Macro-économie / Taux
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Taux d’intérêt : la BCE devrait rester stoïque cette semaine / Temporiser dans l’incertitude
La prudence devrait l’emporter à Francfort. Alors que les marchés scrutent la réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), les économistes s’attendent majoritairement à un statu quo monétaire, avec un taux de dépôt maintenu à 2%. La poussée des prix de l’énergie provoquée par la guerre impliquant l’Iran fait planer un nouveau risque inflationniste sur la zone euro, mais l’institution dirigée par Christine Lagarde devrait, dans l’immédiat, privilégier l’observation.
Chez Nomura, les analystes estiment que l'institution de Francfort évitera toute réaction précipitée. « Nous nous attendons à ce que la BCE laisse ses taux inchangés lors de sa réunion du 19 mars. La banque devrait éviter une réaction précipitée face au conflit avec l’Iran et attendre d’en mesurer les effets sur l’économie réelle et les anticipations d’inflation », expliquent-ils.
La présidente de la BCE pourrait même adopter un ton relativement "colombe" aux inquiétudes des marchés. "[Elle] pourrait décevoir [...] en rappelant que l’inflation mesurée par l’indice HICP devrait néanmoins se stabiliser autour de la cible de la BCE à l’horizon de prévision, même si elle augmente à court terme en raison du conflit », poursuivent les économistes de la banque japonaise.
À court terme, le choc énergétique devrait néanmoins se refléter rapidement dans les statistiques. La hausse brutale du pétrole depuis le début du conflit pourrait faire bondir l’inflation dès le mois de mars. « Nous avons relevé notre prévision d’inflation HICP pour mars 2026 de 0,6 point, à 2,5 %, en réponse au conflit », indiquent les analystes de Nomura.
Les économistes de Goldman Sachs anticipent également un ajustement modéré des perspectives macroéconomiques de la zone euro. La banque prévoit ainsi une légère révision à la baisse de la croissance pour 2026 et 2027, tandis que l’inflation globale serait relevée pour les prochaines années avant de refluer à mesure que les prix de l’énergie se normalisent.
Face à cette situation, la BCE devrait insister sur la grande incertitude entourant l’évolution du choc énergétique. « La présidente Lagarde devrait souligner l’incertitude, la nécessité de conserver des options ouvertes et l’importance de rester vigilants », anticipent les économistes de Goldman Sachs.
Cette prudence n’empêche pas les marchés d’anticiper une trajectoire monétaire plus restrictive en Europe que de l’autre côté de l’Atlantique.
« Les investisseurs envisagent encore une baisse de taux de la Réserve fédérale cette année tandis qu’une hausse de taux de la BCE est intégrée dans les prix d’ici juillet », notent les économistes d’ING. Une divergence qui reste inhabituelle mais pas sans précédent dans l’histoire des politiques monétaires transatlantiques.
Reste la question centrale : la flambée des prix de l’énergie sera-t-elle temporaire ou durable ? Pour les économistes de Société Générale CIB, tout dépendra largement de l’évolution géopolitique au Moyen-Orient.
« Il est probablement trop tôt pour tirer des conclusions fermes sur l’ampleur de l’impact économique et sur la nécessité d’une politique monétaire plus restrictive », estiment-ils. Mais si l’économie européenne se montre résiliente, la BCE pourrait être contrainte d’agir pour prévenir une spirale inflationniste.
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