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Macro-économie / Taux / Banque / Banque de France / François Villeroy de Galhau / Agnès Bénassy-Quéré

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Banque / Banque de France / François Villeroy de Galhau / Agnès Bénassy-Quéré

Les stablecoins préoccupent la Banque de France / ​​​​​​​Un véritable enjeu de souveraineté à ses yeux

Le hasard fait bien les choses, alors même que neuf grandes banques européennes - ING, Banca Sella, KBC, Danske Bank, DekaBank, UniCredit, SEB, CaixaBank et Raiffeisen Bank International - viennent de s’associer pour lancer un stablecoin libellé en euros et conforme à la réglementation européenne, voilà que la Banque de France vient à nouveau de souligner l’importance des stablecoins et le risque de voir l’Europe rater ce virage technologique.
Francois Villeroy de Galhau. Photo by Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Francois Villeroy de Galhau. Photo by Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

Aucune banque hexagonale ne figure parmi les membres de la récente initiative visant à émettre un stablecoin libellé en euro. Cela n’empêche pas le sujet d’intéresser au plus haut point dans l’Hexagone ; on a ainsi vu simultanément Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, signer une tribune intitulée "Monnaie numérique de banque centrale : l’enjeu de souveraineté" et François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, souligner à quel point le Vieux continent possédait les moyens d’opérer une révolution de la monnaie.

En toile de fond le gouverneur de l’institut d’émission expliquait à nos confrères de Grand Continent que l’administration Trump, et ce "plus encore que celles qui l’ont précédée, est très attachée au rôle central du dollar dans le système monétaire international, notamment parce que cela sécurise la demande pour la dette fédérale américaine ". Pour autant il ne s’inscrit pas dans les choix de Donald Trump de choisir les stablecoins émis par la sphère privée et de ne pas se tourner vers la monnaie de banque centrale numérique.

 

Encore temps

 

Le risque principal à ses yeux est que l’Europe doive faire face à " une quasi-monnaie, le stablecoin en dollars, de nature privée et émise par des acteurs non européens. Ce débat est tout juste naissant pour l’instant ; il est pourtant essentiel pour l’avenir de la souveraineté européenne". La menace n’est pas uniquement pour les banquiers centraux estime le gouverneur, ce dernier expliquant qu’il y avait un risque de voir les banques commerciales en pâtir également. Ces dernières sont en effet impliquées dans la création monétaire et pour l’heure voient les plus grands émetteurs de stablecoins tokenisés être des "non-banques, assez peu régulées, comme Circle ou Tether".

Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas pessimiste pour le marché des stablecoins - près de 250 milliards de dollars actuellement, jugeant qu’il " pourrait atteindre plusieurs milliers de milliards dans les années à venir". François Villeroy de Galhau dresse également un parallèle certes "imparfait" de ses propres mots expliquant qu’il y a déjà eu une " précédente grande rupture technologique sur la monnaie [qui] avait été l’invention du billet de banque, remplaçant l’or et l’argent : c’était déjà une dématérialisation ".

 

Bénéfices mutuels

 

Les gains de la stratégie de l’Eurosystème de s’appuyer sur les nouvelles technologies numériques seront diffusés à l’ensemble de l’économie à en croire Agnès Bénassy-Quéré. Celle-ci expliquant qu’elle doit permettre de garantir " une pleine souveraineté monétaire, mais aussi favoriser l’intégration des marchés financiers européens et, ce faisant, de contribuer au financement de l’économie européenne". Numérisation de l’économie rimerait donc avec une croissance profitant à l’ensemble des acteurs. La sous-gouverneure rappelant qu’à la différence des choix américains il se développe pour l'heure des solutions européennes tant pour les paiements de détail que ceux de gros.

Le gouverneur n’a quant à lui pas fermé la porte aux initiatives privées expliquant que dans le cas où le "développement massif de stablecoins en dollars se confirme, l’Europe et ses banques ne pourront éviter la question d’un étage privé de la monnaie tokenisée". Qu’il s’agisse soit des stablecoins en euros, des "dépôts tokenisés", voire des deux. Il a affirmé que son propos "n’est pas de choisir, mais de souligner le risque potentiel si aucune de ces deux solutions n’est développée en Europe".

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