Professions financières / FBF / fédération bancaire française / Olivier Gavalda
Professions financières
FBF / fédération bancaire française / Olivier Gavalda
Olivier Gavalda portera la voix des banques françaises / Il prendra la tête de la FBF le 1er septembre
Le Crédit Agricole retrouvera le 1er septembre 2026 la présidence de la Fédération bancaire française. Olivier Gavalda, directeur général de Crédit Agricole S.A., succédera alors à Daniel Baal, président du Crédit Mutuel, dont le mandat annuel s’achèvera fin août, a annoncé l’organisation professionnelle jeudi 23 juillet. Cette désignation s’inscrit dans la rotation pratiquée à la tête de l’institution créée en 2001, qui représente les 317 banques françaises et étrangères exerçant en France. Désigné pour un an conformément aux statuts de la fédération, le président est traditionnellement choisi parmi les dirigeants des principaux groupes bancaires membres de son comité exécutif. Depuis septembre 2023, Nicolas Namias pour BPCE, Slawomir Krupa pour Société Générale puis Daniel Baal se sont ainsi succédé à cette fonction, avant son retour au Crédit Agricole, qui ne l’avait plus exercée depuis Philippe Brassac en 2023. Cette rotation ne constitue toutefois pas une alternance parfaitement mécanique entre tous les groupes : BNP Paribas n’a plus occupé la présidence depuis le mandat de Jean-Laurent Bonnafé en 2017-2018. Celui-ci restera néanmoins vice-président de la FBF, tandis que Stéphane Dedeyan, président du directoire de La Banque Postale, en demeurera le trésorier.
Près de quarante ans au Crédit Agricole
Pour le nouveau président, la fonction prolonge un parcours de près de quarante ans effectué tout entier au Crédit Agricole. Entré à la caisse du Midi en 1988, Olivier Gavalda a dirigé plusieurs caisses régionales, de Champagne-Bourgogne à l’Ile-de-France, avant de rejoindre l’organe central en 2010, puis d’y piloter la Banque universelle comme directeur général délégué à partir de 2022. Il est devenu directeur général de Crédit Agricole S.A. en mai 2025.
Des chantiers européens encore ouverts
Sa présidence s’inscrira dans une continuité : elle consistera à porter la position collective d’une profession qui, rappelle la FBF, intervient « sur toutes les questions réglementaires bancaires et financières aux niveaux français, européen et international ». Le chantier le plus identifiable du mandat de Daniel Baal aura été celui de la souveraineté européenne des paiements.
Le président sortant en avait fait le thème d’un événement organisé par la fédération à Bruxelles en avril dernier, où il avait défendu le développement des solutions européennes privées, Wero et le virement instantané en tête, face au projet d’euro numérique de détail dans sa forme actuelle, susceptible selon la profession de concurrencer la monnaie commerciale. Le règlement étant désormais entré en négociation entre le Parlement européen et le Conseil, Olivier Gavalda devra à son tour porter la position des banques françaises sur ce dossier.
L’autre grand dossier appelé à se poursuivre concerne la compétitivité réglementaire des banques européennes. Sous la présidence de Daniel Baal, la FBF a prolongé et intensifié ses demandes de simplification du cadre prudentiel, qu’il s’agisse de l’application de Bâle III et de son « output floor », des exigences de MREL, des surtranspositions européennes ou de la relance de la titrisation. En janvier, le président sortant chiffrait à plus de 100 milliards d’euros les exigences supplémentaires de fonds propres imposées à un échantillon de quinze banques entre 2021 et 2024, soit environ 1.500 milliards d’euros de capacité de financement immobilisée selon la fédération. Les travaux européens sur la simplification et l’Union de l’épargne et de l’investissement n’étant pas achevés, Olivier Gavalda devra lui aussi porter les demandes de la profession sur ce terrain.
S’y ajoutent des dossiers plus opérationnels, à commencer par la montée en charge du fichier national créé par la loi du 6 novembre 2025 contre la fraude bancaire, géré par la Banque de France et permettant aux prestataires de paiement de partager des informations sur les comptes signalés pour risque de fraude. Olivier Gavalda devra également prolonger les travaux engagés sur le financement de la défense. Les financements, crédits et engagements hors bilan compris, accordés aux entreprises françaises du secteur par les six principaux groupes bancaires atteignaient plus de 46,6 milliards d’euros à fin 2025, en hausse de 25 % sur un an. Sur le périmètre des quatre banques disposant d’un historique complet, ils ont progressé de 75 % depuis 2021.
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