WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / GW / France / électricité

Macro-économie / Taux
GW / France / électricité

De précieuses interconnexions électriques / Elles ont été largement utiles aux pays européens dans un passé récent

Les interconnexions entre le réseau électrique tricolore et celui de ses voisins sont cruciales lorsqu’il s’agit de faire passer à des périodes de crise sur le continent. Ces dernières n’ont pas manqué ces dernières années. Des membres de la DG Trésor soulignent que cet atout est loin d’être garanti et qu’il faudrait se coordonner au niveau européen pour le conserver.
Ligne à haute tension. Photo par ROMAIN COSTASECA / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Ligne à haute tension. Photo par ROMAIN COSTASECA / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Une force que les Français ne soupçonnent pas et pour cause. Que ce soit en 2022 ou en 2023, à chaque fois les interconnexions électriques entre la France et ses voisins ont permis d'éviter des coupures sur le réseau. Il faut dire que la situation était particulièrement défavorable à l’Hexagone tant de par les prix élevés de l’énergie que de par la baisse de production des centrales nucléaires et hydroélectriques.

Ces infrastructures nécessitent néanmoins des investissements conséquents pour permettre aux flux de continuer à transiter d’un pays à l’autre alors même que l’électrification des usages est appelée de ses vœux par les gouvernants. Plusieurs membres du Trésor signent une note cette semaine avertissant que les différentes « interconnexions pertinentes produisent des bénéfices socio-économiques régionaux » et que ces derniers « sont toutefois asymétriques entre pays d’une part et entre producteurs et consommateurs d’électricité d’autre part ». De quoi les pousser à plaider en faveur de mécanismes de redistribution entre États et ce afin de « préserver les incitations des acteurs à construire et utiliser les interconnexions ».

 

Essentiel

 

Néanmoins pour que les différents pays européens puissent à la fois disposer d’une électricité compétitive et propre, le développement des réseaux internes nationaux est ainsi considéré par les auteurs comme de la même importance que les efforts à apporter aux interconnexions. Il faut dire qu’ils permettraient « de maximiser le bon usage des interconnexions et éviter qu’elles propagent des congestions dans les systèmes électriques voisins ». Les investissements sur le territoire d’un État membre peuvent quant à eux d’autant plus profiter à ses partenaires qu’ils sont de qualité.

On peut citer des centrales de pointe, des batteries, des mécanismes de flexibilité de la demande, etc. La coordination à l’échelle européenne est censée permettre de construire en bonne intelligence une stratégie à l’échelle du continent, laquelle permettrait d’éviter tout doublon et autre allocation non optimale des financements. La France occupe une place centrale en raison de sa position géographique, sur les 400 interconnexions sur le Vieux continent. Ce ne sont pas moins de 37 qui sont aux frontières françaises, représentant près 20 GW de capacité d’échange. L’intérêt économique de la France est évident, tant il s’agit d’un pays exportateur d’électricité. Ces dernières années ont vu des sommes considérables être versées par nos voisins en échange de notre électricité.

 

Nerf de la guerre

 

L’économie tricolore pourrait cependant tirer encore un peu mieux son épingle du jeu. La note explique qu’à un horizon 2050, on peut envisager jusqu’à 45 GW d’interconnexions pour la France. Lesquelles pourraient se « justifier socio-économiquement aux frontières françaises, pour un gain de 2 à 6 milliards d’euros à l’échelle du système français ». Les projections sont néanmoins rendues compliquées par le coût des projets qui peut déraper alors même que la répartition du mix énergétique entre renouvelables et fossiles reste sujette à caution.

Un rapport devrait quant à lui être publié ces prochaines semaines sur l’analyse des faits et des comportements des acteurs lors du black-out de la péninsule ibérique de l’an dernier. Un épisode durant lequel la réalimentation électrique de la péninsule ibérique a été initiée via la France et ce de façon graduelle. De quoi tirer des enseignements précieux pour les coopérations futures.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article