Macro-économie / Taux / charbon
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Le charbon va rendre les armes peu à peu / Les autres sources d’énergies vont grignoter progressivement sa part de marché
L’électrification des usages ne profiterait pas au charbon. Loin de là, à en croire l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Celle-ci explique dans sa publication annuelle dédiée à cette source d’énergie que la demande mondiale de charbon devrait légèrement baisser d’ici la fin de la décennie. Elle met en avant le développement prochain des autres sources d’énergie, qu’il s’agisse des énergies renouvelables, du gaz naturel ou encore du nucléaire.
Keisuke Sadamori, directeur des marchés énergétiques et de la sécurité à l’AIE, est revenu sur les prévisions de son institution expliquant que "malgré des tendances inhabituelles sur plusieurs marchés clés du charbon en 2025, nos prévisions pour les années à venir n’ont pas beaucoup changé par rapport à celles de l’année dernière : nous prévoyons que la demande mondiale de charbon se stabilisera avant de diminuer légèrement d’ici 2030". Il n’en élude pas pour autant de nombreuses incertitudes pesant sur les perspectives du charbon et évoque notamment la Chine, "où les développements – de la croissance économique aux choix politiques en passant par la dynamique du marché de l’énergie et les conditions météorologiques – continueront d’avoir une influence considérable sur la situation mondiale".
Perturbation
Toute modification de la croissance de la demande d’électricité ainsi que le rythme auquel l’intégration des énergies renouvelables à l’échelle mondiale se produit sont ainsi à même d’avoir un impact sur la trajectoire du charbon. Dans certains pays, la fin du charbon a quelque peu ralenti récemment, notamment aux États-Unis, où "la hausse des prix du gaz naturel et les mesures politiques ont ralenti la fermeture des centrales à charbon et ont entraîné une augmentation de la consommation de charbon, qui était en baisse depuis 15 ans". De ce côté-ci de l’Atlantique, il s’avère que la demande de charbon a quitté son rythme de baisse à deux chiffres pour ne diminuer que légèrement cette année.
L’attention particulière portée à la Chine par Keisuke Sadamori s’explique avant tout par le fait qu’elle pèse aujourd’hui pour plus de la moitié de la consommation mondiale de charbon. La forte hausse du déploiement des énergies renouvelables dans l’Empire du Milieu est en lien avec un gouvernement présentant un objectif d’atteindre un pic de consommation nationale de charbon d’ici 2030. Une optique qui explique que "la demande mondiale de charbon devrait augmenter de 0,5 % en 2025, pour atteindre un niveau record de 8,85 milliards de tonnes" au vu de la situation en Chine, où "la consommation de charbon est restée globalement inchangée par rapport à son niveau de 2024".
Mauvais élève
Au rang des pays qui devraient empêcher la consommation de charbon de se replier davantage d’ici la fin de la décennie, on retrouve l’Inde dont "la demande devrait augmenter de 3 % par an en moyenne, ce qui entraînera une augmentation globale de plus de 200 millions de tonnes". L’Asie du Sud-Est n’est pas en reste avec un chiffre annuel de près de 4 %. La Chine a été dans ce rôle ces dernières années avant de commencer à légèrement réduire ses importations, principalement en raison d’une offre excédentaire et d’une demande atone, une tendance qui devrait perdurer.
À défaut de consommer drastiquement moins, cela devrait entraîner une réduction du commerce mondial du charbon. L’Inde semble faire exception à la baisse annoncée de la production des géants du charbon, le gouvernement cherchant ouvertement à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations.
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