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Atos avance sur les coûts mais cale encore sur l’activité / Le groupe maintient le cap de sa feuille de route 2028

Atos redresse ses marges mais pas encore son activité. Le troisième trimestre confirme les progrès du plan Genesis sur le front financier, sans dissiper les doutes sur la reprise commerciale.
Philippe Salle, le PDG d'Atos (Photo by JOEL SAGET / AFP)
Philippe Salle, le PDG d'Atos (Photo by JOEL SAGET / AFP)

"Le plan Genesis est toujours en track… Nous sommes même légèrement en avance sur nos indicateurs de réduction de coûts." Philippe Salle s’est voulu rassurant en commentant à la presse les chiffres de juillet à septembre. Un troisième trimestre qui constitue le premier de pleine mise en œuvre de cette feuille de route dévoilée le 14 mai dernier, mais pour laquelle il faudra visiblement davantage de recul avant d’en mesurer les effets sur l’activité, un terrain sur lequel le groupe accuse plutôt un certain retard.

Le chiffre d’affaires de la période de juillet à septembre est ressorti à 1,98 milliard d’euros, en recul organique de 10,5 %. La SBU Atos, qui regroupe les activités historiques d’infogérance et de services d’infrastructure, affiche un recul de 19,3 %, à 1,62 milliard d’euros, conséquence assumée des sorties de contrats à faible marge et d’un environnement encore mou. À l’inverse, Eviden, la branche dédiée au digital, au cloud et à la cybersécurité, bondit à 356 millions, en hausse organique de 77 %, portée par la livraison du supercalculateur Jupiter pour environ 200 millions d’euros. Une progression en phase avec le recentrage voulu par la direction sur les segments à plus forte valeur. Mais pas suffisante à ce stade pour enrayer l’hémorragie.

 

La gestion du cash marque des progrès

 

Car les indicateurs commerciaux ne montrent pas encore le rebond espéré. Les prises de commandes se sont élevées à 1,31 milliard d’euros, en recul de 14 % sur un an, soit un ratio book-to-bill de 66 %, stable par rapport à 2024 mais toujours trop bas pour inverser la tendance. Une faiblesse qui "interroge sur la capacité du groupe à retrouver le chemin de la croissance organique positive en 2026", pointe Invest Securities.

Si la trajectoire commerciale reste à redresser, le second point scruté de près par les investisseurs, la trésorerie, envoie cette fois un signal plus rassurant. La consommation de cash s’est limitée à 38 millions d’euros sur le trimestre, incluant 87 millions de charges de restructuration, sans recours à l’affacturage ni à des optimisations ponctuelles. Une performance que Jacques-François de Prest a tenu à souligner : "Notre consommation de cash est bien maîtrisée … sans recours au factoring ni à des optimisations spécifiques." Au 30 septembre, la liquidité du groupe s’établissait à 1,77 milliard d’euros, soit plus d’un milliard au-dessus des exigences prévues dans la documentation de crédit.

Ces deux tendances, faiblesse commerciale d’un côté et discipline financière de l’autre, se traduisent dans la révision des objectifs pour 2025 : Atos vise toujours une marge opérationnelle autour de 340 millions d’euros et une consommation de trésorerie inférieure à 350 millions d’euros, mais abaisse sa prévision de chiffre d’affaires à "plus de 8 milliards", contre environ 8,5 milliards auparavant. L’ajustement, explique la direction, reflète à la fois des effets de change défavorables, la sélection renforcée des contrats à faible rentabilité et la faiblesse générale du marché. "Le chiffre d’affaires sur l’année sera en recul à deux chiffres, certes, mais la marge va pratiquement doubler : on passe de 2 % à 4 %", a tenu à rappeler le directeur financier.

 

Objectifs 2028 maintenus, la croissance devra suivre

 

La trajectoire à moyen et long terme, elle, reste inchangée. Le groupe prévoit un retour à la croissance organique dès 2026 et une génération de trésorerie redevenue positive, avant une accélération plus nette à horizon 2028. À cet horizon, Atos vise un chiffre d’affaires compris entre 8,5 et 9 milliards d’euros, voire jusqu’à 10 milliards en cas de petites acquisitions ciblées, une marge opérationnelle d’environ 10 %, et un levier d’endettement ramené sous 1,5 fois l’EBITDA dans la perspective d’un profil “investment grade”.

Les premiers résultats de Genesis traduisent une entreprise qui se redresse par le bas - marges et trésorerie - avant de pouvoir se redresser par le haut, avec le retour espéré de la croissance. Un cap que le groupe doit encore franchir. Le titre chutait de 9,6 % mardi matin, à 51,36 euros.

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