Macro-économie / Taux
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L’économie française épate son monde / L’investissement des entreprises a mangé du lion
L’économie française a fait son année. Même si elle stagnait au quatrième trimestre, l’objectif de croissance du gouvernement fixé à 0,7 % serait dépassé, l’acquis ayant atteint 0,8 % à l’issue de la période s’étalant entre juillet et septembre. Il faut dire que cet été, le Produit intérieur brut (PIB) de l’Hexagone a augmenté de 0,5 % comparativement au trimestre précédent, soit un rythme inédit depuis le quatrième trimestre 2023, montrent les données publiées par l’Insee. C’est 0,2 point de plus que ce à quoi s’attendaient l’institut statistique et la Banque de France.
C’est une performance en partie liée au commerce extérieur. Les exportations françaises ont bondi de 2,2 % sur le trimestre, tirées à la hausse par les matériels de transport (+ 8,9 %), en particulier dans l’aéronautique. Elles sont également à la fête dans l’industrie chimique et les produits pharmaceutiques.
La demande intérieure (hors stocks) a également fait sa part. Sa contribution à la croissance est au plus haut depuis un an (0,3 point). Ce sursaut ne fut toutefois pas le produit des dépenses de consommation des ménages. À l’image du trimestre précédent, elles ont crû de 0,1 %. Cela résulte d’évolutions contrastées : la consommation alimentaire, y compris le tabac, s’est nettement repliée (-1,0 %) en partie en raison d’un contrecoup après le dynamisme du trimestre précédent. À l’inverse, la consommation d’énergie a rebondi (+ 1,3 % après -2,4 %), portée par des températures plus fraîches que celles du printemps.
Dans le même temps, la consommation de services a ralenti (+ 0,2 % après + 0,5 %). Les ménages ont moins dépensé dans l’hébergement-restauration (-0,7 % après + 2,3 %) et les transports (-0,5 % après + 1,5 %). Seul le secteur de l’information-communication se distingue par une reprise marquée (+ 1,1 % après -0,2 %).
La vraie surprise est à chercher du côté de l’investissement des entreprises. La formation brute de capital fixe (FBCF) des entreprises non-financières a progressé de 0,9 %, un niveau jamais vu depuis le printemps 2023 (l’Insee attendait une contraction de 0,1 %). Une croissance qui a de quoi étonner étant donné le contexte hostile, marqué par la guerre commerciale et un haut degré d’incertitude politique au plan national, dans lequel évoluent les firmes. Les enquêtes de conjoncture n’envoyaient d’ailleurs pas de signaux rassurants.
Les deux composantes les plus allantes s’avèrent être le secteur des biens d’équipement et celui de l’information-communication. À respectivement 2,3 % (record depuis 3 ans) et 1,8 %, leur croissance explique plus de la moitié de la hausse de la FBCF enregistrée cet été. À signaler également, la belle performance du service aux entreprises dont les investissements ont augmenté de 1,5 %. "L’adoption rapide d’un budget qui préserve la confiance des entreprises et des ménages sera capitale pour maintenir cet élan", a réagi Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances.
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