion au risque est notamment prononcée au Japon, il y a quelques semaines de cela Théophile Legrand, stratégiste taux chez Natixis CIB, relevait "que depuis 2024, les investisseurs japonais avaient réduit leur exposition en obligations assimilables du Trésor (OAT) d’environ 25 milliards d’euros, bien qu’ils en détiennent environ encore 130 milliards d’euros ".
Stabilité
Pour l’heure les non-résidents demeurent loin de s’être retirés des OAT tricolores, avec des données au 30 juin 2025 qui montrent que "la part des non-résidents dans la détention de titres de dette de long terme s’établit à 59,5 %, après 59,1 % fin mars 2025 ". Ces derniers jours ont quant à eux vu les marchés saluer la relative stabilité hexagonale, c’est tout du moins ce que pense Olivier Malteste, directeur des Investissements d’Althéis by Yomoni. Ce dernier considérant que "l’annonce de la suspension de la réforme des retraites a immédiatement détendu le risque perçu sur la France. L’écart de taux à 10 ans entre la France et l’Allemagne (le spread OAT-Bund), baromètre clé du risque souverain, est repassé sous 80 points de base hier, après avoir touché 90 pb (0,90 %) au moment de la démission de Sébastien Lecornu puis avant son discours de politique générale".
La conséquence d’un arbitrage favorable à la stabilité politique à court terme. Certes la réforme des retraites devrait être suspendue ce qui n’est pas un bon signal pour les fondamentaux de l’Hexagone. Il n’en demeure pas moins que dans la situation d’urgence, il est jugé pour l’heure qu’il vaut "mieux vaut un calendrier réformateur décalé qu’un choc politique susceptible d’élargir durablement le spread et d’alourdir le coût de financement de l’État et des entreprises". Reste à connaître les verdicts prochains des agences de notation, que ce soit Moody’s le 24 octobre ou bien Standard & Poor’s qui le fera fin novembre.
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