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Carrefour démarre 2026 sur de meilleures bases / Le redressement français se précise
Quelques semaines après la présentation de « Carrefour 2030 », qui avait laissé les investisseurs sur leur faim, Alexandre Bompard obtient un premier point d’appui. Sans lever toutes les interrogations nées de son nouveau plan stratégique, le distributeur signe un début d’année légèrement supérieur aux attentes, avec 21,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires et une croissance comparable de 2,2 %, contre 2,1 % attendus par le consensus Visible Alpha. Rien de spectaculaire, mais assez pour alimenter le récit d’un groupe qui promet à la fois reconquête commerciale et discipline financière.
« Le groupe réalise un bon début d’année, en ligne avec nos attentes pour ce premier trimestre. » En ouvrant la présentation aux analystes, le directeur financier Matthieu Malige affichait donc un ton serein, avec plusieurs messages rassurants à faire passer. D’abord sur la France, principal test de crédibilité du groupe, qui envoie un signal plus encourageant qu’anticipé. La croissance comparable y ressort à 1,4 %, après 0,4 % au quatrième trimestre 2025, et tous les formats repassent dans le vert.
Les hypermarchés relèvent enfin la tête
En particulier, les hypermarchés « affichent une progression de 0,8 %, marquant un premier point d’inflexion (...) après deux années consécutives de croissance négative chaque trimestre », relève le bureau d’analystes Oddo BHF. Le signe que la transformation engagée en 2025 commence à produire ses effets sur les volumes et la fréquentation. Le groupe met d’ailleurs en avant un indicateur plus révélateur encore : « Carrefour France a gagné des parts de marché hors Cora et Match », a indiqué Matthieu Malige.
Les anciens magasins Cora et Match apportent néanmoins leur contribution. Carrefour souligne qu’ils surperforment désormais les formats historiques de plus de deux points, après la transformation commerciale engagée en 2025. Lors de la présentation de Carrefour 2030, le groupe expliquait déjà vouloir faire de cette intégration un levier de création de valeur ; ce trimestre suggère que le redressement opérationnel commence à produire des effets concrets. L’explication tient à la profondeur des investissements commerciaux consentis : basculement dans les promotions Carrefour, déploiement de la marque propre à prix inférieur, renforcement de l’offre en produits frais. Ces efforts se lisent aussi dans le Net Promoter Score (NPS) des ex-Cora, l’indicateur interne de satisfaction et de recommandation client, en hausse de 11 points sur le trimestre.
Les baisses de prix commencent à payer
Deuxième message clé de la présentation : l'efficacité, au moins partielle, des investissements prix. Carrefour a lancé en France deux vagues nationales de baisses de prix en mars et avril, portant chacune sur plus de 500 produits, avec une réduction moyenne de 8%. Matthieu Malige y voit la démonstration que l’enseigne peut renforcer sa compétitivité sans renoncer à ses équilibres financiers. Il estime aussi que le travail engagé depuis plusieurs années commence à se traduire commercialement : « Nous sommes satisfaits que tous les efforts menés ces dernières années (...) nous placent aujourd’hui en position de gagner des parts de marché », a souligné le directeur financier. Le NPS France progresse de 3 points sur le trimestre, tiré par l'image prix. En Espagne, l'engagement sur 1 000 produits à prix imbattables accompagne une accélération séquentielle notable, de +2,0% à +3,1% en comparable, avec une progression équilibrée entre alimentaire (+2,8%) et non-alimentaire (+4,3%).
Seul véritable bémol du trimestre, le Brésil. Les ventes comparables y reculent de 0,8 % dans un environnement de taux élevés et de désinflation alimentaire brutale. Carrefour préfère parler de résilience. « Le Brésil résiste dans un marché encore difficile », a insisté Matthieu Malige. Derrière cette formule, le groupe souligne les gains de parts de marché d’Atacadão, sa principale enseigne de vente en gros, ainsi que la progression de Sam’s Club (+5,7 %), son réseau d’entrepôts-clubs sur adhésion, et le rebond possible de l’inflation alimentaire observé en mars et début avril. « Il semble que l’inflation alimentaire accélère », a-t-il toutefois nuancé avec prudence. Pour un distributeur de cash and carry, le retour d’un peu d’inflation peut relancer les comportements de stockage des clients professionnels.
Moyen-Orient : pas de tension sur les résultats
S’agissant du contexte géopolitique et de l'exposition de Carrefour à la crise au Moyen-Orient, le message se veut rassurant. « Nous n’avons constaté aucun impact matériel sur l’activité de Carrefour », a assuré le directeur financier. Le groupe détient des franchisés dans la région et suit leur activité depuis la fin février. Surtout, il a voulu écarter le spectre d’un scénario comparable à celui provoqué par la guerre en Ukraine : « La situation est très différente (...) il s’agit seulement d’une légère remontée. »
Sur le front énergétique, le directeur financier a précisé que les coûts d'énergie sont couverts à plus de 85% pour 2026, grâce à des investissements significatifs réalisés ces dernières années. Ces éléments conjugués permettent à Carrefour de confirmer l'intégralité de ses objectifs financiers pour l'exercice : croissance du résultat opérationnel courant, marge en hausse de plus de 25 points de base, cash-flow libre net en croissance par rapport aux 1 565 millions d'euros de 2025, et progression dans le haut de la fourchette à un chiffre du résultat net ajusté par action.
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