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BNP Paribas / Jean-Laurent Bonnafé

BNP Paribas accélère la cadence / Des ambitions relevées avant le prochain cycle stratégique

BNP Paribas clôt 2025 sur un trimestre record et confirme la solidité de son modèle universel. Portée par le redressement des marges d’intérêt, la montée en puissance de l’épargne et une discipline opérationnelle renforcée, la banque relève ses ambitions à moyen terme tout en préparant déjà son prochain cycle stratégique.
L'équipe dirigeante de BNP Paribas lors de la présentation des résultats 2025 de la banque le 5 février 2026.
L'équipe dirigeante de BNP Paribas lors de la présentation des résultats 2025 de la banque le 5 février 2026.

"Le quatrième trimestre le plus élevé de l'histoire du groupe". Comme l’a souligné jeudi Jean-Laurent Bonnafé, l’administrateur directeur général de BNP Paribas la banque a terminé l’exercice écoulé sur une bonne note. Avec un résultat net de 12,2 milliards d'euros et une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE) de 11,6%, l'établissement boucle une année charnière marquée par une accélération progressive, qui lui permet désormais de relever ses ambitions à l’horizon 2028.

L'embellie du quatrième trimestre n’est pas fortuite. Elle traduit d'abord le retournement d'un cycle défavorable qui pesait sur les revenus de la zone euro depuis 2022. "C'est le premier trimestre où nous retrouvons le cycle normal, avec 7%, qui va maintenant naviguer à plus de 5% de croissance", a expliqué Jean-Laurent Bonnafé lors de la présentation des résultats. Un pivot qui s'ancre dans la normalisation de la courbe des taux, après deux années d'inversion prononcée provoquée par les chocs d'inflation. Le réinvestissement des dépôts à vue non rémunérés sur des maturités de cinq à dix ans offre désormais un effet de portage structurel, durable et à longue échéance. Pour le directeur général de BNP Paribas, cet environnement "sympathique" devrait perdurer "5 à 7 ans".

 

Le modèle universel à plein régime

 

La trajectoire 2025 confirme la solidité du modèle diversifié de la banque. Sur l’ensemble de l’exercice, le produit net bancaire progresse de 4,9 % à 51,2 milliards d’euros, porté à la fois par la dynamique organique des métiers et par l’intégration d’AXA Investment Managers, venue renforcer significativement le poids des activités de gestion d’actifs et d’assurance dans le profil du groupe.

La division Corporate & Institutional Banking affiche un trimestre record malgré les effets de change défavorables et une base de comparaison élevée, avec des revenus en hausse de 1 % en données publiées et de 4,8 % à taux de change constant. Global Markets tire son épingle du jeu avec une progression de 2,8 %, soutenue tant par les activités actions que taux. Securities Services enregistre une forte performance (+6,8 %) grâce à son dynamisme commercial et à la hausse du nombre de transactions.

Du côté de la banque de détail et des services spécialisés (CPBS), le redressement se confirme nettement. Les revenus progressent de 5,5 % au quatrième trimestre, portés avant tout par les banques commerciales (+6,3 %), qui tirent pleinement parti d’un environnement de taux redevenu porteur. « Les revenus d’intérêt sont en hausse de 9,9 % au quatrième trimestre, en ligne avec la trajectoire de revenus annoncée », souligne Lars Machenil, directeur financier du groupe.

 

Le poids croissant des activités de gestion et d’assurance

 

Les métiers spécialisés contribuent également à cette dynamique. Personal Finance renoue avec une croissance soutenue (+6,6 %), portée par la hausse des volumes et par une marge à la production supérieure à 5 %. Arval, de son côté, tourne la page de l’effet de base défavorable lié au marché des véhicules d’occasion et affiche une croissance organique de 10,6 %, confirmant la normalisation progressive de son modèle économique.

Investment & Protection Services (IPS) franchit, lui, un véritable seuil avec l’intégration d’AXA Investment Managers. L’opération porte les actifs sous gestion à 2 443 milliards d’euros, soit une progression de 77,4 % sur un an, et modifie sensiblement l’équilibre du groupe en renforçant le poids des activités d’épargne et d’assurance. Hors effet périmètre, la croissance reste solide (+10,7 %), soutenue par la progression de l’Assurance (+12,6 %), du Wealth Management (+8,7 %) et de l’Asset Management (+10,3 %).

