Macro-économie / Taux / Italie / dette publique
Macro-économie / Taux
Italie / dette publique
Italie : l'éternel problème de son endettement public / Le vieillissement démographique n’aide en rien
Un voisin qui vieillit pour le moins rapidement. La démographie italienne oblige le gouvernement italien à allouer des fonds toujours plus conséquents pour faire face au vieillissement de sa population. Les équipes de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avertissent que la dette publique en proportion du PIB demeure parmi les plus élevées des différents pays qu’elles passent au crible.
La situation ne devrait pas changer dans l’immédiat étant donné que les nuages noirs s’amoncellent à l’horizon. Rien que les dépenses publiques « engagées pour des coûts en lien avec le vieillissement démographique et le service de la dette devraient augmenter d’environ 4½ pour cent du PIB entre 2023 et 2040 ». De quoi rendre essentielles des réformes tant sur le plan des dépenses que de la fiscalité, les politiques publiques devant urgemment être modifiées pour redresser la situation.
Accumulation
La question de la dette publique ne saurait cependant être circonscrite à celle du vieillissement de la population. L’étude consacrée à l’Italie expliquant que « l’accélération de la transition climatique et l’adaptation au changement climatique vont sans doute ajouter aux tensions sur les dépenses ». L’ajustement budgétaire durable suggéré ne saurait être provisoire pour permettre un retour du ratio d’endettement à des niveaux plus raisonnables et à même de satisfaire les règles budgétaires proposées de l’Union européenne. Des axes d’efforts sont identifiés et nommés, à commencer par la poursuite des « efforts de lutte contre la fraude fiscale, notamment en continuant de promouvoir les paiements numériques » et la préconisation de revenir « sur l’augmentation des plafonds applicables aux transactions en espèces ».
Une autre possibilité consisterait à travailler à limiter l’érosion de la base d’imposition, ce qui pourrait se traduire par la réduction des dépenses fiscales et ce « en limitant la multiplication des régimes spéciaux d’imposition forfaitaire ». L’arbitrage proposé consiste à faire peser sur les successions et le patrimoine la charge fiscale du travail, un changement censé permettre un virage vers une « structure fiscale plus propice à la croissance tout en augmentant les recettes ». Ce qui devrait s’accompagner d’une actualisation nécessaire du calcul de l’assiette de l’impôt sur la propriété immobilière.
Couper
Tout ne pourra néanmoins pas être fait en transférant la charge des dépenses d’une catégorie de la population à une autre. Une coupe dans les dépenses publiques s’impose également et l’OCDE est directe : ce sont les retraités qui vont devoir être mis à contribution. Le constat est formel, les prochains examens de dépenses « doivent devenir plus ambitieux ». Pour rappel il est actuellement question d’économies budgétaires annuelles de l’ordre de 0.2 % du PIB.
Les dépenses qui leur sont consacrées pourraient être réduites à différents horizons ; sur le court terme c’est la suppression progressive des dispositifs de retraite anticipée qui est préconisée, tandis que d’autres préconisations sont retenues pour le plus long terme. La désindexation partielle des pensions de retraite élevées n’a ainsi pas les faveurs des auteurs de l’étude ; ils conseillent de la remplacer sur le moyen terme par un impôt sur les pensions élevées sans lien avec les cotisations de retraite passées. Une forme de contribution de solidarité acquittée par les personnes alors à la retraite pouvant « être maintenue jusqu’à ce que le revenu relatif des retraités soit davantage aligné sur la moyenne de l’OCDE ».
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