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Interparfums laisse les marchés sur leur faim / Un triptyque défavorable l'empêche d’établir des prévisions d’activité pour 2026
Une séance chahutée pour Interparfums ce mercredi à la Bourse de Paris. Le parfumeur, qui exploite les licences de Jimmy Choo, Lacoste, Montblanc ou Lanvin, a figuré parmi les lanternes rouges du SBF 120 tout au long de la journée et recule encore de plus de 9 % en fin d’après-midi, à environ 24 euros. En cause : des perspectives qui n’ont pas apporté de gages d’assurance aux investisseurs, avec un atterrissage de l’activité en 2025 prévu dans le bas de la fourchette envisagée et une absence de prévision pour l’exercice à suivre.
"Après plusieurs années de très forte croissance et un chiffre d’affaires pratiquement doublé en 4 ans, l’année 2025 voit sa croissance ralentir, alors que nos marques démontrent toujours leur forte attractivité et consolident leurs positions année après année", a expliqué le président-directeur général du groupe, Philippe Benacin. De fait, explique l’entreprise, bien que le marché de la parfumerie ait rencontré une légère croissance cette année, la consommation mondiale a ralenti.
Sous les attentes
Dans ce contexte, Interparfums prévoit désormais de générer 890 millions d’euros de revenus à devises courantes, et 900 millions d’euros à taux de change constants. Une anticipation qui ne s’éloigne pas drastiquement des dernières prévisions du groupe (qui étaient d’environ 900 millions), lui qui avait auparavant déjà révisé à la baisse ses objectifs en matière d’activité pour l’année. Néanmoins, elle se situe à plus d’1 % sous les attentes du consensus des analystes, tandis que cette cible induit aussi un chiffre d’affaires, au quatrième trimestre, qui reculerait de 5,3 %, d’après les calculs du cabinet Oddo BHF.
Il faut dire que le groupe pâtit de certains aléas extérieurs, comme l’appréciation de l’euro par rapport au dollar américain, alors qu’il a réalisé l’an passé la moitié de ses revenus en devise états-unienne. Cette évolution pourrait d’ailleurs représenter un impact négatif d’une vingtaine de millions d’euros pour le groupe en 2026 (comme en 2025).
Alors que l’environnement économique et géopolitique devrait rester dégradé et que la fin du contrat de licence Boucheron (groupe Kering) à la fin du mois de décembre produira aussi un effet de comparaison défavorable - soit un impact négatif sur les ventes de l’ordre d’environ 12 millions d’euros - Interparfums se garde donc de se projeter, en matière d’activité, pour l’année prochaine. "La multiplicité des paramètres, favorables et défavorables, nous empêche, pour le moment, d’établir des prévisions de ventes pour 2026", a détaillé le directeur général délégué, Philippe Santi. "Pour autant, le modèle économique de la société nous permettra de maintenir des niveaux de profitabilité élevée", a-t-il ajouté, sans donner davantage de détails.
Du mieux pour 2027
Les temps à venir pourraient aussi s’avérer meilleurs. Tout d’abord, les parfums Jimmy Choo et Coach poursuivent leur développement régulier année après année, se félicite le groupe, tandis que les fragrances Lacoste confirment leur potentiel avec une croissance supérieure à 20 % en 2025. Dans l’attente d’une nouvelle franchise masculine prévue en 2027, les parfums Montblanc consolident aussi leur activité. De même, les douze derniers mois ont été marqués par un renforcement ciblé du portefeuille de marques, ce qui permettra de redonner de l’allant à la croissance à compter de 2027 : l’acquisition des marques Off-White et Annick Goutal (sur la parfumerie) ainsi que la signature d’un contrat de licence avec la Maison Longchamp.
Si l’année 2025 fut celle de la consolidation du portefeuille, l’année 2026 devrait davantage en être une de transition. Elle sera axée sur de nouvelles extensions de lignes sur les marques actuelles, par la préparation des premiers lancements sur Off-White et Longchamp, en vue d’une mise sur le marché pour 2027. "Notre société se porte très bien et nous sommes déjà tournés vers une année 2027 très dynamique avec plusieurs lancements majeurs. […] Nous sommes donc plus confiants que jamais sur les prochains exercices", a assuré Philippe Benacin.
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