Publications, Résultats / Fnac Darty / Enrique Martinez / unieuro / résultats annuels / Daniel Kretinsky
Publications, Résultats
Fnac Darty / Enrique Martinez / unieuro / résultats annuels / Daniel Kretinsky
Désormais plus grand et plus européen, Fnac Darty se tient prêt / Et présentera un nouveau plan stratégique en juin
Dans un secteur du retail en convalescence, faire grimper ses résultats nécessite de faire preuve d’habileté. Si le chiffre d’affaires de Fnac Darty est resté plus ou moins stable en 2024, en légère progression d'environ 1 %, à 7,9 milliards d’euros, sa marge brute s’est quant à elle hissée à 30,6 % (contre 30,2 % en 2023), tandis que son résultat opérationnel courant s’est apprécié de 6 % sur un an, à 182 millions d’euros. "Nous avons créé les conditions de notre croissance, au sein d’un marché qui reste fragile et en légère décroissance pour la troisième année consécutive. L’amélioration de notre résultat opérationnel est bien supérieure à celle de nos revenus. L’année 2024 est restée marquée par les effets de l’inflation. Si nous sentons qu’ils sont en train de se diluer, les atténuer dans nos comptes a demandé de l’énergie", explique Enrique Martinez, le directeur général du groupe, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Le résultat d’initiatives prises pour contraindre les postes de dépenses, notamment en réduisant la consommation d’énergie, tandis que l’amélioration du mix de produits, grâce à l’essor des services, aura permis de faire grimper la marge brute. Ces derniers y ont participé à hauteur de 50 points de base. D’autant que certains d’entre eux offrent une double contribution aux objectifs du groupe, inscrits dans son plan stratégique "Everyday", qui touchera à son terme en 2025, comme les services de réparation. Plus de 2,6 millions de produits ont été reconditionnés l’année dernière, permettant à Fnac Darty de mettre l’accent sur la durabilité comme promis dans le cadre de cette feuille de route, tout en faisant grimper ses résultats. "C’est un modèle économique qui nous convient et qui permet aussi de réduire l’empreinte carbone du consommateur", observe Enrique Martinez.
Un terreau plus fertile
Les ventes en magasins sont de leur côté restées dynamiques, avec des passages en caisse en augmentation de 1,5 % d’une année sur l’autre. Comme prévu, le groupe a continué de creuser son sillon dans l’omnicanalité : l’engagement des clients au travers de différents canaux, digitaux et physiques, a progressé de 1,7 point. Cette stratégie incarne 52 % des ventes en ligne du groupe. Ces dernières, qui représentent désormais 22 % de ses ventes, ont de leur côté renoué avec la croissance, en s’affichant en progression de 2,2 % sur un an.
Ce qui permet à Fnac Darty de s’estimer optimiste pour la suite, prédit son dirigeant : "La consommation devrait reprendre. Et avec l’inflation qui reflue, le terrain de jeu apparaît plus favorable". D’autant que la structure financière du groupe est flexible. Le cash-flow libre opérationnel, à 195 millions d’euros, a été amélioré de 15 millions d’euros. Depuis 2021, les 515 millions d’euros de cash-flow réalisés dépassent ainsi l’objectif de 500 millions d’euros qui avait été fixé dans le cadre de "Everyday". Son endettement brut s’élève à 838 millions d’euros et après prise en compte de la trésorerie disponible (de 1,1 milliard d’euros), le groupe a terminé l’exercice 2024 avec une position de trésorerie nette de 224 millions d’euros.
Pour 2025, Fnac Darty prévoit que la croissance de son résultat opérationnel courant sera comprise dans une fourchette "mid to high single digit" (soit de 5 % à 9 %), hors activités de billetterie, et hors acquisition d’Unieuro. Car le grand évènement de l’année chez Fnac Darty aura sans nul doute été celui-ci. Pour mémoire, avec l’appui de son premier actionnaire Daniel Kretinsky (sa société Vesa Equity Investment est son actionnaire de référence, en détenant 28,28 % du capital), le distributeur a activement mené une offre publique d’achat (OPA) sur l’homologue italien de Darty. "Nous avons pu profiter de conditions de marché opportunes. Nous avons exécuté cette OPA comme nous le souhaitions avec le soutien de notre actionnaire Daniel Kretinsky, en utilisant peu de cash et beaucoup d’equity, ce qui élargit nos possibilités de financement pour la suite. La maturité de nos émissions obligataires est longue, nous sommes prêts si nous identifions de nouvelles opportunités", détaille Enrique Martinez.
Des avantages à plusieurs facettes
Car le dirigeant l’assure : cette acquisition va permettre à Fnac Darty d’aller plus vite et plus loin à plusieurs égards. Tout d’abord, le poids de la France était encore très important dans l’activité du groupe, à qui il manquait encore quelques leviers internationaux. "Cela va nous apporter 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires et notre distribution sera mieux équilibrée. L’économie italienne se porte bien et Unieuro devrait se tourner de plus en plus vers les services", souligne Enrique Martinez. Ensuite, l’effet de taille apporte là aussi ses avantages. D’une part, il permettra d’attirer de plus grands fabricants et de mieux négocier avec eux - un aspect compris dans les 20 millions d’euros de synergies estimées -. D’autre part, un grand ensemble est aussi toujours plus utile lorsque l’on est à la recherche de potentielles cibles. "Nous anticipons un phénomène de consolidation", juge Enrique Martinez.
En attendant, et alors que l’intégration d’Unieuro est désormais effective, le groupe présentera au mois de juin un nouveau plan stratégique, qui inclura sa nouvelle recrue dans la mise à jour de ses objectifs de moyen terme. "Le plan est en cours de construction, et nous allons approfondir les axes de croissance que nous avons engagés dans le cadre de "Everyday", notamment autour des services", prévoit Enrique Martinez.
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