Dirigeants, gouvernance / SBF120 / Conseil d'administration / Administrateur
Dirigeants, gouvernance
SBF120 / Conseil d'administration / Administrateur
Conseils d’administration : 2025, l’année du grand renouvellement / La succession du président, un sujet tabou ?
L’année 2025 aura marqué un tournant pour les conseils d’administration des entreprises du SBF 120. Selon la nouvelle édition du Board Index France publiée par Spencer Stuart, les trois quarts des conseils ont connu un renouvellement significatif, avec en moyenne 2,4 nouveaux administrateurs nommés dans l’année. Ainsi, la composition des instances dirigeantes évolue significativement : 43 % des administrateurs siégeant depuis moins de quatre ans.
Au total, 168 nouveaux administrateurs non exécutifs ont été nommés en 2025. Parmi eux, 68 % sont indépendants et 61 % sont des femmes, ce qui porte la féminisation des conseils à 47 %, même si les femmes ne représentent encore que 13 % des présidences. Par ailleurs, 32 % de ces nouveaux administrateurs ne sont pas français. Un autre élément significatif est que 42 % d’entre eux effectuent leur premier mandat dans une société cotée ; cette proportion dépasse d’ailleurs la moitié dans le Mid60, "qui devient un véritable point d’entrée vers les conseils des entreprises cotées ", relève le cabinet de recrutement. À noter également que 60 % de ces primo-entrants disposent déjà d’une expérience de gouvernance dans des entreprises non cotées.
Par ailleurs, les profils des nouveaux administrateurs montrent aussi une évolution intéressante. Près de 60 % possèdent une expérience significative de direction opérationnelle, dont 30 % sont d’anciens présidents-directeurs généraux, parmi lesquels 15 % ont dirigé une société cotée. On observe également une progression des profils issus des ressources humaines, " reflet de l’importance croissante des enjeux de talents, de culture et d’organisation dans les transformations des entreprises ", analyse Spencer Stuart. En outre, 61 % des primo-entrants non exécutifs sont encore en activité, avec une moyenne d’âge de 54 ans.
Autre enseignement : le Board Index souligne également la montée en puissance de la planification des successions. Celle des directeurs généraux, systématiquement abordée par les comités des nominations, est désormais explicitement présentée dans les Documents d’Enregistrement Universel de près de la moitié des sociétés du SBF 120. En revanche, la succession des présidents reste nettement moins documentée : seuls 33 % des groupes du CAC 40 la formalisent, et les taux chutent à 10 % dans le Next20 et 17 % dans le Mid60. "Cette situation est néanmoins amenée à évoluer, la nomination d’un nouveau président incitant généralement les conseils à structurer davantage leur approche" assure Spencer Stuart, pour qui cette montée en puissance de la planification traduit la volonté des conseils de sécuriser la continuité stratégique, de préparer les talents internes et d’attirer les meilleurs profils externes.
Enfin, le mouvement de dissociation des fonctions de président et de directeur général s’est poursuivi entre juin 2024 et juin 2025. Parmi les dix successions observées, trois ont conduit à une dissociation des rôles (Eramet, Teleperformance et Vinci), compensées par trois réunifications (Atos, GTT et Viridien, ces deux dernières de manière transitoire avant la nomination d’un nouveau directeur général). Quatre ont maintenu le modèle de gouvernance en place : Crédit Agricole, Forvia et Schneider Electric conservent une gouvernance dissociée, tandis qu’ADP reste unifié. À noter enfin quatre autres dissociations sont d’ores et déjà annoncées pour 2025-2026 : Alten, Ipsos, Kering et Sodexo.
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