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Fnac Darty / ceconomy / JD.com

Fnac Darty : Bercy a posé des conditions à JD.com pour s’installer indirectement à son capital / Acceptées, elles permettront à cette opération de ne pas avoir d’impact selon Roland Lescure

Le géant chinois du commerce en ligne, qui est en passe de mettre la main sur le deuxième actionnaire de l’enseigne, a accepté les conditions posées par Bercy pour s’installer à son capital. Alors que le dossier est surveillé de près côté français, au regard de la dimension culturelle de l’activité du groupe, JD. com devrait, d’après Roland Lescure, rester un actionnaire dormant, sans impact sur la gestion ou la gouvernance de l’entreprise.
 (Photo by Daniel Dorko / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Daniel Dorko / Hans Lucas via AFP)

Si Bercy est en croisade contre plusieurs plateformes chinoises de commerce en ligne, le dialogue mené avec Jingdong (ou JD. com) semble avoir été plus constructif. Le géant chinois de l’e-commerce, qui est en train de mener le rachat de Ceconomy pour 2,2 milliards d’euros, a entendu les exigences de Bercy pour devenir le 2ème actionnaire de Fnac Darty de manière indirecte, a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure, sur France Inter, ce mercredi. Le groupe allemand détient en effet 21,9 % du capital de l’enseigne, derrière Daniel Kretinsky, qui en possède 28,2 % au travers de son véhicule Vesa Equity Investment.

"Fnac n’est pas un commerçant comme un autre, ce sont des biens culturels", a ainsi souligné le ministre, indiquant que les échanges avec le groupe chinois avaient permis deux choses : de le sensibiliser au caractère culturel du commerce en question, et de poser certaines conditions sur cette opération. "Ils les ont acceptées", a assuré Roland Lescure. "Ils vont rester un actionnaire dormant, à 20 % et quelque, sans aucun droit de gouvernance ni aucun impact sur la gestion de l’entreprise. Fnac demain sera la même chose que Fnac hier, on passe d’un actionnaire allemand à chinois qui n’aura aucun impact", a-t-il expliqué.

 

Pas de présence au board

 

"Ceconomy n’est pas représenté au conseil d’administration et n’aura pas d’influence directe ou indirecte dans la gouvernance de notre groupe, qui pourra ainsi continuer à déployer sa feuille de route stratégique", a ajouté le directeur général de Fnac Darty, Enrique Martinez, dans une réaction transmise à l’AFP. Fnac Darty a lancé, pour mémoire, une nouvelle feuille de route à l’horizon 2030 au mois de juin, Beyond Everyday, lui ayant permis d’actualiser ses objectifs tout en y incluant désormais le rachat de l’Italien Unieuro – mené avec le soutien de son premier actionnaire.

Au mois de septembre, la probable perspective de voir le groupe chinois s’installer de manière indirecte, mais significative, au capital de l’entreprise française avait en effet suscité les inquiétudes de Bercy, au regard de plusieurs motifs - notamment celui d’une influence sur sa stratégie ou de l’assurance de la protection des données de ses clients. Il avait donc été demandé par la suite à JD. com de déposer une demande d’examen au titre du contrôle des investissements étrangers en France (IFE), requête à laquelle l’entreprise a finalement répondu. Une procédure qui vise à préserver les intérêts économiques de l’Hexagone dans certains secteurs sensibles, ce qui n’aurait finalement pas pu recouper le cas de cette opération dans son cadre. En revanche, des conditions ont donc été mises sur la table.

"Ils l’ont bien compris. Autant, il y a des plateformes avec lesquelles nous avons des débats conflictuels. Là, je reconnais qu’on est capables d’attirer des investisseurs qui comprennent ce qu’est la France. La France est ouverte à ceux qui jouent le jeu, on n’est pas un pays qui est en train de se refermer, mais ce n’est pas à n’importe quel prix. Nous avons nos conditions, ils les respectent, donc on garde la porte ouverte", a détaillé Roland Lescure. La participation totale de JD. com dans Ceconomy (propriétaire des marques Mediamarkt ou Saturn) s’élève pour l’heure à 70,9 %, tandis qu’une période d’acceptation supplémentaire de l’offre de rachat court jusqu’au 27 novembre prochain.

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