Macro-économie / Taux / Italie
Macro-économie / Taux
Italie
L’économie italienne a sorti la tête de l’eau / Ses vieux démons n’ont pas disparu pour autant
L’herbe est plus verte de l’autre côté des Alpes. Difficile pour l’heure de ne pas regarder de façon envieuse la situation de l’économie italienne, certes celle-ci porte encore les stigmates des crises passées néanmoins elle a su redresser la barre de façon spectaculaire. Notamment grâce à une stabilité retrouvée sur la scène politique accompagnée d’une révision à la hausse de sa notation souveraine.
Une dynamique saluée chez les équipes d’Allianz Trade, celles-ci exposant dans une étude consacrée à l’économie transalpine qu’elle « a enregistré la plus forte croissance moyenne par habitant parmi les grandes économies européennes depuis la Covid-19, dépassant même l’Espagne ». Sous les feux des projecteurs durant quinze jours à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver organisés par ses soins, la péninsule peut se targuer d’autres succès que les médailles gagnées à cette occasion.
Les économistes de la filiale du groupe allemand soulignant ces derniers jours la situation des écarts BTP/Bunds, lesquels « ont atteint leur plus bas niveau depuis 2008, témoignant d’une plus grande confiance extérieure dans la crédibilité de la politique italienne et la viabilité de la dette à moyen terme, créant ainsi des conditions financières favorables ». Le sursaut constaté ces derniers mois ne serait cependant rien sans une stabilité sur le plan politique, or les experts soulignent que le gouvernement en place est proche de devenir le plus durable de l’histoire moderne de la Botte.
Calme
Une situation saluée étant donné que ce « contexte politique stable favorise la mise en œuvre rapide des politiques et contribue à empêcher la prime de risque politique de neutraliser les effets positifs du NGEU ». Loin d’être insignifiant au vu des effets positifs de ce plan européen. Chez Allianz Trade, on en traduit les bénéfices à l’ajout - en moyenne depuis 2021 - de « 0,25 point de pourcentage à la croissance annuelle du PIB et renforcé la situation budgétaire, ce qui s’est traduit par un resserrement supplémentaire de 50 points de base des écarts ». Il était d’autant plus important de profiter de ces aides de l’Union européenne qu’elles ne sont pas éternelles, loin de là.
Les auteurs de l’étude expliquent que « les vents favorables sur le plan budgétaire s’estompent, car les subventions qui amortissent actuellement le déficit en étant comptabilisées comme des recettes budgétaires expireront en 2026 », là où certains éléments défavorables persisteront. C’est notamment le cas des paiements d’intérêts, lesquels sont qualifiés d’élevés et estimés à près de 3,7 % du PIB. L’Italie semble cependant avoir mis à profit les fonds alloués puisque leur usage aurait permis de combler l’écart avec le reste de la zone euro concernant les investissements publics. Des projets à même de servir « de catalyseurs à des améliorations attendues depuis longtemps dans les domaines de la mobilité, des infrastructures numériques et des systèmes énergétiques ».
Pieds d’argile
La locomotive économique italienne n’est en effet pas exempte de talons d’Achille, le pays dirigé par Giorgia Meloni devant encore importer près de 74 % de ses besoins énergétiques. La croissance de la péninsule gagnerait à disposer d’approvisionnements diversifiés ainsi que de capacités de production d’énergies renouvelables plus conséquentes. Ce n’est rien cependant comparé à la problématique démographique qui ne disparaît pas avec les années, bien au contraire.
En se projetant en 2050, on obtient une population en âge de travailler diminuant de 16 % - là où elle ne diminue que de 9 % dans la zone euro – à laquelle il faut ajouter une productivité et un taux d’activité qui « n’ont pratiquement pas augmenté depuis les années 2000 ». Difficile dans ces conditions de ne pas voir des freins majeurs à la croissance potentielle de l’Italie. Les économistes d’Allianz Trade ne voient pas d’autres remèdes que des réformes structurelles conjuguées à « des investissements ciblés dans la reconversion de la main-d’œuvre et la transformation numérique ».
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