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secteur aérien; Coface; Ormuz

Macro-économie / Taux / Moyen-Orient / tension / kérosène

Macro-économie / Taux
Moyen-Orient / tension / kérosène

Le retour au calme attendra pour l’or noir / Les marchés sont encore sous tension

Aux turbulences géopolitiques s’ajoutent les impondérables logistiques et techniques. Les cours du baril n’évoluent pas uniquement ces derniers jours au gré des annonces sur les négociations entre les belligérants au Moyen-Orient. Le secteur aérien pourrait être bouleversé pour de longs mois par la situation du kérosène.
Aéroport. Photo par ANDREAS ARNOLD / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Aéroport. Photo par ANDREAS ARNOLD / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Une réalité bien différente. Le kérosène ne serait pas régi par les mêmes lois que d’autres dérivés du pétrole, il serait bien plus réactif aux tensions géopolitiques. Un constat posé par Eve Barré, économiste sectorielle chez Coface, qui s’accompagne de conséquences immédiates pour les acteurs du secteur aérien. Ces derniers sont confrontés à la faible possibilité de substituer leurs approvisionnements et ce en raison d’une offre excessivement concentrée géographiquement – 20 % de l’approvisionnement mondial transitait habituellement par le détroit d’Ormuz.

Une réalité que l’experte accompagne de chiffres, les prix du kérosène ayant « plus que doublé en Europe et en Asie depuis le début du conflit, dépassant les pics observés en 2022, alors que le pétrole brut a beaucoup moins réagi ». Il n’existe en effet pas suffisamment de raffineries pouvant constituer des moyens de productions alternatifs et les stocks ont été en partie épuisés. Cette fois-ci, c’est l’Europe qui pourrait davantage en pâtir, tout comme l’Asie, avec près de « 40 % du kérosène consommé transitant via Ormuz, le risque de pénurie est […] important. Des tensions d’approvisionnement pourraient apparaître dès le mois de mai ».

 

Au grand jour

 

Les compagnies aériennes de ces deux zones du monde sont donc sujettes à des pénuries potentielles à l’avenir, bien que celles situées sur le Vieux continent semblent encore à l’abri. Elles auraient pour l’heure sécurisé près de 80 % de leurs besoins d’ici la fin de l’année. Pour autant, toutes ne sont pas logées à la même enseigne, Eve Barré expliquant que là où le « carburant représente 25 à 35 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne », il représente « une part encore plus élevée pour les low cost et ces acteurs opèrent avec des marges structurellement faibles, laissant peu de capacité d’absorption face à une hausse prolongée des coûts ».

La proportion des compagnies low cost affichant une marge opérationnelle négative en 2025 était effectivement supérieure à celle observée pour les compagnies traditionnelles – 38 % contre 27 %. L’ensemble des acteurs ne manque pas d’ajuster leurs tarifs afin de préserver leur rentabilité, cependant une telle mécanique fait perdre de leur pertinence au positionnement des firmes misant sur des billets abordables comme stratégie. La séquence actuelle pourrait entraîner à l’avenir une hausse des stratégies de couverture contre les fluctuations du prix du kérosène.

 

Grand écart

 

Les difficultés à se projeter pour les consommateurs de pétrole sont d’autant plus présentes, qu’il y a pour l’heure « des prix au comptant négociés à des primes élevées par rapport aux contrats à terme » expose Ole Hansen, Head of Commodity Strategy chez Saxo Banque. Ce dernier expliquant que même en présence d’espoir d’un cessez-le-feu, il observe que « les marchés pétroliers physiques continuent de signaler un stress aigu à court terme sur l’offre ».

Des tensions d’autant plus présentes, que Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa, explique que la pression mise par Washington sur Pékin n’est pas sans incertitude pour les cours. Il n’exclut pas que « la Chine – qui peut normalement compter sur des stocks de pétrole couvrant plusieurs mois d’importations – choisisse plutôt d’ignorer la dernière initiative américaine et de miser sur la pression financière et économique aux États-Unis pour forcer Donald Trump à céder ».

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