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L’ACPR salue la résilience du secteur financier tricolore / Les risques provenant de l’économie réelle sont scrutés de près par l’institution
Un secteur prêt à encaisser les chocs. Difficile de penser autrement à la lecture des chiffres du marché français de la banque et de l’assurance 2024, produits par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), où il est porté une grande attention à l’environnement macro-financier. Les dangers provenant de l’économie réelle y font effectivement l’objet d’une attention particulière, tant les dynamiques en sa provenance ont très largement affecté les banques et les assurances dans le passé récent.
C’est notamment ce que rappelle l’institution en évoquant un "environnement macro-financier [en 2024, qui] a été caractérisé par un reflux de l’inflation permettant une normalisation de la politique monétaire et favorisant la reprise progressive de la production de crédits". Aujourd’hui, les inquiétudes ne concernent effectivement pas tant une capacité jugée "forte", de la part des banques, à absorber les fluctuations sur les marchés obligataires que les conséquences délétères d’un ralentissement de la croissance économique. Une telle dynamique pouvant effectivement affecter tant l’activité bancaire que le risque de crédit.
Équilibre
L’évolution de l’équilibre entre l’offre et la demande de titres souverains sur le long terme n’a pas non plus échappé à l’ACPR. Ses équipes considérant que la hausse des besoins de financement des États devrait certes produire un effet favorable pour les revenus d’intérêts du secteur financier, tout en prenant garde d’avertir des risques associés, qu’ils soient en termes de correction sur les marchés et également de renchérissement du coût de financement tant pour les ménages que pour les entreprises. Nathalie Aufauvre, la secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, a également martelé durant la présentation de ce matin que "c’est par le canal de l’économie réelle qu’on peut avoir une correction des marchés".
L’attention portée par les autorités hexagonales au financement non bancaire a également été soulignée, ce qui a d’ailleurs mené récemment à la conduite d’un stress test permettant de mieux apprécier les risques de contagion qui y sont liés. Cependant les différents intervenants se sont voulus rassurants à court terme, livrant notamment quelques données pour le premier semestre 2025. Il s’avère qu’effectivement "les principaux groupes bancaires [y] ont vu leur chiffre d’affaires et leur rentabilité s’améliorer avec des marges en capital toujours confortables". Même son de cloche positif en ce qui concerne la collecte nette en assurance-vie, celle-ci ayant atteint un pic "historique de 34,6 milliards sur les 9 premiers mois de l’année tandis que la solvabilité du secteur s’étant légèrement renforcée au 1er semestre avec un ratio de couverture CSR (Capital de Solvabilité Requis) de 244 %) ".
Reste du monde
Impossible de considérer la situation tricolore sans évoquer ses interactions avec le reste de la sphère financière, les équipes de l’Autorité ont logiquement été interrogées sur les conséquences des récentes dégradations de la notation souveraine tricolore et ont affirmé que "le système financier est résilient et les agences de ratings font bien la différence entre la notation souveraine et celles des différentes entités". Elles ont également argué "qu’à ce stade l’allocation des assureurs n’a pas évolué avec cette modification de la notation souveraine".
L’accent a également été mis sur un développement international qui ne se dément pas pour le secteur financier tricolore ces dernières années et ce malgré un contexte géopolitique qualifié de "moins porteur". Il s’avère qu’effectivement "la part des actifs internationaux représentait plus de 47 % du bilan du secteur bancaire français fin 2024, en hausse de 5 points de pourcentage par rapport à 2021". Une façon de diversifier tant les risques que les sources de revenus, utilisée également par les assureurs bien que dans une moindre mesure avec près de 10,5 % de leur chiffre d’affaires réalisés à l’international pour le non-vie.
Une évolution largement européenne comme en témoignent les "contreparties européennes hors France dans les placements des assureurs (33 %) et dans les financements des banques françaises (19 %) ". L’internationalisation des banques recouvre en effet deux réalités ; d’une part une très forte dimension paneuropéenne en particulier pour la banque de détail et de l’autre une activité de financement et d’investissement qui couvre plus largement la planète. Les États-Unis sont notamment concernés et l’exposition du secteur financier y concerne en effet moins le volet de détail et s’opère davantage par les actifs financiers ainsi que le financement privé. Bien que le secteur financier ne soit pas exposé outre mesure à la croissance américaine, l'ACPR demeure attentive et rappelle que "le coût d'une crise bancaire est extrêmement élevé".
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