WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Iliad / SFR

Entreprises / Actions
Iliad / SFR

Avant SFR, Iliad rallie les marchés du crédit / Une note Moody's relevée et 10 milliards mobilisés

Le marché du crédit valide le dossier. Après avoir bouclé le financement de sa participation au rachat de SFR, Iliad a refinancé plusieurs lignes bancaires et obtenu un relèvement de sa notation par Moody's, confortant sa capacité à absorber la plus importante opération de son histoire.
(Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
(Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Trente et une banques internationales mobilisées, près de 10 milliards d'euros d'engagements sécurisés en l'espace de quelques jours : à l'approche du rachat de SFR, le groupe fondé par Xavier Niel verrouille méthodiquement son financement. Après avoir bouclé un package de 6,5 milliards d'euros dédié à l'opération, sursouscrit près de six fois, Iliad a annoncé vendredi le refinancement de deux de ses principales lignes bancaires pour 3,5 milliards d'euros supplémentaires.

« La réalisation, en l'espace de quelques jours, d'opérations totalisant près de 10 milliards d'euros d'engagements bancaires constitue une marque de confiance exceptionnelle de nos partenaires financiers », fait valoir Thomas Kienzi, directeur financier du groupe. L'enjeu ne tient pas seulement au volume. En portant sa facilité de crédit renouvelable de 2 à 3 milliards d'euros et en repoussant son échéance de 2029 à 2031, assortie de deux options d'extension d'un an, Iliad allonge la maturité moyenne de sa dette et s'épargne tout refinancement majeur à court terme, alors même que l'acquisition de SFR s'apprête à alourdir son bilan. Le groupe a parallèlement refinancé à hauteur de 500 millions d'euros, jusqu'en 2031, un prêt à terme d'un milliard d'euros qui arrivait à échéance dès 2027, choisissant de rembourser par anticipation le solde.

 

Le sceau de Moody's

 

Une discipline qui a trouvé un écho immédiat chez Moody's. L'agence a relevé le même jour la note de la maison mère, faisant passer le Corporate Family Rating d'Iliad Holding de Ba3 à Ba2, tandis que les obligations émises par Iliad SA gagnaient un cran, de Ba2 à Ba1. « Le relèvement à Ba2 reflète la croissance organique forte et soutenue d'Iliad ainsi que l'amélioration de sa génération de trésorerie, qui alimentent un désendettement substantiel et de meilleurs ratios de crédit », explique Ernesto Bisagno, analyste principal du dossier. Avant même SFR, le ratio dette nette sur EBITDA ajusté du périmètre consolidé s'était amélioré à 4,3 fois fin 2025.

En sécurisant son financement et en décrochant une amélioration de sa notation quelques jours seulement après avoir dévoilé les contours du rachat de SFR, Iliad assoit la crédibilité financière d'une opération appelée à transformer durablement sa position sur le marché français. Aux côtés de Bouygues Telecom et d'Orange, le groupe doit absorber environ 31 % d'une opération valorisant SFR 20,35 milliards d'euros, soit une facture de 6,2 milliards. À la clé, plus de 8 millions d'abonnés supplémentaires, l'intégralité de la base RED, 50 MHz de spectre additionnel et un parc français porté à près de 31 millions de clients.

« L'acquisition de SFR renforcera aussi sensiblement la taille d'Iliad et générera des synergies significatives, atténuant la hausse attendue de l'endettement et les coûts d'intégration », souligne Moody’s. Le groupe table sur plus de 500 millions d'euros de synergies annuelles récurrentes dans les cinq ans suivant la finalisation, pour un coût d'intégration estimé à 1,4 milliard.

Certes, Iliad ne captera pas la plus grande part des synergies annoncées. Sur les 2 milliards d'euros de gains opérationnels et d'investissements attendus à terme, 50 % doivent revenir à Bouygues Telecom, contre 25 % à Iliad et 25 % à Orange. Il n'est toutefois pas impossible de penser que ce soit Free qui sorte le mieux loti du partage des actifs de SFR.

 

Des actifs taillés pour Free

 

Avec 42 % de la valorisation contre 31 % pour le groupe de Xavier Niel et 27 % pour Orange, Bouygues Telecom récupère la plus grande part des actifs de SFR, notamment l'activité entreprises, cohérente avec ses ambitions dans le B2B. Iliad, lui, met principalement la main sur des bases d'abonnés grand public, la marque RED et du spectre supplémentaire, soit des actifs directement alignés avec le modèle qui a fait le succès de Free depuis son entrée sur le marché mobile.

La comparaison ne se résume pas à un simple calcul de synergies ou de valorisation. Là où Bouygues récupère le périmètre le plus transformant, Free hérite probablement du plus homogène. Cette lecture reste difficile à quantifier à ce stade, mais elle alimente l'idée que la clé de répartition financière de l'opération ne reflète pas nécessairement toute la valeur stratégique des actifs repris par chacun.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article