WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / BCE / Christine Lagarde / Zone euro

Macro-économie / Taux
BCE / Christine Lagarde / Zone euro

BCE : on ne change pas une équipe qui gagne / Les projections d’inflation à horizon 2028 plaident pour le statu quo

Pour sa quatrième réunion consécutive de politique monétaire, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a pris le parti de ne pas amender le niveau des taux d’intérêt directeurs. Un choix qui s’appuie notamment sur la trajectoire escomptée des prix à la consommation au cours des années à venir.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Une fin d’année sans surprise à Francfort. Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir ses trois taux directeurs. Le principal d’entre eux, celui de la facilité de dépôt, se situe ainsi toujours à 2 %. Cette décision reflète, selon sa présidente Christine Lagarde, la confirmation d’un scénario central favorable. "Notre évaluation actualisée confirme une nouvelle fois que l’inflation devrait se stabiliser au niveau de notre objectif de 2 % à moyen terme", a-t-elle déclaré à l’occasion de sa conférence de presse.

Les nouvelles projections de l’Eurosystème confortent ce diagnostic. L’inflation totale est attendue à 2,1 % en 2025, avant de passer sous la cible en 2026 et 2027, puis de revenir à 2 % en 2028. L’inflation a été revue à la hausse pour 2026, principalement en raison d’un tassement plus lent de l’inflation dans les services. "Les prévisions d’inflation de septembre qui prévoyaient un "undershooting" notable de l’inflation en 2026 et 2027 ont été largement modifiées dans un sens moins accommodant. Cela confirme que la marche est élevée pour que la BCE procède à une nouvelle baisse de taux", commente Juliette Cohen, stratégiste chez CPR AM.

Dans l’immédiat, la dynamique des prix reste contrastée. En novembre, l’inflation annuelle s’est maintenue à 2,1 %, la désinflation des biens se poursuit (0,5 %), mais celle des services demeure élevée, autour de 3,5 %.

Sur le front des salaires, la vigilance reste de mise. La rémunération par tête a progressé de 4 % sur un an, un niveau supérieur aux attentes de septembre. "Ce taux plus élevé que prévu résulte de versements intervenus en sus des salaires négociés", a précisé Christine Lagarde, tout en soulignant que les indicateurs prospectifs "signalent un ralentissement de la croissance des salaires au cours des prochains trimestres."

Face à ces évolutions, la BCE maintient une ligne de conduite inchangée. "Nous suivrons une approche s’appuyant sur les données pour déterminer, réunion par réunion, l’orientation appropriée de la politique monétaire", a martelé la présidente, excluant toute promesse prématurée d’assouplissement ou de resserrement. "Certes, l’inflation des services met du temps à diminuer, mais au regard de l’évolution observée et anticipée des salaires, nous estimons que cela ne justifie pas une modification de l’orientation de la politique monétaire", soutient Charles Seville, Senior Director chez Fitch Ratings.

L’environnement international demeure toutefois une source majeure d’incertitude. La banquière centrale a évoqué le risque d’une inflation plus faible en cas de ralentissement du commerce mondial ou d’appréciation de l’euro, mais aussi celui d’une inflation plus élevée si "une plus grande fragmentation des chaînes d’approvisionnement mondiales" ou "un accroissement des dépenses consacrées à la défense et aux infrastructures" venaient à se concrétiser.

En dépit de ces aléas, un point d’ancrage demeure : "La plupart des mesures des anticipations d’inflation à plus long terme continuent de s’établir autour de 2 %", a souligné Christine Lagarde

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article