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Vivendi défend sa mue en Bourse / Le marché regarde UMG
« La valeur de notre transformation n'est pas encore pleinement reflétée. Mais notre cap est clair. Nous sommes confiants dans la création de valeurs à venir. » C'est par ces mots que Yannick Bolloré, président du conseil de surveillance, a ouvert mardi l'assemblée générale annuelle de Vivendi, réunie au Casino de Paris avec un quorum de 69,58 %. L’exercice de communication du groupe tenait tout entier dans cette formule : convaincre que la holding issue du démantèlement de fin 2024 vaut davantage que son cours de Bourse, malgré un début d’année marqué par la rechute d’Universal Music Group, participation désormais centrale dans l’équation financière.
L'AG a approuvé l'ensemble des 22 résolutions soumises au vote, à titre ordinaire comme extraordinaire. Côté gouvernance, trois administrateurs - Philippe Bénacin, Cathia Lawson-Hall et Katie Stanton - n'ont pas sollicité le renouvellement de leur mandat, en raison des critères d'indépendance du code AFEP-MEDEF qui auraient été atteints après douze ans d'ancienneté. Celui de Maud Fontenoy a en revanche été reconduit pour quatre ans. Le conseil de surveillance compte désormais six membres, dont 50 % de femmes et 67 % d'indépendants. Bernard Osta, coopté en juillet 2025 après le décès de Philippe Labro, a été nommé vice-président référent et prendra la présidence du comité de gouvernance, nominations et rémunérations. Laure Delahousse assumera quant à elle la présidence du comité d'audit et de durabilité. L'assemblée a également validé la distribution d'un dividende ordinaire de 4 centimes d'euro par action au titre de l'exercice 2025, mis en paiement à partir du 24 avril.
Un trimestre porté par Gameloft, lesté par UMG
Vivendi publiait le même jour son chiffre d'affaires du premier trimestre 2026. Le groupe affiche 69 millions d'euros de revenus, en hausse de 1,3 % à taux de change et périmètre constants, tirés quasi exclusivement par Gameloft (68 millions d'euros). La filiale de jeux vidéo progresse dans un secteur encore déprimé, portée par le segment PC/Consoles, qui représente désormais 51 % du chiffre d'affaires et croît de 11 % en organique. Deux nouveaux jeux (Nickelodeon Extreme Tennis: Next! et Bluey's Happy Snaps) doivent sortir dans le courant de l'année. V Collection, acquise fin mars auprès de Prisma Media, ne contribuera aux comptes consolidés qu'à partir du deuxième trimestre.
Reste une fragilité structurelle : sa dépendance à UMG. Le portefeuille de participations cotées s'est contracté de 5,5 milliards d'euros fin 2025 à 4,4 milliards au 31 mars 2026, sous l'effet de la chute du cours d'Universal Music Group, dont la valorisation par Vivendi a reculé de plus d'un milliard d'euros sur la période. La valeur nette d'inventaire du groupe aurait ainsi perdu environ 1,1 milliard d'euros sur le trimestre. La situation illustrant une nouvelle fois « le danger de se concentrer sur une seule valeur tout en étant fortement endetté », note le cabinet de recherche indépendant Alphavalue. Vivendi fait valoir que le rebond boursier intervenu depuis le 1er avril a déjà partiellement corrigé ce trou d’air, portant la valeur du portefeuille coté à 5,19 milliards d’euros au 20 avril.
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