Publications, Résultats / Clariane / Sophie Boissard
Publications, Résultats
Clariane / Sophie Boissard
Clariane franchit un cap clé de crédibilité sur le front du crédit / Moody’s et S&P saluent les progrès
Jeudi soir, les résultats annuels de Clariane sont arrivés flanqués de deux notations inaugurales signées Moody’s et S & P - un B + et un B2 - toutes deux assorties d’une perspective stable. De quoi entériner, au moins partiellement, le long chantier de remise en ordre financière engagé par le groupe depuis fin 2023. Pour un opérateur encore marqué par un levier élevé et un accès au marché obligataire longtemps contraint, le signal compte. Et de toute évidence, davantage que les seuls résultats : à la Bourse de Paris, l’action Clariane gagnait près de 10 % vendredi après-midi, à 4,16 euros, signant la plus forte hausse du SBF 120.
« Nous avons terminé le plan de renforcement de la structure financière que nous avions engagé à la fin de l’année 2023… ce plan, il est derrière nous et il a produit tous ses effets et même plus qu’attendu », a insisté Sophie Boissard lors de la présentation à la presse. Le programme de 1,5 milliard d’euros - combinant cessions d’actifs, augmentation de capital et refinancements - visait explicitement à restaurer la flexibilité financière du groupe dans un environnement de taux et d’inflation défavorable. Et la dirigeante de souligner que le groupe avait « finalisé le milliard de cessions… dans des conditions de valorisation de très bonne facture, plus de 14 fois l’EBITDA ».
Un profil financier jugé en voie de stabilisation
Les agences de notation prennent acte des progrès réalisés sur le front bilanciel et valident la trajectoire de désendettement engagée par le groupe. Elles soulignent également les atouts structurels du modèle. S & P met notamment en avant la diversification géographique et la bonne visibilité des revenus, portée par un mix privé-public équilibré qui amortit les à-coups tarifaires. Moody’s insiste pour sa part sur la position de marché du groupe, les barrières à l’entrée élevées du secteur et une stratégie immobilière, articulée autour de véhicules fonciers co-détenus avec des investisseurs institutionnels, perçue comme un levier de solidité.
Les deux agences rappellent toutefois les contraintes qui demeurent : un levier brut ajusté de 8,7 fois en 2025 selon Moody’s, une couverture des intérêts à peine supérieure à une fois et une structure de coûts toujours très intensive en main-d’œuvre, la masse salariale représentant 61 % du chiffre d’affaires. Le message est celui d’une stabilisation devenue crédible, mais avec un profil financier encore sous tension.
Des signaux d’amélioration au second semestre
Les résultats 2025, eux, paraissent de prime abord en deçà des attentes. Les analystes d’Oddo BHF notent qu’ils « se situent légèrement sous les attentes du consensus » tout en relevant que « les effets périmètre étaient cette année spécialement peu simples à lire ».
La publication n’en apparaît pas moins constructive à la lumière de la trajectoire observée au fil de l’exercice. La marge d’EBITDA s’est nettement améliorée au second semestre, à 12,5 % contre 9,9 % au premier semestre. Sophie Boissard y voit le signe que le groupe « est en train de digérer la réforme du financement des activités sanitaires en France ». Ce rattrapage tient notamment à la correction progressive des anomalies tarifaires liées à la réforme du financement des soins médicaux et de réadaptation (SMR) en France - un chantier qui a pesé 23 millions d’euros sur l’exercice - ainsi qu’à la normalisation du besoin en fonds de roulement, laquelle a porté le free cash-flow opérationnel en hausse de 46 %, à 267 millions d’euros.
La discipline financière reste la clé
Sur le front du bilan, la décrue de la dette en 2025 provient avant tout des cessions. La dette nette financière hors normes IFRS 16 et IAS 17 ressort à un peu plus de 3 milliards d’euros, en baisse d’environ 390 millions sur un an.
La suite du désendettement reposera largement sur la discipline d’investissement et la gestion des échéances financières. Oddo estime que « le management va chercher à contenir les capex autour de 300 millions d’euros par an et à éviter la hausse de coupon prévue en septembre 2026 sur l’ODIRNANE, ce qui constituerait un catalyseur rassurant pour les investisseurs ». Cette obligation hybride, remboursable en numéraire ou en actions, prévoit en effet une majoration de son taux si elle n’est pas refinancée d’ici là, ce qui en fait un point de vigilance central.
Objectifs maintenus pour l’exercice en cours
Pour 2026 et au-delà, le groupe affiche une confiance mesurée. Clariane vise pour l’exercice en cours une croissance organique du chiffre d’affaires autour de 5 % en base annuelle, ainsi qu’une marge d’EBITDA comprise entre 11,5 % et 12 % en année pleine. « Nous confirmons nos objectifs pour 2026… et surtout une remontée assez significative du taux de marge », a indiqué Sophie Boissard.
À horizon 2028, le groupe table sur une croissance annuelle moyenne d’environ 4 % du chiffre d’affaires et sur une amélioration graduelle de la rentabilité, portée par la remontée des taux d’occupation, les effets de pricing et la spécialisation progressive des activités.
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