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Start-up / Private Equity / levées de fonds / Daphni

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daphni veut faire de la science un levier d’innovation durable / Le closing du fonds Blue démontre l'attractivité d'un savoir-faire européen trop peu valorisé

Dix ans après sa création, la société de gestion à mission tend à s’imposer comme un acteur clé des technologies de rupture européennes en misant sur la science, l’impact et la valorisation de la recherche publique. Preuve de cette dynamique : le closing à 260 millions d’euros de son dernier fonds Blue, dédié aux sciences, au-delà de son objectif initial, qui affirme l’ambition de daphni à faire émerger une nouvelle génération de champions scientifiques européens.
Pierre-Eric Leibovici, cofondateur et managing partner de daphni (©daphni)
Pierre-Eric Leibovici, cofondateur et managing partner de daphni (©daphni)

C’est la société de gestion qui monte. Derrière les succès de la Tech française que sont Back Market, Pasqal, Swile, etc., se cache une société de capital-risque, daphni, lancée en 2015 par Pierre-Eric Leibovici et Pierre-Yves Meerschman, anciens de chez BNP Paribas. « Il y a dix ans, nous nous sommes dit qu’il était temps d’adopter les codes des fonds anglo-saxons qui performent. Nous sommes partis d’une feuille blanche en allant voir nos clients (LPs et entrepreneurs) en leur demandant quelles étaient leurs attentes. Il en est ressorti un besoin de plus de transparence et d’accompagnement. C’est ainsi que nous avons monté notre modèle pour les aider auprès d’une communauté de 450 investisseurs (dont un important socle d’investisseurs particuliers) tout en nous différenciant des acteurs américains et asiatiques en capitalisant sur les forces de l’Europe, notamment dans l’ESG. Nous avons été le premier investisseur de Back Market, une société dans laquelle nous avions 20 % du capital avant de progressivement vendre. Et c’est aussi comme cela que nous avons investi dans le reconditionnement, l’upcycling, la mobilité douce, tous ces projets qui ont un impact positif et utilisant la Tech pour faire bouger les lignes d’un point de vue sociétal et environnemental », raconte à WanSquare Pierre-Eric Leibovici, managing partner.

 

Un closing à 260 millions qui dépasse les attentes

 

Si bien qu’aujourd’hui, daphni est la première société de gestion (à mission) certifiée B Corp avec près d’un milliard d’euros sous gestion. Elle gère trois fonds, dont le dernier Blue, dédié à la science, vient de boucler son closing à hauteur de 260 millions d’euros (avec Bpifrance, Arkea, Accor, MGen, la FEI, etc), soit plus que son objectif initial fixé à 200 millions (avec un hardcap à 250) dans un contexte de marché du capital-risque en ralentissement. « Notre métier consiste certes à investir dans des technologies de rupture mais aussi dans des projets pouvant créer de la valeur durablement, se développer à l’échelle et préempter des marchés au plan mondial. Nous devons anticiper les innovations de demain créatrices de valeur durable. Pour nous, les sciences, ce sont la biologie, la physique, la chimie, les sciences du vivant, les mathématiques. C’est de la propriété intellectuelle développée depuis de nombreuses années, et qui grâce à l’intelligence artificielle, le hardware et le software vont devenir des projets technologiques », nous explique-t-il. 

 

Sortir les chercheurs des labos

 

Selon l’OCDE, l’investissement en R & D en pourcentage du PIB s’élève à plus de 6 % en Israël, plus de 4 % en Corée, plus de 3 % aux Etat-Unis comme en Suède, en Allemagne ou au Japon et plus de 2 % pour la France. « Malgré un décalage entre les pays, l’Europe offre un potentiel de valorisation de sa recherche encore largement inexploité. La France, 4e nation mondiale pour son nombre de prix Nobel, dispose d’atouts majeurs pour faire émerger une nouvelle génération de champions scientifiques. Avec près d’un million de chercheurs publics sur le continent et des milliers de brevets « dormants », le potentiel de création de valeur à partir seulement de la recherche publique est considérable. La France, 2e déposant européen de brevets et 1er contributeur européen en brevets issus de la recherche publique, bénéficie aujourd’hui d’un changement culturel : les jeunes chercheurs affichent désormais une maturité entrepreneuriale et un appétit croissant pour la création d’entreprises innovantes », nous fait remarquer le cofondateur de daphni qui pour capter ce flux, collabore depuis plusieurs années avec les plus grandes institutions académiques – CEA (Leti, Liten, List), l’Université Paris Saclay, l’INSERM et de nombreux autres laboratoires – afin d’identifier des projets de rupture. « L’idée est d’accompagner des chercheurs qui étaient jusqu’à présent un peu coincés dans leurs laboratoires en Europe. Or les investisseurs ont bien compris qu’il existe un savoir-faire européen peu valorisé qui a historiquement été capable de créer des filières reconnues dans le monde entier, comme dans la construction, l’aérospatial, le luxe, le ferroviaire, l’énergie, etc. », insiste-t-il.

 

L’exemple Arthur Mensch à dupliquer

 

Ainsi, en seulement neuf mois, le fonds a déjà déployé des capitaux dans une dizaine de pépites tech issues des fleurons de la recherche française (INRIA, Institut Curie, INSERM, Institut Langevin). Parmi les premiers investissements réalisés : Owlo, développant un nouveau système d’imagerie 3D au niveau cellulaire ; EverDye et sa technologie brevetée de teinture textile fondée sur la chimie verte ; Karavela (issue de l’INRIA et dont l’un des fondateurs était le patron du laboratoire où Arthur Mensch de Mistral AI a fait sa thèse) développant un modèle de fondation du cerveau à partir de données d’IRM (techbio), ou encore Neotis et sa solution immuno-thérapeutique destinée à traiter des maladies chroniques liées au vieillissement. « Nous investissons de l'amorçage à la série A, avec des tickets entre 500 000 et 10 millions d’euros dans certains cas », précise-t-il. Au total, daphni Blue a vocation à soutenir une quarantaine d’entreprises européennes. « En investissant dans Daphni Blue, notre intention est de soutenir la prochaine génération d’entrepreneurs deep-tech, en comblant le fossé entre l’excellence scientifique et le déploiement sur le marché. Renforcer la disponibilité du capital-investissement aux premiers stades est essentiel pour permettre aux idées les plus prometteuses de l’Europe de devenir des entreprises compétitives et résilientes, créant des opportunités tout en renforçant, dans le même temps, la souveraineté technologique. La forte priorité accordée à la durabilité environnementale et à l’action climatique s’inscrit également pleinement dans notre engagement en faveur de la finance verte, dans le cadre de la Banque du climat de l’Union
européenne
», se félicite par exemple Marjut Falkstedt, directrice générale du Fonds européen d’investissement.

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