Cette montée en puissance favorise également l’intensification des synergies internes : 32 % des revenus du groupe proviennent désormais de ventes croisées entre métiers, illustrant la capacité du modèle intégré de BNP Paribas à générer de nouveaux relais de croissance.

 

L’effet de ciseaux soutient la performance

 

Second pilier de la performance du groupe : l’efficacité opérationnelle. L’effet de ciseaux a atteint 2,9 points au quatrième trimestre, reflet d’une progression des revenus plus rapide que celle des charges. Les frais de gestion ont augmenté de 5,2 %, mais restent contenus grâce aux mesures d’optimisation engagées depuis plusieurs années. En 2025, ces programmes ont généré 800 millions d’euros d’économies récurrentes, au-delà des 600 millions initialement anticipés. Cette discipline contribue à l’amélioration continue du coefficient d’exploitation, qui recule de 0,6 point sur l’année pour s’établir à 61,2 %.

La qualité du risque confirme sa bonne tenue. Le coût du risque s’établit à 36 points de base des encours de crédit sur l’exercice, en ligne avec la cible de moins de 40 points de base. Il recule même à 34 points de base au quatrième trimestre. « Intrinsèquement, le coût du risque se porte bien », souligne Lars Machenil, mettant en avant la baisse des dotations sur créances douteuses, revenues de 1 028 millions d’euros au quatrième trimestre 2024 à 869 millions un an plus tard. Le taux de créances douteuses poursuit son amélioration à 1,6 %, tandis que le taux de couverture atteint 66,9 %, confirmant la résilience globale du portefeuille de crédit.

Un cocktail qui a été bien reçu par le marché. « Nous estimons qu'il s'agit d'un ensemble de résultats rassurant, démontrant les progrès de BNP vers ses objectifs à moyen terme et l'amélioration de sa rentabilité, et nous voyons un potentiel de surperformance boursière à court terme », jugent les analystes de Deutsche Bank. L'action BNP Paribas gagnait 3 % jeudi matin, à 93,7 euros, parmi les plus fortes hausses du CAC 40.

 

Le groupe prépare déjà la séquence 2027-2030

 

Fort de cette dynamique, le groupe relève ses ambitions à l’horizon 2028. Le ROTE visé, principal indicateur de rentabilité des capitaux propres tangibles, est désormais supérieur à 13 %, tandis que le coefficient d’exploitation est attendu en dessous de 56 %, contre environ 58 % précédemment. Cette amélioration doit s’appuyer sur le développement des plateformes à coût marginal et sur un programme de transformation des fonctions support.

BNP Paribas anticipe désormais une croissance annuelle moyenne du résultat net supérieure à 10 % sur la période 2025-2028, marquant une accélération par rapport à la trajectoire supérieure à 7 % visée pour 2024-2026.

La trajectoire de capital reste un pilier de cette feuille de route. Le ratio CET1, qui mesure le niveau de fonds propres de meilleure qualité détenus par la banque, s’établit à 12,6 % fin 2025 et l’objectif de 13 % d’ici 2027 et 2028 est confirmé, avec une distribution du surplus de capital appelée à être précisée à partir de 2027.

Ces orientations s’inscrivent dans la préparation du plan stratégique 2027-2030, qui sera présenté début 2027. « Nous préparons ce plan depuis septembre 2025. Le plan 2027-2030 va démarrer lancé, avec des initiatives opérationnelles dès le départ et une organisation prête », souligne Jean-Laurent Bonnafé. L’intelligence artificielle doit y jouer un rôle central, le groupe revendiquant déjà un déploiement à grande échelle de ses cas d’usage. Selon l’indice Evident AI, BNP Paribas est déjà la première banque de la zone euro en matière d’IA, avec de nombreux cas d’usage en production et plus de 7 500 développeurs équipés de solutions d’IA générative.

« C’est un épisode qui se referme. Naviguer durablement face au vent reste un exercice exigeant », confie Jean-Laurent Bonnafé en évoquant les années 2022-2024 marquées par l’inversion de la courbe des taux. Cette période aura néanmoins mis en évidence la résilience du modèle diversifié de BNP Paribas, capable d’amortir les effets d’un environnement de taux défavorable grâce à la complémentarité de ses métiers. Elle a également contribué à préparer le groupe à une phase d’amélioration progressive de sa dynamique opérationnelle à partir de 2026.

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