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Macro-économie / Taux / nucléaire / France / souveraineté

Macro-économie / Taux
nucléaire / France / souveraineté

Une exposition énergétique de l’Hexagone toujours largement fossile / Tant les ménages que les entreprises sont concernés

Une modélisation visant à prendre à compte l’énergie « grise » qui pas n’est rassurante quant à la décarbonation de l’économie tricolore entre 1995 et 2022.  En tenant compte de l’énergie embarquée dans les importations de biens et services, le think tank The Shift Project statue que tant le fonctionnement de nos entreprises que nos modes de vie dépendent à plus de 70 % des énergies fossiles. Une proportion alarmante au vu des conséquences pour la souveraineté tricolore.
GERMANY, BADEN-WURTTEMBERG, PHILIPPSBURG, NUCLEAR POWER PLANT (KERNKRAFTWERK PHILIPPSBURG) ON THE RHINE AND TOWBOAT WITH BARGE
GERMANY, BADEN-WURTTEMBERG, PHILIPPSBURG, NUCLEAR POWER PLANT (KERNKRAFTWERK PHILIPPSBURG) ON THE RHINE AND TOWBOAT WITH BARGE

Moins d’un quart des besoins énergétiques de la France est aujourd’hui produit sur le sol national. Une proportion qui inquiète au plus haut point The Shift Project, le think tank exposant que les besoins énergétiques sont effectivement importés directement - à hauteur de 54 % - ou indirectement - 27 % - via les importations de biens et services. Rien qu’au titre de l’année 2022, cela correspondait pour les importations directes à pas moins de 150 milliards d’euros.

Le volet indirect inquiète également étant donné qu’il représente via cette énergie dite "grise" plus que davantage que l’énergie produite sur le sol national chaque année. Les trois sources d’énergie importées dont dépendent les ménages et les entreprises sont le pétrole, le gaz et le charbon et font qu’en l’absence de changement – notamment via un verdissement du gaz – que l’économie tricolore comptait encore il y a 3 ans pas moins de 70 % d’énergies fossiles dans sa consommation.



Deux têtes

 

La menace est donc double à en croire le Think Thank. D’une part les fournisseurs de l’Hexagone sont actuellement 9 des 10 plus conséquents en ce qui concerne le pétrole et 7 des 10 principaux pour le gaz naturel à être situé en dehors des frontières européennes. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes en cas de résurgence ou de hausse des tensions géopolitiques. Apprendre à se passer des importations russes a été possible mais cette opération pourrait être plus compliquée dès lors qu’il faudrait la répéter avec un autre pays et sera loin d’être indolore en termes de prix.

Il se pourrait également que naturellement ces exportateurs ne soient plus en mesure de répondre à la demande comme ils le font aujourd’hui. Les données du Shift Project exposant que ce sont "7 des 10 principaux fournisseurs de pétrole et 4 des 10 principaux fournisseurs de gaz naturel de la France [qui] risquent de voir leur production fortement décliner d’ici à 2050 - notamment en mer du Nord et sur le continent Africain".

 

Rapatrier

 

Une des solutions dessinées est celle d’une décarbonation conjuguée la réindustrialisation européenne. Il semble en effet que près de 80 % de l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’économie française est actuellement consommée sur le Vieux continent et uniquement 20 % est donc en lien avec les importations extra-européennes de biens et de services. Dès lors que la production européenne progresse et se décarbone, inévitablement la part du fossile va diminuer. On peut notamment penser au verdissement des consommations de gaz qui est possible dans les années à venir.

Il n’en demeure pas moins qu’il faudra des investissements non négligeables, notamment dans les réseaux afin de supporter l’essor de l’électrification qui y sera associée. Tout en veillant à soutenir l’ensemble des filières renouvelables et nucléaires pour diminuer les risques propres à chacune. Il reste à savoir quelle dynamique empruntera la consommation. Si elle augmente fortement, cet objectif de souveraineté restera probablement un vœu pieux.

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