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Point d’inflexion pour le marché automobile français / Les ménages s’emparent à leur tour du marché de l’électrique

Le marché automobile français poursuit son redressement avec un troisième mois consécutif de hausse, à +2,9 % en octobre. Un rebond qui doit presque tout à l’électrique, dont les ventes bondissent de 63 % sur un an, stimulées par les aides à l’achat et l’élargissement de l’offre des constructeurs tricolores.
Renault 4 Electrique 2025 (Photo by Arthur N. Orchard / Hans Lucas via AFP)
Renault 4 Electrique 2025 (Photo by Arthur N. Orchard / Hans Lucas via AFP)

Août avait envoyé un premier signal, que septembre n’avait pas démenti sans pour autant le confirmer totalement. En octobre, le marché automobile français montre plus nettement qu’il se passe quelque chose. Selon la Plateforme automobile (PFA), les immatriculations de voitures particulières ont progressé de 2,9 % sur un an, à 139 514 unités. Trois mois consécutifs de hausse qui traduisent un frémissement désormais tangible. Et derrière ce retour de vitalité, un phénomène s’impose : la montée en puissance de l’électrique.

Les ventes de véhicules électriques à batterie ont bondi de 63 % sur un an et représentent désormais 24 % du marché, un niveau record après les 22 % atteints en septembre. Une accélération qui, d’ailleurs, rapproche le marché français du seuil implicite d’environ 20 % de véhicules zéro émission, considéré comme nécessaire pour que les constructeurs puissent, dès 2025, respecter les nouvelles normes européennes de CO₂. Celles-ci, qui imposent une baisse d’environ 15 % des émissions moyennes par rapport à 2021, ont été assouplies début 2025 : la Commission européenne a décidé de lisser leur application sur la période 2025-2027, afin d’accorder un délai de rattrapage aux constructeurs en retard sans pénaliser les plus avancés.

 

Le rôle clé des incitations publiques

 

Le mouvement s’accélère, mais surtout il change de nature. Longtemps porté par les flottes, il s’appuie désormais sur les particuliers, dont les immatriculations ont littéralement explosé : +75 % sur un an, contre +66 % pour les entreprises.

"Les immatriculations d’électriques aux particuliers ont nettement accéléré et montré les premiers effets significatifs des nouvelles incitations à l’achat", observe Marie-Laure Nivot, responsable de l’analyse du marché automobile chez AAA Data. Entre le dispositif “Coup de pouce Véhicules Particuliers Électriques” lancé en juillet, la prime conditionnée à la production européenne entrée en vigueur le 1er octobre et le démarrage du leasing social fin septembre, les signaux incitatifs se sont accumulés. Les ventes aux particuliers, désormais majoritaires avec 51 % du marché, progressent de 6 %, tandis que les flottes reculent de 6 %.

Les constructeurs français profitent pleinement de cette accélération, dont ils sont eux-mêmes acteurs. En octobre, le groupe Renault a vu ses immatriculations progresser de 9,2 %, à 36 209 unités, porté par la marque Renault elle-même (+17 %), tandis que Citroën gagne 6,3 %, à 11 512 unités. Ces résultats traduisent les effets d’une stratégie recentrée sur l’électrique et une couverture plus complète.

 

Renault et Citroën récoltent les fruits de leur virage électrique

 

Chez Renault, la gamme s’est densifiée cette année avec la R5 E-Tech, déjà bien installée dans le paysage, la nouvelle Renault 4 au style néo-rétro, le Scenic et la Mégane E-Tech repositionnés, ainsi que les Austral et Espace restylés dans leur version hybride. Ces lancements, bientôt complétés par la future Twingo électrique, offrent au constructeur une couverture quasi intégrale des principaux segments, de la citadine au SUV familial.

Citroën, de son côté, a renforcé sa présence sur le 100 % électrique avec la ë-C3, le ë-C3 Aircross, la ë-C4 et le ë-Berlingo, constituant une offre cohérente allant de la compacte urbaine au modèle familial.

Malgré une embellie désormais bien établie, le rebond d’automne ne suffira sans doute pas à effacer les mois difficiles du premier semestre. La trajectoire n’en paraît pas moins mieux orientée. "Les perspectives pour les prochains mois deviennent plus favorables puisque le CCFA observe une hausse de 17 % des commandes de voitures neuves en septembre. L’offre de modèles électriques correspond de mieux en mieux à la demande", souligne Marie-Laure Nivot.

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