Macro-économie / Taux / OIB / Emmanuel Moulin / François Villeroy de Galhau
Macro-économie / Taux
OIB / Emmanuel Moulin / François Villeroy de Galhau
La santé financière des jeunes inquiète / Ils sont de plus en plus surendettés au fil des ans
Une première présentation du rapport annuel de l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) sous le signe de la vigilance pour Emmanuel Moulin. Président de droit de cette institution, le gouverneur de la Banque de France a tout d’abord tenu à saluer les actions menées sous la mandature de son prédécesseur François Villeroy de Galhau. Tant celles-ci auraient permis une amélioration de l’inclusion financière au fil des années.
Pour autant, de nombreux travaux restent à mener, puisque le président de l’OIB n’a pas caché ses sujets de préoccupation. Le premier d’entre eux est le surendettement, avec une hausse de près de 9,8 % des dépôts de dossiers par rapport à 2024, alors même qu’une progression de 10,8 % était déjà notée entre 2023 et 2024. La dynamique chez les jeunes en particulier est jugée « préoccupante ». Emmanuel Moulin souligne cependant que « le nombre total de personnes surendettées décroît depuis dix ans et que le niveau des dépôts demeure toujours inférieur à celui de 2015 (– 32 %) ».
Evolution
Autre inquiétude pour le gouverneur, les risques que font de plus en plus peser les paiements fractionnés ou les minicrédits sur les publics fragiles. Parmi lesquels on retrouve une fois encore les jeunes, il est espéré que « la nouvelle directive sur le crédit à la consommation, récemment transposée en France, et qui renforce leur encadrement et l’information des consommateurs » améliore la situation.
Le microcrédit est également dans l’œil du cyclone, ses vertus sont réelles sur certains plans – dont l’insertion professionnelle – cependant sa pérennité serait loin d’être assurée. Un regret potentiel alors qu’Emmanuel Moulin se félicitait de voir que quelque 105 944 projets ont été financés sur l’année par ce biais. Le paysage décrit par le rapport est celui d’un pays où quelque 4,8 millions de personnes sont identifiées par leur banque comme « étant en situation de fragilité financière en décembre (+ 107,8 % par rapport à 2015), et 1,2 million parmi elles ont souhaité souscrire l’offre clientèle fragile (OCF, + 389 %) ».
Contenir
La prise de conscience est louable, la progression du public fragile l’est bien moins. D’autant plus qu’on peut souligner des avancées telles que des frais bancaires qui « ont nettement baissé pour les clients détectés comme financièrement fragiles, en conséquence des engagements pris par les banques dans le cadre de l’OIB ». La baisse des frais annuels est de 23 % sur la période allant de 2019 à 2025, à rebours de la hausse de la fragilité financière.
Des mécanismes se sont également popularisés tels que les livrets d’épargne populaire, dont quelque 386 000 sont détenus par des clients financièrement fragiles (une progression de 12,5 % sur un an). L’épargne des plus modestes y trouve un coup de pouce bienvenu.
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