Macro-économie / Taux / or / Saxo Banque / Ole Hansen
Macro-économie / Taux
or / Saxo Banque / Ole Hansen
Le rôle d’actif refuge de l’or est plus que jamais conforté / L’Asie et les Banques centrales n’y sont pas étrangères
Un puzzle qui s’est mis en place au fur et à mesure. Les cours élevés de l’or pourraient bien trouver leur source dans la pandémie de Covid. Les rendements réels ayant été largement affectés par l’assouplissement monétaire effectué par des nombreux instituts d’émission ainsi que par les relances budgétaires réalisées. Ce n’est cependant pas le fait marquant du début de la décennie à en écouter Ole Hansen, Head of Commodity Strategy chez Saxo Banque.
Ce dernier explique que le resserrement "agressif" opéré par les Banquiers centraux en 2022, aurait dû "sur le papier […] être un développement profondément négatif pour l’or". Puisque la hausse rendements réels américains à dix ans est régulièrement concomitante à un cycle défavorable au métal jaune. L’une des raisons expliquant que l’or ait poursuivi sa hausse jusqu’aux sommets actuels serait à trouver dans le choix d’envahir l’Ukraine effectué par Vladimir Poutine en 2022.
Domino
Le stratégiste considère qu’effectivement le gel des réserves de devises étrangères russes par les gouvernements occidentaux a "marqué un tournant dans le système financier mondial. Pour la première fois, les réserves d’un souverain majeur furent effectivement instrumentalisées". De quoi pousser un grand nombre d’acteurs à augmenter les risques associés à la détention d’actifs basés sur le dollar.
Une demande accrue de la part des Banques centrales à compter de 2022 permettant de compenser le relatif désamour des investisseurs occidentaux pour l’or – qu’Ole Hansen constate dans la diminution des encours d’ETF d’environ 800 tonnes entre avril 2022 et le creux de mai 2024.
C’est ce rythme d’achats – plus de 1 000 tonnes annuellement entre 2022 et 2024 – à des fins stratégiques qui a donc permis à l’or de ne pas connaître la baisse que l’historique récent semblait induire. Conduisant à ce qu’au début de l’année 2024, les prix recommencent à monter fortement avec le concours des traders, spéculateurs et finalement investisseurs à plus long terme. Rien que sur les deux dernières années, c’est une augmentation de plus 110 % qui a été connue.
Appétit
Une des clés pour comprendre les évolutions passées et futures du métal jaune est à chercher loin du Vieux continent. Le stratégiste expliquant que la Chine "a joué un rôle de plus en plus important dans le soutien des prix de l’or ces dernières années" et ce que ce soit via les achats officiels par la Banque populaire de Chine, mais également via une demande privée dynamique. Les acteurs cherchant à diversifier leurs placements pour faire face à la stagnation du marché immobilier local. Ce changement est jugé majeur par Ole Hasen "car la demande asiatique tend à être moins sensible aux taux d’intérêt que les flux d’investissement occidentaux. En conséquence, les moteurs traditionnels tels que les rendements réels et le dollar sont devenus moins dominants pour expliquer les mouvements de prix à court terme".
Pas de quoi exonérer pour autant la relique barbare de toute baisse future, le prochain mouvement à venir est à attendre en début d’année prochaine. L’expert de Saxo Banque expliquant que "les fortes progressions de l’or et de l’argent au cours de 2025 signifient que le rééquilibrage prochain des principaux indices de matières premières - notamment l’indice Bloomberg Commodity Index, très axé sur les métaux précieux - entraînera des ventes significatives sur les marchés à terme". Un processus qui démarrera à compter du 8 janvier et durant cinq jours pouvant générer une forte volatilité. Une première tendance des évolutions lors du premier trimestre 2026 pourra y être vue.
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