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Iliad / Free / Thomas Reynaud

Iliad continue de se distinguer en Europe / La dynamique transalpine porte le groupe

La locomotive italienne continue de transformer le profil d’Iliad. Les recrutements y restent spectaculaires et l’effet d’échelle se matérialise dans les marges, tandis que la France et la Pologne maintiennent un rythme robuste. Résultat : un trimestre où la génération de cash bondit encore nettement.
Thomas Reynaud, le directeur général d'Iliad (Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Thomas Reynaud, le directeur général d'Iliad (Photo by Eric PIERMONT / AFP)

Iliad aborde la dernière ligne droite de 2025 toujours pied au plancher. Le groupe télécom confirme, trimestre après trimestre, un rythme de croissance qui détonne dans un paysage européen pourtant marqué par la maturité des marchés, les arbitrages tarifaires et l’intensité concurrentielle. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 2,61 milliards d’euros, en hausse de 2,1 %, tandis que les revenus de services progressent de 1,9 %. Une dynamique solide, qui prolonge l’élan des neuf premiers mois et continue de faire d’Iliad l’opérateur à la croissance la plus rapide parmi les grands acteurs européens.

La performance française illustre ce mélange de robustesse commerciale et de discipline économique. Dans un marché qui continue de se jouer à l’euro près, Free parvient à accélérer nettement sur le mobile : les recrutements progressent de 200 000 abonnés sur le forfait Free 4G/5G, la base mobile totale atteignant 15,7 millions d’abonnés forfaitaires. Le fixe confirme son redressement avec une amélioration de la croissance sur le très haut débit, notamment 100 000 abonnés fibre supplémentaires ce trimestre, portant le total à 6,5 millions, soit un taux d’adoption de 86 %. L’équilibre entre valeur et volumes reste au cœur de la stratégie, appuyé par une politique d’innovation constante et un positionnement prix qui demeure singulier. L’accès gratuit à un VPN grand public pour les abonnés mobiles ou le lancement de Free TV témoignent de cette volonté de densifier les usages plutôt que d’alourdir les factures. Malgré cette offensive sur les services, l’EBITDAaL français reste stable, signe d’un levier opérationnel qui continue de jouer à plein.

 

L’élan européen gagne encore en intensité

 

La Pologne poursuit elle aussi sur un tempo élevé, confirmant la trajectoire engagée depuis l’entrée d’Iliad sur le marché en 2020 lors du rachat de Play, premier opérateur mobile du pays. L’exécution reste remarquable. Play conserve sa première place en portabilité mobile pour le onzième trimestre consécutif et signe son meilleur trimestre de l’année en recrutements nets de forfaits. La stratégie more for more continue d’alimenter la hausse des revenus : les facturations mobiles progressent de 7 % en monnaie locale depuis janvier. Le fixe accélère simultanément dans un paysage encore très promotionnel, et l’EBITDAaL polonais s’apprécie de plus de 10 % sur neuf mois, confirmant la solidité du modèle.

L’Italie demeure toutefois le moteur le plus spectaculaire du groupe. Iliad Italia décroche pour le trentième trimestre consécutif la première place en recrutements mobiles, avec 209 000 abonnés supplémentaires sur le trimestre et 714 000 depuis le début de l’année. Une performance notable dans un environnement où les concurrents ont durci leurs offres et multiplié les promotions. En parallèle, le fixe monte nettement en puissance. L’opérateur recrute 32 000 nouveaux abonnés fibre, portant le total sur neuf mois à 104 000, et conserve sa position de leader des recrutements FTTH. L’élargissement de cette base fixe est stratégique, car il améliore le mix et renforce la convergence sur un marché historiquement dominé par les acteurs historiques.

Le marché transalpin pèse désormais beaucoup plus lourd dans l’équation économique du groupe. Les revenus de services y progressent de 10,2 % ce trimestre, un rythme qui alimente mécaniquement l’amélioration de la rentabilité. L’EBITDAaL italien, l’indicateur clef de performance opérationnelle dans les télécoms, grimpe de près de 27 % depuis janvier pour atteindre 295 millions d’euros, porté par un effet d’échelle qui s’amplifie et par une maîtrise étroite des coûts d’acquisition, faisant du pays un contributeur central à la trajectoire du groupe.

 

Les synergies du modèle se voient dans les chiffres

 

Cette combinaison de croissance commerciale, d’expansion des revenus et d’amélioration opérationnelle se reflète nettement dans les comptes consolidés. Sur les neuf premiers mois de l’exercice, l’EBITDAaL du groupe progresse de 5,6 % pour atteindre 3,05 milliards d’euros, et la marge gagne près d’un point pour ressortir à 39,7 %. La montée en puissance de l’Italie et la solidité de la Pologne compensent la stabilité française, tandis que les investissements (hors fréquences) reculent de 12,6 % sur un an. Le groupe continue ainsi d’étendre la couverture 4G/5G, de migrer ses abonnés fixe vers la fibre et de renforcer son dispositif B2B, tout en préservant une génération de cash en forte hausse.

Car la performance la plus spectaculaire reste celle du Free Cash-Flow opérationnel. En progression de 25 % depuis janvier, il atteint 1,75 milliard d’euros, porté par une contribution positive des trois géographies et une amélioration sensible du profil italien, où l’OFCF mobile, le cash-flow opérationnel dégagé après investissements, progresse de 56 %. Une trajectoire assez solide pour permettre au groupe de viser plus haut que son engagement initial. "Grâce à la performance de l’ensemble de nos géographies, nous sommes en bonne voie de dépasser notre objectif de 2 milliards d’euros de Operating Free Cash-Flow cette année ", souligne Thomas Reynaud, le directeur général.

 

Le groupe capitalise sur sa montée en cash-flow

 

Avec un levier d’endettement ramené à 2,3 fois l’EBITDAaL et une génération de trésorerie qui surperforme les engagements, Iliad aborde le dernier trimestre avec une latitude stratégique renforcée. Le groupe a par ailleurs été très actif dans la gestion de son passif, entre l’émission obligataire de 600 millions d’euros sursouscrite en septembre, l’extension des facilités de crédit de Play jusqu’en 2030 et le refinancement de 200 millions d’euros de Schuldschein. Cette trajectoire a été saluée par les trois agences de notation, qui ont relevé leur perspective de notation à positive. Selon Fitch, l’amélioration du free cash-flow et la rapidité du désendettement pourraient amener Iliad vers un profil de crédit proche du BB+ d’ici 2026–2028, l’Italie jouant un rôle clé dans cette montée en puissance.

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