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Société Générale : le plan Krupa reçoit le soutien de S&P / Les progrès confortent la crédibilité du management
La note ne bouge pas. Pourtant, la décision annoncée lundi par S&P constitue probablement l'un des soutiens les plus explicites reçus jusqu'ici par la stratégie de redressement de Société Générale. L'agence américaine a relevé de « stable » à « positive » la perspective associée à la note long terme A du groupe, tout en maintenant celle-ci inchangée. Dans le langage des agences de notation, ce changement signifie qu'une amélioration de la note elle-même devient désormais envisageable à horizon de deux ans.
Ce n'est pas tant la perspective positive qui retient l'attention que le diagnostic qui l'accompagne. Pour S&P, les résultats récents attestent de la bonne exécution de la stratégie engagée par Slawomir Krupa depuis 2023. « Les progrès récents de performance financière ont renforcé la crédibilité du management », écrit-elle, saluant la capacité de l'équipe dirigeante à « relever progressivement ses objectifs financiers sur la base d'hypothèses prudentes, sans compromettre le profil de risque de la banque ». Pour S&P, le redressement financier de la banque est désormais suffisamment visible pour accréditer les objectifs affichés par le management. L'agence estime ainsi que la banque est « bien positionnée » pour ramener son coefficient d'exploitation à 60 % d'ici fin 2026, contre 73,8 % en 2023, tout en atteignant une rentabilité des fonds propres tangibles supérieure à 10 %.
La preuve par les chiffres
Les chiffres publiés par Société Générale donnent effectivement corps à cette analyse. Après un exercice 2025 marqué par des revenus records de 27,3 milliards d'euros et un bénéfice net historique de 6 milliards d'euros, en hausse de 43 %, la banque a dégagé une rentabilité (ROTE) de 10,2 %, supérieure à son objectif initial. Dans le même temps, son coefficient d'exploitation a été ramené à 63,6 %, contre 69 % un an plus tôt.
La dynamique ne s'est pas essoufflée en début d'année. Au premier trimestre 2026, Société Générale a dégagé un bénéfice net de 1,7 milliard d'euros et un ROTE de 11,7 %, tandis que ses coûts reculaient de 6 %. Le coefficient d'exploitation est tombé à 60,9 %, soit pratiquement le niveau visé pour la fin de l'exercice.
L'un des éléments les plus significatifs du rapport de S&P se trouve d’ailleurs dans une modification moins visible de sa grille d'analyse. L'agence a relevé son appréciation du critère « Capital and earnings » de « adequate » à « strong ». Un changement qui signifie que l'amélioration de la rentabilité et de la génération de capital n'est plus considérée comme transitoire, mais suffisamment installée pour modifier l'évaluation fondamentale de la banque. S&P souligne d'ailleurs que Société Générale a renforcé sa capitalisation depuis la mise en œuvre du plan de 2023 et estime que son ratio CET1 devrait rester durablement supérieur à 13 %, conformément aux objectifs du groupe.
Le message de S&P rejoint d'ailleurs celui envoyé quelques semaines plus tôt par sa consœur Fitch Ratings. Dans une analyse publiée en mai, l'agence estimait elle aussi que « l'amélioration récente de l'exécution renforce le profil d'activité du groupe », mettant en avant une rentabilité plus élevée et plus prévisible, portée notamment par la maîtrise des coûts.
Un rattrapage à confirmer
Ce satisfecit n'efface toutefois pas toutes les réserves de l'agence. Dans sa méthodologie, S&P construit son appréciation à partir de plusieurs critères, parmi lesquels la position concurrentielle, le capital et la rentabilité, le profil de risque, ainsi que le financement et la liquidité. L'agence complète ensuite cette analyse par une comparaison avec les grands établissements européens. Or si elle relève son jugement sur le critère « Capital and earnings », elle introduit dans le même temps une réserve au titre de cette comparaison avec les pairs. Selon elle, Société Générale doit encore démontrer sa capacité à rivaliser durablement avec les banques européennes les mieux notées en matière de croissance et de rentabilité.
S&P rappelle par ailleurs que Société Générale reste plus exposée que ses consœurs françaises aux activités de banque de financement et d'investissement, ce qui rend ses revenus plus sensibles aux conditions de marché. Et qu'avec 43 % de ses expositions de crédit en France, elle n'échappe pas aux incertitudes macroéconomiques et politiques du pays, élections de l'an prochain comprises.
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