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French Tech : la dynamique des levées de fonds reste amorphe / L’Allemagne en tête de l’Union européenne au premier trimestre
Pas d’éclaircie, pour l’heure, dans le paysage des levées de fonds de la French Tech. Sur les trois premiers mois de 2025, les entreprises innovantes françaises ont levé 1,4 milliard d’euros, au travers de 148 opérations, d’après le baromètre trimestriel du capital-risque d’EY. Soit une baisse de 19 % en valeur et de 14 % en volume. Le signe qu’après deux années de trou d’air, les opérations de financement en fonds propres des jeunes pousses françaises n’entament pas l’année avec davantage d’élan.
Dans la lignée des tendances qui s’écrivaient en 2024, seules quelques levées de fonds d’envergure ont répondu à l’appel, avec deux d’entre elles ayant franchi le seuil symbolique des 100 millions d’euros : celle des pépites du "new space" Loft Orbital (170 millions d’euros) et du quantique, Alice & Bob (100 millions d’euros). Gravithy, qui opère dans le fer bas carbone, la fintech 73Strings et Netforce, du secteur de la défense, complètent de leur côté le classement des opérations phares du trimestre, grâce à des levées de fonds respectives de 60 millions, 53 millions et 45 millions d’euros.
Les deeptechs en tête d’affiche
En tout, les opérations auront été principalement concentrées au mois de janvier, avec un recul tout particulièrement marqué sur la tranche de 50 à 100 millions d’euros. Mais si le montant et le volume des opérations s’affichent en baisse, les financements semblent néanmoins rester au rendez-vous pour une catégorie spécifique de start-ups : les deeptechs. Ces créatrices d’innovations de rupture raflent pour la première fois le haut du podium sectoriel, installées sur une tendance de progression opposée au reste du paysage du capital-risque. Elles ont en effet levé 375 millions d’euros, contre 273 millions pour les greentechs, qui accusent un recul en valeur, mais une hausse en volume. Le secteur des logiciels ferme la marche, avec 268 millions d’euros levés.
Des technologies stratégiques étant donc toujours capables de capter l’attention des investisseurs mais qui n’auront, aux côtés des créatrices de solutions vertes et des spécialistes du software, pas permis à la France de conserver sa couronne dans l’Union européenne en ce début d’année. L’Allemagne, avec son 1,65 milliard d’euros levés, s’est en effet installée en tête des Vingt-Sept, bien qu’accusant une baisse en valeur de 20 % et de 14 % en volume.
L’écart avec les États-Unis se creuse toujours
"Les chiffres de ce premier trimestre sont révélateurs. Alors que les États-Unis ont vu leurs investissements exploser avec une croissance de 154 % grâce à leurs leaders en IA (OpenAI, Anthropic et Groq), l’Europe progresse seulement d’un peu plus de 10 %, principalement portée par le Royaume-Uni [4,2 milliards d’euros levés, en hausse de 20 % en valeur, mais en baisse de 32 % en volume ndlr]. Le contexte économique mondial est digne des plus grands scénarios, avec des rebondissements que nous n’aurions même pas imaginés. Ce qui est certain, c’est que l’incertitude ne fait pas bon ménage avec les investissements", estime Franck Sebag, associé chez EY.
Dans ce contexte, à Franck Sebag de rappeler quelques fondamentaux. "Le cash est roi : les start-ups doivent prioriser la gestion de leur trésorerie pour naviguer dans un environnement incertain. La profitabilité ne doit pas être un concept mais une réalité : les entreprises doivent se concentrer sur des modèles économiques viables et rentables pour assurer leur pérennité", souligne l’expert, tout en pointant qu’accélérer son développement à l’échelle européenne reste une stratégie pertinente pour les start-ups en quête de croissance et de diversification. "Enfin, il est crucial de regarder avec attention les opportunités sectorielles, notamment dans les domaines de l’IA et de la défense, qui continuent de bénéficier d’un fort intérêt et de financements substantiels", conclut Franck Sebag.
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