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Pierre-André de Chalendar prend la présidence de Forvia à un moment charnière / Le groupe prépare l'après-désendettement
L'assemblée générale de Forvia, jeudi, avait valeur de passage de témoin. Les actionnaires ont entériné l'arrivée de Pierre-André de Chalendar à la présidence du conseil d'administration, ouvrant une nouvelle phase pour l'équipementier automobile alors que son vaste chantier de transformation financière touche à son terme.
« Je suis aujourd'hui convaincu que Forvia est à un tournant, ouvre un nouveau chapitre de son histoire », a déclaré celui qui a dirigé Saint-Gobain pendant quatorze ans, avant d'être officiellement nommé à la tête du conseil. Face aux actionnaires, il a salué un groupe « profondément transformé » et apporté son soutien au plan Ignite, présenté le 24 février dernier par Martin Fischer lors de la journée investisseurs du groupe, « une feuille de route stratégique que je trouve claire, ambitieuse, et [...] déjà en mouvement ».
Arrivé au conseil comme censeur en septembre dernier afin de préparer sa prise de fonctions, l'industriel a insisté sur la complémentarité qu'il entend entretenir avec le directeur général. « Je suis convaincu que c'est un excellent directeur général, et le capitaine dont Forvia a aujourd'hui besoin », a-t-il assuré. Son intervention a surtout mis en avant la nécessité de poursuivre l'exécution de cette stratégie, articulée autour du recentrage du portefeuille, de l'amélioration de la rentabilité et du renforcement du bilan.
Un portefeuille plus concentré, un bilan renforcé
Sur ce dernier point, les dirigeants estiment que l'essentiel du travail est désormais largement engagé. « 2025 a donc marqué une claire amélioration de la structure financière du groupe », a souligné le directeur financier Olivier Durand. Le levier financier a été ramené à 1,7 fois l'Ebitda, contre 3,1 fois au lendemain du rachat du groupe allemand Hella, avec l'objectif d'atteindre 1,5 fois dès cette année. Une trajectoire qui doit être accélérée par la cession de l'activité Interiors, annoncée fin avril et dont la finalisation est attendue d'ici la fin de l'année.
Pour Olivier Durand, cette opération dépasse largement la seule dimension financière. « Le premier aspect concerne la rationalisation du portefeuille qui devient plus concentré et qui devient plus tiré par les technologies. Et le deuxième élément, évidemment, c'est que le profil de cashflow et la structure financière de l'entreprise en ressortent renforcées », a-t-il expliqué. Hors Interiors, Forvia afficherait ainsi un chiffre d'affaires de 21,3 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 6 %, l'activité cédée étant dilutive pour la rentabilité du groupe.
Cette transformation doit également alléger durablement le coût de la dette. La réduction de l'endettement brut associée à l'opération devrait permettre une baisse annuelle des frais financiers de 50 à 70 millions d'euros à partir de 2027, selon le directeur financier. Depuis l'acquisition de Hella, les différentes cessions réalisées ou annoncées représentent désormais 2,3 milliards d'euros.
Après le désendettement, la création de valeur
Dans ce contexte, le management a profité de l'assemblée générale pour réaffirmer le cap fixé pour 2026, déjà confirmé fin avril lors de la publication des comptes du premier trimestre. Le groupe vise toujours un chiffre d'affaires compris entre 20 et 21 milliards d'euros, une marge opérationnelle comprise entre 6 % et 6,5 %, un cash-flow net supérieur à 3 % des ventes et un levier financier ramené à 1,5 fois. « Nous confirmons pleinement ces objectifs », a insisté Olivier Durand, évoquant des mesures complémentaires de réduction des coûts et de résilience déployées face aux incertitudes géopolitiques.
Au-delà de cette première phase de redressement, Martin Fischer a également rappelé la suite de la feuille de route. À horizon 2028, le directeur général vise un groupe recentré réalisant entre 21 et 22 milliards d'euros de chiffre d'affaires, avec une marge supérieure à 7 % et un levier financier ramené à 1,2 fois. Une fois cette étape franchie, la priorité donnée aujourd'hui au désendettement pourrait laisser place à une rémunération accrue des actionnaires. « Nous sommes parfaitement engagés à prendre en compte le paiement de dividendes et le rachat d'actions », a-t-il indiqué.
Reste à convaincre pleinement les investisseurs. Si le titre a rebondi de plus de 35 % depuis le début de 2025, Olivier Durand estime que cette progression est encore loin de refléter les accomplissements déjà réalisés et la trajectoire de transformation du groupe. Le directeur financier en est toutefois convaincu : l'amélioration progressive des fondamentaux et l'exécution du plan Ignite finiront par être « valorisées par le marché ».
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