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Le Canada a les cartes en main sur les minerais critiques / Il dispose de nombreux atouts pour s’imposer comme un acteur de premier plan
Une place à prendre. Le dernier examen mené par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur les minerais critiques du Canada est pour le moins positif et considère que son rôle pourrait être croissant dans les années à venir. En passant en revue les projets actuels et ceux annoncés, l’institution considère que le pays dirigé par Mark Carney est bien positionné pour avoir un rôle de fournisseur mondial majeur de nickel, de lithium, de graphite, de cobalt et de terres rares.
Un optimisme d’autant plus présent qu’une grande partie de ces minerais sont déjà en cours d’exploitation sur le sol canadien – avec 56 projets actifs à date de 2024 – et que l’ambition du pays ne se limite pas à la seule extraction des ressources dont il dispose. L’AIE expliquant que « le Canada couvre déjà, ou vise à couvrir, plusieurs étapes de la chaîne d’approvisionnement sur son territoire » et qu’il « a également le potentiel d’accroître considérablement sa capacité de production ». L’estimation produite par les équipes de Fatih Birol concernant le lithium considère que près de la moitié de la demande mondiale cumulée de 2030 à 2050 pourrait être satisfaite par l’ancienne colonie britannique.
Capitaliser
Il faut dire que le Canada part avec une longueur d’avance rappelle l’AIE, puisqu’il « abrite près de la moitié des sociétés minières et d’exploration cotées en Bourse au monde, est déjà un centre névralgique de l’industrie minière mondiale » et que ses grandes métropoles comme Toronto et Vancouver sont également reconnues comme des « pôles mondiaux pour l’exploitation minière, l’exploration minière, le financement et les services aux entreprises ». Des talents qui peuvent avoir des effets positifs sur la fabrication sur le sol national de technologies utilisant des minéraux critiques, à condition de surmonter les lacunes existantes qu’elles soient en matière "d’infrastructures, de coûts d’investissement élevés ou encore de la concurrence des producteurs établis".
Dans cette optique, une liste est faite des investissements en provenance de l’étranger attiré par le Canada – depuis 2020 dans les chaînes d’approvisionnement des véhicules électriques et des batteries. On y retrouve NextStar Energy, Volkswagen/PowerCo, ou encore la coentreprise GM-POSCO. Une myriade d’annonces qui ne doit pas faire oublier que « tous ces projets n’ont pas abouti. En septembre 2025, le gouvernement du Québec a [ainsi] annoncé la fin du financement de l’usine de fabrication de batteries Northvolt suite à la faillite de sa société mère en Suède ». Un attrait auprès des investisseurs étrangers qu’on ne voit pas d’un mauvais œil du côté de l’AIE, loin de là puisqu’on considère qu’il participe à accroître le rôle du Canada dans les chaînes d’approvisionnement à l’échelle planétaire.
Domino
La question de la main-d’œuvre peut difficilement être dissociée d’une montée en puissance du secteur minier, à l’heure actuelle alors même que ce sont 300 000 personnes qui sont employées par ce dernier, il s’avère que le marché du travail est tendu. De quoi inquiéter alors que la main-d’œuvre vieillit et que l’industrie canadienne « estime que le secteur minier devra embaucher entre 100 000 et 220 000 employés d’ici 2033 pour remplacer les retraités et pourvoir les nouveaux postes afin d’atteindre les objectifs de production de base ». Les autorités canadiennes ont déjà mis en place plusieurs initiatives pour prendre la mesure du phénomène
De plus à l’instar de ce qui peut se passer sur le Vieux continent, la question de l’acceptabilité sociale est également présente de l’autre côté de l’Atlantique. Du côté de l’AIE on explique qu’un « dialogue respectueux et un partenariat continu avec les autorités autochtones permettent non seulement de respecter les obligations légales, mais aussi d’assurer le succès à long terme des projets ». Une contrainte qui n’empêche pas le gouvernement canadien d’afficher des ambitions en termes de délai à même de renforcer la confiance des investisseurs, une logique qui se retrouve également dans le Plan d’action pour les minéraux considéré tel « l’un des principaux résultats du Sommet des dirigeants du G7, sous la présidence canadienne du G7 ».
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