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Amundi boucle 2025 en force et prépare activement la suite / La diversification au cœur du nouveau cycle
« 2025 a été une année intense pour Amundi ». En présentant mardi les comptes de l’exercice écoulé, Valérie Baudson pouvait faire valoir l’achèvement réussi du précédent plan stratégique, dont la plupart des objectifs avaient été atteints avec un an d’avance, ainsi qu’une activité commerciale « très dynamique et très diversifiée sur l’ensemble de nos expertises et de nos régions ». Une intensité qui se reflète dans les résultats financiers du premier gestionnaire d’actifs européen, dont la performance ne passait pas inaperçue mardi. L’action gagnait 4,7 % à la mi-séance, à 81 euros, témoignant du bon accueil des investisseurs.
Que retenir de cette année 2025 ? Une collecte record de 88 milliards d’euros, des encours culminant à 2 380 milliards, un résultat avant impôt ajusté en hausse de 6 % à 1 858 millions d’euros. Mais aussi, en arrière-plan, le lancement d’un nouveau plan stratégique ambitieux baptisé « Invest for the Future », dévoilé en novembre dernier et courant jusqu’en 2028. La poursuite d’un mouvement de diversification des métiers, des géographies et des segments de clientèle déjà à l’œuvre, que le nouveau cycle entend amplifier.
Les moteurs de la performance financière
Au quatrième trimestre, le résultat avant impôt a atteint 519 millions d’euros, soit un dépassement de 11 % du consensus. Une performance qui « tient à la fois à la croissance de nos revenus, notamment des commissions de gestion et des revenus technologiques, et à la bonne maîtrise de nos coûts », a commenté Valérie Baudson.
Sur la période, les revenus nets ajustés ont atteint 899 millions d’euros, soit une progression de 8 % sur un an à périmètre comparable. Une performance dont Nicolas Calcoen, le directeur financier, a détaillé les principaux moteurs : d’abord les commissions de gestion nettes, à 763 millions (+ 4 % sur un an), ainsi qu’un niveau élevé de commissions de surperformance, ces frais variables facturés en cas de dépassement de l’objectif de performance : « 82 millions d’euros contre 56 millions d’euros l’an dernier grâce à la très bonne performance de nos équipes de gestion en particulier sur les expertises obligataires mais aussi sur les expertises diversifiées », précise-t-il. Les revenus technologiques confirment également leur montée en puissance, avec une croissance de 45 % sur l’année, portée à la fois par les commissions récurrentes et l’intégration de nouveaux clients.
Effet de ciseaux confirmé
En parallèle, Amundi a maintenu une discipline de coûts remarquable. Les charges d’exploitation ajustées s’établissent à 1,78 milliard d’euros sur l’année, en progression contenue de 6 %, dans un ordre de grandeur comparable à celui des revenus. « Et ce, en dépit de la poursuite des investissements que nous mettons en place et que nous continuons au profit de nos actes de développement. », souligne le directeur financier. Le coefficient d’exploitation ressort à 52,1 % sur l’année et s’améliore même à 50,1 % au quatrième trimestre, un niveau meilleur que celui anticipé par le consensus (52,6 %).
Bien sûr, la lecture des chiffres 2025 a nécessité de tenir compte d’un changement de périmètre lié à la finalisation du partenariat avec Victory Capital en avril dernier. Pour assurer la comparabilité, Amundi a retraité les séries historiques 2024 en consolidant Amundi US par mise en équivalence à 100 % à partir du deuxième trimestre, au lieu d’une intégration globale.
Un nouveau cycle de croissance
Si les résultats 2025 sont solides, ils ne constituent qu’un point de départ. Le nouveau plan stratégique « Invest for the Future » dévoilé en novembre dernier vise à accélérer la croissance et la diversification jusqu’en 2028 via deux leviers structurants : les solutions liées à la retraite et la digitalisation de l’EBA. Cette offre retraite « s’appuie sur l’ensemble de nos expertises sur les marchés cotés comme non cotés, en gestion active comme en gestion passive, pour fournir des solutions, des services et des outils technologiques dédiés », a rappelé mardi Valérie Baudson.
Parmi les chantiers structurants figure le partenariat stratégique et capitalistique noué avec ICG, spécialiste britannique des actifs privés. Amundi monte progressivement au capital de ce groupe coté à Londres, avec pour objectif une participation de 9,9 %, dont un premier bloc de 4,64 % acquis dès novembre via une transaction structurée. « Les premiers échanges et travaux entre les équipes des deux groupes nous rendent enthousiastes quant à la valeur à long terme que ce partenariat générera », a souligné Valérie Baudson. En ligne de mire, le lancement de fonds destinés à la clientèle patrimoniale est attendu au second semestre 2026.
UniCredit, une visibilité qui reste incertaine
Au-delà du développement de nouvelles offres, Amundi observe une inflexion plus large des allocations. « Ce qu’on a vu dans un premier temps, c’est un mouvement vers l’or », avant une diversification progressive vers des actifs européens puis émergents, a expliqué la directrice générale. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique où l’Asie pèse désormais 40 % de la collecte annuelle du groupe, soit 33 milliards d’euros. Dans ce contexte, l’introduction en Bourse de SBI Funds Management en Inde, annoncée lors de la présentation du plan stratégique, progresse conformément au calendrier. « Le processus d’introduction en Bourse que nous avions annoncé suit son cours », a confirmé Valérie Baudson, précisant qu’« elle est prévue à ce stade pour la fin du premier semestre 2026 ».
Malgré ces avancées, certaines incertitudes demeurent. La question du partenariat avec UniCredit reste en suspens. « Notre partenariat court jusqu’en juillet 2027. À cette échéance, comme nous l’avions indiqué lors de la présentation du plan stratégique, la situation reste inchangée : il pourra être renouvelé ou non. », a rappelé Valérie Baudson. Les sorties observées en 2025 sur les réseaux UniCredit contrastent avec la très forte dynamique de collecte du reste du groupe, qui a enregistré un niveau record sur l’exercice, et pèsent sur la visibilité commerciale à moyen terme.
Par ailleurs, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en France devrait se renouveler en 2026 dans les mêmes conditions qu’en 2025. Nicolas Calcoen a confirmé qu’Amundi anticipe « un renouvellement de la surtaxe sous les mêmes formules, les mêmes règles, les mêmes conditions que l’an dernier », avec un impact estimé « de l’ordre sur l’année de 70 à 75 millions d’euros ». Mais pas de quoi assombrir le tableau d’ensemble.
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