Macro-économie / Taux
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Guerre au Moyen-Orient : un coût qui serait modéré pour la croissance française d’ici 2028 / La consommation des ménages comme facteur de rattrapage
Pour la France, la guerre au Moyen-Orient pourrait avoir des retombées économiques peu préoccupantes à moyen terme. C’est ce que l’on peut en déduire en comparant les prévisions de croissance à horizon 2028 de la Banque de France publiées en décembre dernier, soit avant le déclenchement de la guerre, et celles dévoilées hier soir. La Banque centrale estime que le Produit intérieur brut (PIB) de la France augmentera de 0,9 % cette année 2026, puis de 0,8 % en 2027 et 1,2 % en 2028.
De sorte que le PIB en volume de 2028 se situera 2,93 % au-dessus de celui de 2025, contre 3,13 % dans les projections de décembre dernier. Cet écart représente environ 6 milliards d’euros en proportion du PIB de 2026. Évidemment, il faut s’intéresser aux hypothèses posées par la Banque de France pour parvenir à ce résultat.
Ce sont celles de l’Eurosystème que la Banque centrale européenne (BCE) a mobilisées pour concevoir ses projections présentées la semaine dernière. D’après celles-ci, le prix du pétrole augmenterait jusqu’à 92 dollars par baril au deuxième trimestre 2026, puis refluerait pour se stabiliser autour de 70 dollars à partir de mi-2027. Le prix du gaz serait en hausse à 51 euros le mégawattheure au deuxième trimestre 2026, puis il diminuerait pour s’établir à 24 euros le mégawattheure fin 2028.
"La hausse des prix de l’énergie, conjuguée à une révision à la hausse des taux d’intérêt par rapport à décembre, pèserait sur la croissance en 2027, puis la détente des prix permettrait d’amorcer un rattrapage en 2028. La consommation des ménages resterait le principal moteur de la croissance, alimenté en 2027 et en 2028 par des salaires plus dynamiques que l’inflation et par la reprise de l’emploi", estime la Banque de France.
"Du fait de la hausse des taux d’intérêt et de l’incertitude, la reprise de l’investissement des entreprises serait nettement moins marquée que dans notre prévision de décembre", ajoute-t-elle.
Comme la BCE, la Banque de France a examiné deux autres scénarios moins porteurs. "Plus le conflit dure, plus le pétrole flambe et plus il y aurait d’effets négatifs pour l’économie française et européenne. Dans aucun scénario cependant, nous ne prévoyons de récession pour la France", a résumé François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, dans une interview aux Echos.
Le scénario "défavorable" suppose une réduction des flux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) qui transitent par le détroit d’Ormuz, à hauteur de 40 % au deuxième trimestre 2026, sans dégât sensible infligé par ailleurs aux infrastructures énergétiques existantes. "La production et les exportations de pétrole et de GNL en provenance du Moyen-Orient reprendraient rapidement une fois le conflit terminé, et les prix amorceraient un retour progressif vers le niveau du scénario de base qu’ils rejoindraient fin 2027", détaille l’institut d’émission.
Dans ce cas-là, l’écart cumulé à horizon 2028 atteindrait 0,5 point de PIB.
Enfin, dans le scénario "très défavorable", 60 % des flux de pétrole et de GNL qui transitent par le détroit seraient interrompus au deuxième trimestre et que les infrastructures existantes seraient durablement endommagées. "Les prix du pétrole et du gaz augmenteraient davantage encore et resteraient durablement plus élevés par rapport au scénario de base, malgré une lente décrue. De même, l’incertitude atteindrait des niveaux durablement plus élevés que dans le scénario défavorable", peut-on lire dans le document de la Banque de France. Dans cette situation, ce serait 0,9 point de PIB qui échapperait à l’Hexagone en 2028 par rapport à une trajectoire sans guerre.
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