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Ignite, le plan de clarification de Forvia / Priorité à la génération de trésorerie

Un an après son arrivée, Martin Fischer met Forvia sous régime de discipline avec Ignite. Le plan vise à tourner la page de l’intégration post-Hella en simplifiant le portefeuille et en musclant la génération de cash, dans un secteur automobile toujours sous pression.
Martin Fischer, le directeur général de Forvia, lors de la présentation du nouveau plan stratégique Ignite, le 24 février 2026.
Martin Fischer, le directeur général de Forvia, lors de la présentation du nouveau plan stratégique Ignite, le 24 février 2026.

Près d’un an après sa prise de fonctions officielles, Martin Fischer a présenté mardi la feuille de route qu’il entend imprimer à Forvia. Elle s’appelle Ignite et elle répond à une question que le groupe n’avait pas encore tranchée clairement : comment sortir de la phase de digestion post-fusion avec Hella tout en préparant une montée en puissance technologique dans un secteur automobile sous tension ? « Les résultats d’Ignite seront un Forvia nettement plus solide, plus concentré et plus compétitif », a résumé le directeur général devant les investisseurs réunis à Nanterre.

Le plan s’articule en deux temps. Entre 2025 et 2028, Forvia entend d’abord se recentrer et se renforcer, avant d’ouvrir, au-delà, une phase d’accélération et de croissance. Au cœur du dispositif, la clarté nouvelle avec laquelle Forvia structure son portefeuille apparaît comme le levier central, en rupture avec les années précédentes, marquées par la complexité de l’intégration et l’empilement des activités héritées des deux groupes fondateurs. « La première phase est avant tout une question de discipline et de concentration. Nous allons rationaliser notre portefeuille, renforcer l’exécution, stimuler le profit et la génération de cash afin de nous désendetter », a expliqué Martin Fischer.

 

Un portefeuille clarifié pour mieux piloter le capital

 

Le groupe distingue désormais un pôle Growth, centré sur les divisions Electronics et Seating, et un pôle Value regroupant les activités plus matures. En particulier, Electronics, fort de 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, est positionné sur les transformations les plus structurantes de l’automobile, du véhicule défini par logiciel à l’électrification et à l’expérience embarquée. « Le véhicule défini par logiciel signifie que les architectures électroniques et les faisceaux sont fortement simplifiés. Nous aurons moins de calculateurs dans la voiture, ce qui est très efficient. Et, en parallèle, de plus en plus de fonctionnalités seront pilotées par logiciel », a détaillé Martin Fischer.

Le pôle Value répond à une logique différente. « Ici, il s’agit de performance réelle, de performance et de génération de cash. Ce pôle Value alimente la future trajectoire de croissance de Forvia », a résumé le dirigeant. L’objectif est d’allouer le capital de manière plus sélective et de concentrer les investissements sur les segments jugés les plus porteurs. La cession en cours de l’activité Interiors s’inscrit pleinement dans ce mouvement et devrait réduire la dette nette d’au moins 1 milliard d’euros.

 

Priorité à la génération de trésorerie

 

La discipline d’investissement doit se traduire par un niveau combiné de capex et de R & D capitalisée « clairement inférieur à 7 % » du chiffre d’affaires, contre plus de 8 % par le passé, a précisé le directeur général. Une inflexion qui vise à soutenir durablement la génération de trésorerie, pierre angulaire du désendettement.

À l’échelle du groupe, les objectifs à horizon 2028 visent un chiffre d’affaires de 21 à 22 milliards d’euros à changes constants, une marge opérationnelle d’au moins 7 %, un cash-flow net d’environ 3,5 % des ventes et un levier ramené à 1,2 fois, contre 1,7 fois en 2025 avant IFRS 5. Ces cibles reposent sur une hypothèse de production mondiale de 94,9 millions de véhicules selon S & P Mobility, soit un niveau légèrement supérieur aux 93 millions estimés pour 2025, après un point bas attendu en 2026. Le plan parie ainsi sur un redressement graduel du marché automobile mondial.

 

Des résultats au rendez-vous

 

La réaction du marché a été immédiate : l’action Forvia gagnait 7 % mardi après-midi à la Bourse de Paris, à 13,6 euros. Un accueil d’autant plus favorable que le plan s’appuie sur des résultats 2025 publiés le même jour, ressortis plus solides qu’anticipé. La marge opérationnelle atteint 5,6 % des ventes, en hausse de 40 points de base sur un an, tandis que le cash-flow net publié progresse de 47 % à 962 millions d’euros, porté par la discipline sur les capex et la baisse de la R & D capitalisée. « Le principal point saillant est une génération de free cash-flow très robuste », notaient mardi les analystes d’Oddo.

La dette nette a été réduite de 613 millions d’euros sur l’exercice, ramenant le ratio dette nette sur EBITDA ajusté à 1,7x contre 2,0x fin 2024. Pour 2026, le groupe vise une marge opérationnelle comprise entre 6,0 % et 6,5 % ainsi qu’un cash-flow net d’au moins 3 % des ventes, dans un environnement de production mondiale légèrement en retrait. Ces perspectives ont elles aussi évité les déceptions redoutées, en particulier sur la génération de trésorerie.

La perte nette publiée de 2,1 milliards d’euros, largement liée à des dépréciations non cash sur Lighting (éclairage automobile), Symbio (coentreprise hydrogène) et Interiors (intérieurs de véhicules en cours de cession), n’a pas altéré la lecture du marché, ces charges étant perçues comme le coût de la rationalisation de portefeuille. Le conseil d’administration a par ailleurs décidé de ne verser aucun dividende en 2026, confirmant que la priorité demeure le désendettement.

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